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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 16:02

PHILIPPE MERIEU DECOUVRE LE COLLEGE

Je lis ceci dans une des nombreuses chroniques et textes divers dont l'illustre Philippe Meirieu ne cesse d'abreuver les médias (ah c'est qu'il est productif, le bougre!) et évidemment, à cette lecture, évidemment, fatalement, les bras m'en tombent, je cite :

« Les élèves qui entrent au collège peinent à avoir une représentation de l’institution qui les accueille, de ses principes et de ses exigences ; ils ne voient jamais leurs professeurs en même temps, ne sont que rarement accompagnés et suivis de manière globale ; leur scolarité est éclatée, faite de segments désarticulés dont seuls quelques-uns – et surtout quelques-unes – parviennent à reconstituer l’unité. C’est pourquoi la mise en place d’un accompagnement pédagogique est indispensable à condition qu’elle se fasse dans un cadre stabilisé, avec des interlocuteurs identifiés et des outils appropriés. »
(Phillipe Meirieu : « Instituer » le collège et lui donner une véritable identité : il est grand temps ! » www.cafepedagogique.net )

Je commente avec ma mauvaise foi habituelle :
« Les élèves qui entrent au collège peinent à avoir une représentation de l’institution qui les accueille, de ses principes et de ses exigences » :
- Bin oui, ils arrivent de primaire, les bouts d'chou, comment voulez-vous qu'ils comprennent tout de suite ce que c'est qu'un collège ? Faut leur laisser le temps. En général, au bout d'un trimestre, c'est fait, d'autant qu'il y en a, figurez-vous, qui ont des grands frères et des grandes sœurs, lesquels leur expliquent, et tout ci tout ça. Quant aux principes : Bin, faut travailler quoi, et quant à ses exigences : Bin, vaut mieux bien travailler. Et puis pas trop faire de bêtises, non ?

« ils ne voient jamais leurs professeurs en même temps, ne sont que rarement accompagnés et suivis de manière globale » : C'est que c'est le principe même du collège, (et c'est pareil au lycée, et à l'université, même chose, voyez) : les professeurs sont des spécialistes dans une matière (et non pas seulement des agents administratifs), et donc, en conséquence les élèves suivent les cours de différents spécialistes, dont les caractères, comme ça se trouve, et les méthodes – si ! si ! - diffèrent forcément (car les professeurs ne sont pas non plus des moutons de la grande Panurgie pédagogiste que l'illustre Meirieu ne cesse de promouvoir – avec un certain succès comme le montre la récente, et particulièrement néfaste, réforme en date, celle défendue par Madame Vallaud-Belkacem, - mais rédigée et voulue par qui ? -). Alors forcément, « ils ne voient jamais leurs professeurs en même temps » (c'est très bien, Philippe, d'avoir remarqué ça, c'est à ça qu'on voit que vous êtes un universitaire). Ils « ne sont que rarement accompagnés » (je ne comprends même pas ce que ça veut dire) et « suivis de manière globale » (voulez-vous dire qu'il faudrait plus de caméras de surveillance ? plus d'accompagnateurs pour se rendre « de manière globale » de la salle A 212 à la cantine ? Plus de statistiques? Plus d'inspections ? Plus de contrôles d'identité ? Plus d'évaluations ?)

« leur scolarité est éclatée, faite de segments désarticulés » : Bin euh, ils rentrent en 6ème et finissent plus ou moins joyeusement en 3ème ; c'est même l'un des principes du « collège unique », vous n'allez tout de même pas me dire que vous êtes contre maintenant ? Quant aux « segments désarticulés », je suppose que vous posez là le problème de « l'articulation des savoirs » via l'interdisciplinarité. Le problème est que cette fameuse « articulation » est largement artificielle. En effet, chaque domaine ayant sa spécificité, sa méthodologie, son vocabulaire, je ne vois pas très bien comment lier « les grands monothéismes » et « l'étude des fractions », « les déclinaisons latines » et « la clé de sol », les « verbes à particules séparables » et « le système nerveux de la grenouille » autrement qu'en tirant très fort sur les cheveux de la logique et, éventuellement, de la professeure (remarquez que ça se fait déjà dans certains collèges, au sens propre je veux dire).

« dont seuls quelques-uns – et surtout quelques-unes – parviennent à reconstituer l’unité. » « et surtout quelques-unes » (!) : Oh Philippe, vous n'avez pas honte ?

« C’est pourquoi la mise en place d’un accompagnement pédagogique est indispensable à condition qu’elle se fasse dans un cadre stabilisé, avec des interlocuteurs identifiés et des outils appropriés. » : Fichtre, moi qui pensais que ça existait déjà ! Ça alors, je me demande à quoi peuvent bien servir les CPE (Conseillers Principaux d'Education), les Professeurs Principaux, les Professeurs Documentalistes, les Conseillers d'Orientation, les Psychologues Scolaires, les Assistantes Sociales,  les Assistants d'Education ?
Quant aux « outils appropriés », là aussi, mon cher Philippe, je reste baba devant tant de perspicacité : en effet, s'ils ne sont pas « appropriés », les « outils » ne serviront à rien d'autre qu'à se planter un clou dans l'pied (et à faire rire le malveillant, bouh le vilain!). Il fallait que cela soit dit, et c'est dit, non mais.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 mai 2015

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans CONTRE LES PEDAGOGISTESS
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