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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 23:19

COMME DU PASSÉ QUI NOUS CAUSE

1.
Belle expression d'Henri Guillemin à propos de « Une saison en enfer » : « une pierre tombée de l'inconnu ».

2.
« Neptune, par le fleuve aux dieux même terrible,
M'a donné sa parole, et va l'exécuter. »
(Racine, « Phèdre », IV, 3 [Thésée])

3.
Le Fleuve noir. Y passent tous les bateaux de l'horloge. Des ombres en sortent qui montent sur les rives, pour nous rattraper.

4.
Neptune par le grand tric-trac du temps
Par l'horloge par la bouche de la Gorgone
Le voilà vomi Neptune inondant Quelle drache mes aïeux !

5.
Fleuve - est-ce le Styx, Rhin, Meuse, Rivière de Cassis ?
Aux rives roule ses
Dieux sombres qui abolissent les vivants.

6.
Même ou même pas si
Terrible que ça quand même ça
M'a touché et peu importe le poids réel de la pierre.

7.
Donné sa parole qu'il a le temps
Sa prédiction il l'égrène méticuleusement sa
Parole le temps qui dit la mort et le couteau dans la plaie.

8.
Et lors, préparant la poêle profonde, Zut s'en
Va, décidée, affamée et la main ferme,
L'exécuter, la sentence de mort des petits poissons.

9.
Sur France Culture, ce 28 juillet 2015, sec dans le contre et la déboulonne : Onfray de nouveau contrecarre le philosophiquement correct.

10.
Oui, Michel Onfray dit c'qu'on n'dit pas dans l'décervelage subventionné et le contrarie, l'intello-circus du philosophico-bizness.

11.
Il la déflatte, Onfray, la soixante-huitarde fac de Vincennes, l'agonit, en dit l'agressif carriérisme, à bien d'ces têtes pensantes.

12.
Il cite, siffle et persiste, sabre disperse le fantôme gaucho-Vincennes,  tracts et confettis, carnaval à grosses têtes, pédagoclownerie.

13.
Si c'est vrai ce qu'il raconte, Onfray, c'est à la fois marrant - ah les pitres, dis donc! et consternant - en avaient-ils des drôles de mœurs et des drôles de façons de faire cours dans le Vincennes des années 70, certains mao-marxo-pédago-psychanalytico-palmés ?.

14.
Phrase drôle sur le gaucho-Vincennes, attribuée à Alice Saunier-Séïté en 1978 : « C'est vrai qu'à Vincennes, on a délivré des diplômes à un cheval. »

15.
J'aime bien Michel Onfray. Il écrit bien et il dit tout haut ce que nous ne pensons pas toujours tout bas. Il a l'air de travailler âpre pour la composer, sa « Contre-histoire de la philosophie ». Ceci dit, moi, ce que j'en dis…

16.
Les kids de 77 moquaient l'esprit de sérieux des rock stars. Le côté punk de Michel Onfray qui dégonfle baudruches et postures.

17.
Moi, ce qui me désole, c'est qu'avec la prétendue démocratisation de l'université, on voit des jeunes gens s'y perdre, dans leur sacrée transmission des savoirs aux grands pontes des sciences éducatives, s'y perdre, à n'en plus rien savoir faire de leurs dix doigts.

18.
« Quand j'aperçoy ton blond chef couronné
D'un laurier verd, feire un Lut si bien pleindre »
(Louise Labé, « Sonnets », X)

19.
D'un laurier, que ferais-je d'un
Laurier ? Dit Zut, je ne suis point si antique pour de ce
Verd ornement m'le couronner, mon blond chef !

20.
Feire se plaindre
Un de ces êtres que sur ton
Lut mélancoliquement tes doigts suscitent

21.
Si mélancoliquement sur ton luth que
Bien que je n'aime guère à me
Pleindre (euh…), ça m'fait un peu d'buée dans les mirettes.

22.
« Je suis celle, passant, qui sur sa face essuye
De ses pleurs desolez la desastreuse pluye. »
(Attribué à Louise Labé, « Elegie sur le tombeau de Hugues Salel »)

23.
J'aime cette évocation chez Louise Labé de la passante qui essuie de son visage la pluie de ses pleurs. Y a comme du passé qui nous cause.

24.
« Lut, compagnon de ma calamité »
(Louise Labé, « Sonnets », XII)

25.
Comme elle fait sonner ça, Louise Labé, « Lut, compagnon de ma calamité », dirait des doigts qui accélèrent sur les cordes d'un instrument.

26.
Lut, maintenant c'est d'la guitare qu'on dirait ça, ô Lut
Compagnon, chasse-spleen, Lut de mes luttes, dit Zut la lyrique,
De mes jours gris, mes nuits blanches (une insomniaque vous parle)
Ma mélancolie, je te l'accorde, c'est dans tes cordes, mais
Calamité ! Mon bon luth, je chante comme un pied.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 28 juillet 2015.

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans CONTREVERS
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