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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 11:07

ET LE TEMPS C'EST MA LANGUE

1.
"La vie m'aime et je l'aime autant
L'univers m'appartient
La vie c'est ma vie
Et le temps c'est mon temps."
(Jean-Pierre Ferland, "Mon ami J.C.")

2.
"dans l'observatoire de leurs pensées"
(Baudelaire, "Les Paradis artificiels")

3.
C'est nous "dans l'observatoire de leurs pensées", calculés comme des astres à bras, à jambes, zieutés, scrutés, évalués.

4.
Les gens passent avec leur double télescope, çui-là d'leurs mirettes et çui-là d'leurs pensées; ils coïncident parfois bizarrement.

5.
"par des arcanes dont rien ne prouve la fausseté non plus que l'efficacité"
(Baudelaire, "Les Paradis artificiels")

6.
Ce n'est pas la matière que travaille le sorcier, c'est l'esprit, et c'est cet esprit sous influence qui intervient dans le réel.

7.
Nous écoutons toute notre vie cet être qui, citons Baudelaire, "ne s'exprime que par un long monologue" bizarre, contradictoire et qui nous fait jouer un drôle de rôle dans une drôle de pièce.

8.
Un long monologue confus, étrange, plein de masques et de romans inachevés.

9.
"des Orphées vainqueurs de l'Enfer"
(Baudelaire, "Les Paradis artificiels")

10.
L'Histoire, une succession "d'Orphées vainqueurs de l'Enfer" puis qui retournent au néant.

11.
De sceptiques héritiers "d'Orphées vainqueurs de l'Enfer" - Dame ! Voilà notre portrait tout craché par la bouille à Clio.

12.
"Mais ce n'est pas à une morte que je dédie ce petit livre"
(Baudelaire, "Préface aux Paradis artificiels")

13.
"Mais ce n'est pas à une morte que je dédie ce petit livre" : je ne saurais dire pourquoi cette phrase de Baudelaire retient mon attention. Ce mot-là, "morte", un lien secret, peut-être, entre nous et nos disparus.

14.
Vieillir, c'est finir par tisser plus de liens avec ses morts qu'avec ses vivants, dis-je l'autre nuit à quelque spectre de chevet.

15.
Et de toutes ces raisons, je ferai ma raison disent en choeur le politique, le pragmatique, l'hypocrite.

16.
Ce matin, en préparant le feu, quelques brefs me vinrent à la tête qui partirent aussitôt en fumée.

17.
Des fois dans le bus je me dis :
Toutes ces maisons seront ma maison
Tous ces visages seront mon visage
Toutes ces heures seront mon temps
Et puis, entre Dunkerque et Saint-Omer, je m'endors.

18.
L'été Ding ! Ding! ô chansons, ô bateaux !
Les filles portent des visages beaux
Et s'endorment en automne dans les caboches;
Voilà l'hiver Dong ! Dong ! Qu'il fait moche !

19.
Comme elle s'appelait Aurélie
Elle avait un visage rond, une bouche ronde, des yeux ronds,
Et portait un chapeau ô ô ô Aurélie.

20.
La nuit j'ai des yeux pour voir la nuit
La nuit j'ai des yeux pour griffer la nuit
La nuit j'ai des yeux pour croquer la nuit
Et puis n'en reste plus que la chemise.

21.
Guitare, nef électrique,
Souvent, pour t'amuser, tu attrapes
Des riffs qui suivent lunatiques
L'enchanteur à longues manches et ses chausse-trappes.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 14 décembre 2014.

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