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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 08:00

QUELQUE NERF SANS DOUTE

1.
Tiré de Emmanuel Hocquard :"saisir de l'être"; "dans les règnes de la nature"; "aussitôt que les frappe la lumière".

2.
"saisir de l'être"
(Emmanuel Hocquard)

"Saisir", par association d'idées, et mauvaise foi, "saisir de l'être", c't'une expression, ça, "saisir de l'être", qui m'incline à rêver quelque barbecue ontologique.

3.
Il y a dans les règnes de la nature tant de royaumes entremêlés, interdépendants et en conflit perpétuel, que bien fou qui se penserait le roi de la création.

4.
L'humain est le bouffon du fauve, lequel ne rit pas, mais tue.

5.
Aussitôt que les frappe la lumière, les voilà qu'elles se figent, les ombres, qu'elles cessent leur permanent complot, qu'elles tombent des murs.

6.
"Je me souviens que dans "Le Voyage de Babar"
(Emmanuel Hocquard)

7.
Je me souviens que dans Le Voyage de Babar je ne me souviens de rien du Voyage de Babar et même pas si je l'ai lu Le Voyage de Babar.

8.
"Je ne sais pas si Fernando Pessoa a vraiment existé"
(Emmanuel Hocquard, "Un privé à Tanger")

Je ne sais pas
Ne sais ne sais ne
Sais pas d'où me vient cette mélodie ne sais
Pas d'où me vient cette mélodie
Si mélancolique qui tourne dans ma caboche que
Fernando Pessoa oui ce
Pessoa là du bureau de tabac et de sa poésie
A aller se promener tout seul chien sous le soleil
Vraiment vraiment ce Pessoa là a-t-il vraiment
Existé ou bien ?

9.
"Je ne sais pas si Fernando Pessoa a vraiment existé"... du reste, qu'en savons-nous si quelqu'un a réellement existé.

10.
Shakespeare me semble plus miraculeux que Homère en ce sens que Homère fut plusieurs tandis que Shakespeare semble avoir été unique.

11.
Nous chargeons le passé de bien plus de possibles que le présent n'en peut contenir.

12.
Des fois, il me semble que je passe mon temps à me désarmer.

13.
"Mais à présent il faisait nuit. Je ne la revis pas."
(Emmanuel Hocquard, "Un privé à Tanger")

14.
"Mais à présent il faisait nuit. Je ne la revis pas". Ce qui ressemble assez à une introduction à la mort.

15.
La jalousie, cette grande scénariste atroce.

16.
"Il sait que les têtes de l'hydre repoussent de plus belle chaque fois qu'on les coupe."
(Emmanuel Hocquard, "Un Privé à Tanger")

"de plus belle" ?... si l'on veut... par antiphrase...

17.
Il en est des possibles malencontreux comme des têtes de l'hydre, on en coupe une pour que deux autres adviennent.

18.
"Ecrire, c'est rentrer dans le froid"
(Claude Royet-Journoud cité par Emmanuel Hocquard)

19.
Des fois, pour certains, écrire, c'est affronter cette face froide qui vous froisse ce qui se tient entre le coeur et l'âme, quelque nerf sans doute.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 juin 2014

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