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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 19:50

LE MASQUE LE COMEDIEN LE REVENANT
En lisant « Malpertuis » de Jean Ray, édition de poche J'ai Lu n°1677.

1.
Le récit fantastique, une contamination de la diachronie par une multiplication de synchronies. Ce sont morts qui frappent.

2.
Les synchronies fantastiques ; elles ont déjà tissé la toile dans laquelle
la diachronie de notre réel se prend à son propre piège.

3.
Le réel, une infinie partie de go où la diachronie heureuse et les synchronies dramatiques composent des territoires de plus en plus intriqués.

4.
p.52. Le f siffle sur les « façades », à « chaque fenêtre », dans les « rafales » du vent et les « mains fantômes ».

5.
Je compose mes commentaires comme on résout un puzzle, comme on tisse des yeux sur une toile ou
le tablier d'un jeu de go.

6.
L'abbé Doucedame s'y entend en aphorismes ; le narrateur, p.45, note même qu'il « pontifie » :

« La vie est atteinte de torticolis sempiternel ; ce qui l'empêche de regarder en arrière. Faisons comme elle, le passé appartient à la mort, qui est jalouse de son bien. »

7.
« Faisons comme elle » : la vie est une imitation de la vie ; et c'est cette imitation qui
seule est vivante.

8.
Le passé n'appartient pas aux morts, mais à la mort, qui ne laisse rien passer.

9.
Parfois, je me félicite de n
'être pas dehors. Dehors, dehors… le périlleux dehors…

10.
p.52. Amusante notation qui fait des « feuilles mortes », dont le vent se joue, les dépositaires d'un « maléfique pouvoir de mains à gifles ».

11.
p.117. Lorsqu'une cloche appelle,
si elle est « perdue dans d'insondables lointains », y a fort à parier qu'elle va vous mystériser l'ambiance.

12.
L'appel de la cloche ! Vous me la b
aillez belle ! Moi, j'ai beau appeler, y a jamais personne qui vient.

13.
« Elle secoua sa splendide tête sombre. »
(Jean Ray, « Malpertuis », p.93)

Beau, sifflant, nocturne.

14.
p.108. Je savais qu'il y avait une « magie noire » et une « magie blanche » ; j'ignorais qu'il y eût une « magie rouge »,
laquelle, d'après ce que je lis sur la toile, se consacre aux liens affectifs.

15.
p.108. Opposition entre la « sagesse des siècles » et les « arcanes de l'avenir ». Malgré l'accumulation des sagesses humaines, le temps ne se laisse pas déchiffrer.

16.
Selon Doucedame-le-Vieil, le « savoir du seigneur Cassave prend racine dans la sagesse des siècles les plus reculés et tend jusqu'aux arcanes de l'avenir. » (Jean Ray, « Malpertuis », p.108) ; donc, de moins l'infini à plus l'infini.

17.
Le temps est d'autant plus indéchiffrable que son code n'existe pas.

18.
p.47. Des « soucoupes remplies d'yeux de verre ». Il y a toujours dans la mention d'une accumulation d'yeux de verre un zeste de fantastique.
On pense à Hoffmann, à Offenbach. N'est-ce pas que le Diable plagie notre regard ?

19.
p.124. « 
trois coups furent frappés sur les volets. » Trois coups. Voilà qui annonce le masque, le comédien, le revenant.

20.
Existerait-il une croyance selon laquelle si un mort revient, c'est qu'un esprit s'est emparé de sa dépouille ?

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 mars 2015.

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans DEMEURES DE JEAN RAY
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