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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 19:48

SHAKESPEARE, LE RIDEAU PARLE

1.
Shakespeare, "how green", qu'on s'extasie devant l'herbe grasse, la grasse grass, où j'les imagine, mes gracieuses passantes.

2.
Parfois je pense à ces poètes russes sous le ciel sifflant, le noir, le blanc, le rouge et le vent qui va tous les emportant.

3.
Shakespeare, celle qui ne se souvient pas de ses larmes et qui s'étonne que les ténèbres ne l'aient pas étranglée.

4.
Shakespeare, des oreilles qui bourdonnent d'un "And that a strange one too", et les yeux qui s'ouvrent sur des lames.

5.
Shakespeare, le rideau parle, et dans ce rideau, une tête de bouc.

6.
Shakespeare, une rose pour tes mains blanches, mon amour, et une hache pour ta jolie tête.

7.
Une élève peut-être pas bien réveillée : "Monsieur, c'est tout de même bizarre ce que vous dites, que "si le lait est utile, le veau est inutile."

8.
Shakespeare, et si on samplait "Then I beat my tabor"/"Then I beat my tabor"/"Then I beat my tabor or or or or

9.
Shakespeare, "my spirits, as in a dream", et moi qui les suis parmi les vivants et leurs regards de plus en plus lointains.

10.
"This is a devil, and no monster. I will leave him; I have no long spoon."
(Shakespeare, "La Tempête", II,2 [Stephano])

11.
Quand on sait, on sait que nos cuillères ne sont jamais assez longues pour touiller la soupe au bouc.

12.
Shakespeare, "twelve winters" pour y hurler des chansons à fendre les chênes.

13.
"Quel autre prodige va-t-il nous donner pour un jeu d'enfant, tout à l'heure ?"
(Shakespeare traduit par Yves Bonnefoy, "La Tempête, II,1 [Antonio])
Donner prodige pour jeu d'enfant : belle expression.

14.
Shakespeare, "La Tempête", "ramener une île dans sa poche et la donner pour pomme à son fils, semer la mer de pépins pour qu'en jaillissent d'autres îles".

15.
Shakespeare, celui dont le visage nous échappe, se dédoublant, se multipliant comme pris au prodige de son propre jeu.

16.
Shakespeare, "Have we devils here ?" - Non, ce ne sont pas des diables, mais de "vilaines chansons".

17.
"A howling monster ! a drunken monster !"
(Shakespeare)
Un braillard saoulard bien monstre, ou quelque vieux fantôme sorti des sillons du passé ?

18.
Je vois une parenté entre la chanson diabolique du "Septième Sceau" de Bergman et les "scurvy tunes" de "La Tempête".

19.
Shakespeare, comme s'il y avait des choses, des ombres, des trucs et des êtres qui plus jamais "ne sortiront de nos os".

20.
Cette chronique des ténèbres, qu'on appelle théâtre de Shakespeare, tantôt tenue par un mélancolique, tantôt par un bouffon.

21.
J'aime que l'Ariel de La Tempête promette de "faire gentiment l'esprit"; c'est si rare les esprits qui ne finissent pas par tourner en mauvaises consciences.

22.
Ecrivant ces brefs, mon oreille attrape ce "Buenos Aires, la ville aux yeux fardés" d'une chanson de Julien Clerc et Etienne Roda-Gil.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 13 décembre 2104.

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans shakespeare
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