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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 11:34

QUAND MÊME BIEN GUIGNOL

1.
« Votre âme, au repentir de sa froideur passée »
(Corneille, « L'illusion comique », II, 3, v.405 [Adraste])

Votre visage me plaît tant que je me demande, cette
Ame qui dessous y danse, eh bin, comment qu'elle est ?
Au ciel quand j'y jette un œil dans quel
Repentir tombe-t-il ? Je ne suis pourtant pas née
De la dernière pluie dit Zut et v'là que
Sa Majesté ma Pomme ouine à roman pis qu'la
Froideur se glisse dans mes osses La nuit
Passée j'aurais pas dû passer la nuit pas ici.

2.
Votre visage me plaît tant que je me demande si l'âme, qui dessous y danse, est aussi aimantée que vos yeux.

3.
Quand je jette un œil au ciel, je me demande souvent où il va retomber.

4.
Je ne suis pas née de la dernière pluie dit Zut, pourtant sa Majesté ma Pomme ouine à roman, ayayaille, qué pagaille en mon coeur !

5.
Pis la froideur se glisse dans mes osses, qu'on dirait qu'une horloge féroce me numérote les abattis.

6.
La nuit passée, j'aurais pas dû passer la nuit dans l'ailleurs ; à chaque fois, c'est pareil, quand je reviens, j'ai l'air d'un fantôme. Je comprends les gens qui font comme s'ils ne me voyaient pas, et qui me traversent sans même y penser.

7.
« Des épines pour moi, vous les nommez des roses »
(Corneille, « L'illusion comique », II, 3, v.366 [Isabelle])

Des fois i neige des
Epines qu'le ciel en est tout clouteux
Pour déjeuner entre les orangers et entre
Moi et
Vous y a comme une virgule un alinéa
Les jours glissent ce que vous
Nommez n'existe pas fatalement je vous cause
Des orangers je dirais aussi bien des
Roses que ça change rien qu'on s'aime pas.

8.
Isabelle, qu'on lui cause d'amour, ça l'épine, la copine… qu'elle répond qu'on a beau lui bonnir des jardins et des roses, ça la pique au nez, au cœur, au sentiment…

9.
Le réel, ça épine… plus ou moins quand même toujours un peu… ça s'massacre en Syrie en Irak on n'y comprend rien… le méchant a un nom de chien dans une langue de je n'sais où… coalitions tant partout, tant Saoudite tant Qatar Kurde Iran tant tant qu'on comprend pas tout… explosion.

10.
Ce qu'on fait, jusqu'à la gueule ouverte, c'est qu'on vadrouille entre rose et épine.

11.
« Ce qu'on fait, jusqu'à la gueule ouverte, c'est qu'on vadrouille entre l'épine et la rose » est une phrase pour psychanalyste ou prof féru de.

12.
Des fois i neige des épines qu'le ciel en est tout clouteux qu'on dirait un blouson de cuir tombant des épaules d'un hell's angel.

13.
Ce que vous nommez n'existe pas fatalement ; fort heureusement, des fois, ça se contente d'être ; et puis, il y a les jolies légendes.

14.
Entre moi et vous, voyez, il y a l'infranchissable seuil d'une bibliothèque dans une langue inconnue.

15.
Je vous cause des orangers, je dirais aussi bien des roses, ou des chardons, ou Lorraine, ou Irlande, que ça change rien, qu'on s'aime pas.

16.
Les jours glissent, et moi j'me glace : à placer dans une chanson ça (si ça se trouve, déjà c'est).

17.
« Il a couru longtemps d'un et d'autre côté »
(Corneille, « L'illusion comique », II,9, v.588 [Lyse])

Il y a plein de il y
A et il y a plein d'expressions comme « c'est
Couru » Dieu a le souffle long faut croire mais
Longtemps s'paume dans la détraquée toquante
« D'un château l'autre » on finit par les perdre ses esprits
Et qu'ils cavalent dans des escaliers
D'autre temps d'alambiqués labyrinthes D'un
Côté l'à v'nir suaire l'autre les plis de l'Histoire.

18.
Il y a plein de il y a et il y a plein d'expressions ; la langue, c't'une déliée ; a finit par tout dire, reste et contraires.

19.
Dieu a le souffle long, mais pas de montre.

20.
Longtemps finit toujours par se perdre ; l'horloge fantôme l'avale.

21.
Je me demande si Céline, en composant dans « D'un château l'autre », le passage du bateau-mouche des morts, a pensé à ce vers de Corneille dans « L'illusion comique » : « Que vois-je ? chez les morts compte-t-on de l'argent ? »

22.
Les alambiqués labyrinthes que ça vous fait les plis de l'Histoire… que l'historien quoi ?… chasseur de fantômes ?… fantôme lui-même ?...

23.
Couru longtemps… d'un, d'autre côté… usé ses semelles… pris du vent, du plomb ?… pas sûr… le monde nécessite, quand même bien guignol.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 juin 2015

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans CONTREVERS
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