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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 11:33

MAIS LUI VOULANT MONTRER QU'IL ETAIT UN HOMME JUSTE

1.
« Le temps qui émousse toutes choses, le temps qui travaille à l'usure du chagrin comme il travaille à l'érosion des montagnes »
(Vladimir Jankélévitch, « L'imprescriptible. Pardonner ? Dans l'honneur et la dignité »)

2.
Étrange royauté du temps qui finit par abolir et ne ravive pourtant qu'en passant par la conscience.

3.
Le temps transforme ce qui ne se perdra qu'à son abolition.

4.
« De quel droit, puisqu'on ne peut, par principe, répondre à la question : « A quoi bon ? »
(Marcel Conche, « Le Fondement de la morale », PUF, 1999)

5.
« L'à quoi bon » désarme ce que décide « le quoi qu'il en soit ».

6.
« L'à quoi bon » suppose un référent insuffisant par nature, ou que l'humanité soit elle-même insuffisante, et que les efforts de quelques-uns ne suffiront jamais à compenser la brutalité naturelle des choses. Il y faut un Christ. Encore cela ne sert-il parfois qu'à alimenter cette soif de vengeance, cette faim de corps martyrisés qui parcourt l'Histoire comme un poison qui alimenterait un arbre.

7.
« Comme en un conte de fées, la petite fille, âgée de cinq ans, de Marcelino de Santuola, découvrit, en 1879, dans la grotte d'Altamira, près de Santander, de merveilleuses fresques polychromes. »
(Georges Bataille, « Le passage de l'animal à l'homme et la naissance de l'art »)

8.
Le réel est plein d'agonies ; il remue dans la mort, il grouille, il serpente et se tord.

9.
Un humoriste est quelqu'un qui résiste à la tentation de figer son sourire et de laisser sa colère foudroyer le réel.

10.
Je crois plus en l'être de Dieu qu'en son existence. C'est en cela que je suis catholique.

11.
Croire en l'être de Dieu est une question de bonne foi, et donc de mauvaise foi est la croyance en son existence.

12.
On ne peut jamais donner le nom de dieu qu'au principe causal de toute chose, encore faudrait-il qu'il y ait cause en soi.

13.
L'Histoire est le nom que l'humain donne à la chronologie de l'absurde.

14.
« Quel grand mystère ! » s'écria-t-il en songeant qu'il avait invoqué le démon et que c'était le facteur qui venait de passer.

15.
« Mais lui, voulant montrer qu'il était un homme juste, dit à Jésus :
« Et qui donc est mon prochain ? »
(Evangile selon Saint Luc, 10, « Parabole du bon Samaritain »)

16.
S'il y a un au-delà, il ne peut être qu'un au-delà du temps. Autrement dit, peut-on persister dans un temps radicalement autre, un temps plus indicible encore que celui avec lequel nous composons ?

17.
« Car rien, au premier abord qui est celui de la lecture, ne vient fonder la juxtaposition de ces feuilles, de cette eau, de ce jardinier ou de cette pomme »
(Jean-Pierre Richard, « Onze études sur la poésie moderne », Points Seuil n°131, p.194)

18.
« Quand on scie un arbre, j'ai mal à la jambe » : déclaration ridicule d'un homme de paille (à moins qu'elle fût de Pinocchio dans un moment d'empathie profonde).
- Et quand on coupe un chêne, avez-vous mal au gland ? me souffle mon mauvais esprit.

19.
« Je peux la pousser à bout » complota-t-il, croyant agacer la porte en la faisant grincer tant et plus qu'il en finit scié des oreilles.

20.
« comme un œil entrouvert, (…), le cœur de l'être ? » interroge Jean-Pierre Richard. Le « cœur de l'être », ou peut-être l’œil de la bête...

21.
« Dira-t-on que cet horizon y aboutit pourtant à quelque chose, à ce point central et terminal où brille, comme un œil entrouvert, le « noyau de braise », le cœur de l'être ? »
(Jean-Pierre Richard, « Onze études sur la poésie moderne », Points Seuil n°131, p.228)

22.
A la remarque que je fis qu'une bibliothèque ne peut rien contre une division de panzers, X me manifesta sa désapprobation en m'affirmant que les nazis n'étaient jamais qu'une bande de voyous incultes. Croit-il vraiment que Guderian, Rommel, Goering, Goebbels and gang company étaient de parfaits crétins ? Il faut une grande intelligence du désastre et une grande connaissance de l'ignoble pour mener si consciencieusement un pays à sa perte et semer tant de graines de poison. Ce qui vaut pour les nazis de jadis vaut pour les néo-nazis actuels et ceux de Daech. Il ne faut jamais sous-estimer la malignité de l'ennemi.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 mai 2015

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES SPECULATIVES
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