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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 20:52

HONTE ET PARAPHRASE

1.
« HONTE

Tant que la lame n'aura
Pas coupé cette cervelle,
Ce paquet blanc vert et gras
À vapeur jamais nouvelle,

(Ah ! Lui, devrait couper son
Nez, sa lèvre, ses oreilles,
Son ventre ! et faire abandon
De ses jambes ! ô merveille !)

Mais, non, vrai, je crois que tant
Que pour sa tête la lame
Que les cailloux pour son flanc
Que pour ses boyaux la flamme

N'auront pas agi, l'enfant
Gêneur, la si sotte bête,
Ne doit cesser un instant
De ruser et d'être traître

Comme un chat des Monts-Rocheux ;
D'empuantir toutes sphères !
Qu'à sa mort pourtant, ô mon Dieu !
S'élève quelque prière ! »

(Arthur Rimbaud)

2.
PARAPHRASE

Ce n'est que par le tant que qu'on est… qu'en spéculant,.. encore et encore… la lame… a vous guette… l'a des yeux l'au-d'ssus d'vos têtes… n'aura-t-on jamais que c'qu'on croit avoir ?… spéculations, innovations, révolutions !... pas coupé, ce veau qui vous broute dedans… gras blanc dans le vert… pas coupé encore… vous l'avez toujours sur les épaules, broute le réel, broute broute… à vapeur le vieux train… vous voilà repassé… jamais nouvelle pourtant, la  pâturance qui vous file l'oeil… que vous piquez du nez… coupé le nez ! Ah ! Lui qui en a, voyez comme il en a ! - coupé… coupé coupé ! embrasse Machine ! écoute Machin ! avale ! digère !… et pus d'jambes !… peut plus courir la terre ! Ah qu'il nous laisse en paix avec notre seule paix.
Et puis qu'on dit tant, qu'on croit que tant que, tant que ! tant que ! tant que ! tant que !… on en a dans l'citron !… à rafale ! tête et lame… on la regarde ; elle s'en balance tout là-haut… même pas un fil… aussi bien de cailloux… aussi bien de flanc, boyaux - ah voyou ! flamme invisible comme la sainte, membres coupés… pas agi, l'enfant a pas… agi plutôt qu'il… la langue, la lame, la langue… la si sotte, la savante... l'incessante, l'insatiable… a bouffe tout, la langue ; c'est elle, l'ogre !… la bête dans la bouche, la sibylle à couleuvres, la grande pharamineuse menteuse… qu'on ruse, qu'on traître…
Staroche que… un de ses possibles noms… Staroche, du taiseux pays… Staroche sous les sphères… Staroche sous Dieu… une langue dans un corps, a remue l'alambic à prières… sous Dieu, sans dieu, a vous court, a vous arrive, a vous rattrape toujours, vous grignote les pointillés sur lesquels vous dansez, braises du présent qui neigent en petits points noirs dans le froid sans minutes…
L'épée au-dessus, le chien d'la langue à vos basques, eh ! vous voilà rien beau !

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 juin 2015

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans FASCINATIONS RIMBALDIENNES
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