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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 00:34

NOTES SUR LE DARK SHADOWS DE TIM BURTON

 

1.

Des fois qu'on chanterait les errances d'un chien braque dans le grand chenil électrique et qu'on s'appellerait The Useful Idiots.

 

2.

Et si, à entendre Dark Shadows de Tim Burton, le sang « primait sur tout », et que nous étions les héritiers de la métonymie.

 

3.

Jalousie : vieille magie, noire comme le regard de l'autre en sa maison des sorts, vieille magie qui se fixe comme l’œil dans un visage.

 

4.

Et puis des gens tombent, et d'autres les suivent, et le temps tourne sa page de plus en plus vite.

 

5.

Jean, Arthur, Veronica ou Victoria, les gens ne s'appellent que si on veut bien les appeler ; sinon, ils ne répondent pas toujours d'eux-mêmes.

 

6.

Moi aussi, j'aimerais avoir une ville qui porte mon nom ; enfin, une rue, une impasse, une maison, une baraque, ma friteuse...

 

7.

A défaut de partager nos richesses, nous partageons nos illusions ; c'est là l'essence de notre démocratie.

 

8.

Et qu'on chanterait des choses étranges... dans des jours étranges... pour des gens étranges (y a des fois, j'me fais peur à moi-même).

 

9.

J'aime dans le Dark Shadows de Tim Burton le « Il s'en revient… Il s'en revient… Il s'en revient » de la fantôme.

 

10.

Moi aussi, je sais qu'il s'en revient; nous savons tous qu'il s'en revient, et pourtant je n'y crois pas, mais tout de même il…

 

11.

Nous sommes l'éternel retour de nos ombres. C'est là la comédie que nous nous jouons, et c'est notre force, cette vieille farce dans laquelle, de siècle en siècle, nous apprenons à exceller.

 

12.

- « C'est qu'il n'est pas mort... 

- Diable, c'est qu'il me ferait peur, celui-là ! »

 

13.

- Ah j'hallucine ! et partout où je vais, je vois des vivants !

- Mais ne t'inquiète donc pas... puisqu'ils ne te voient pas.

 

14.

Dans « Dark Shadows » : « le psychiatre, une friandise américaine » : impayable Tim Burton !

 

15.

Nous croyons vivre dans le présent (il n'existe pas) et nous colportons des temps étranges, des conjugaisons inouïes, d'impossibles passés.

 

16.

Dans un grand paysage plein d'arbres pleins et d'herbes déliées, le chasseur de métaphores interroge le ciel vide.

 

17.

Le jour où l'on me dira que plus personne ne s'exprime comme moi, j'accepterai d'arrêter de hanter les dictionnaires.

 

18.

Le storytelling, la production industrielle de ce que nous faisons tous si bien : nous raconter des histoires.

 

19.

Dans l'instant où nous saisissons l'imperceptible, celui-ci se dérobe à notre regard et disparaît dans l'oubli.

 

20.

De « on ne peut pas rire de tout » à « on ne peut pas du tout rire », le pas, à mon avis, est vite franchi par certains.

 

21.

in « Dark Shadows », évocation des « musiques dégoulinantes » : Black Sabbath, Alice Cooper, les prédécesseurs du rock dit gothique. Amusant.

 

22.

Le vampire est une bête éternelle. Il symbolise ainsi la pérennité du goût de l'humain pour la prédation, la possession, la dévoration.

 

23.

Deux infinis : celui des choses tombées dans l'oubli et celui des savoirs.

 

24.

Si on prend le film à ce moment-là, la réplique : « Oncle Barnabas ? Pourquoi vous avez une petite culotte de femme sur la tête ? » peut surprendre.

 

25.

Le cinéma est la mise à disposition du public de fantômes dont la parole a un tel pouvoir qu'elle finit par fasciner, hypnotiser, envoûter.

 

26.

Nous creusons des univers parallèles que nous appelons œuvres d'art. C'est là sans doute la principale mission de notre espèce. Peut-être préparons-nous notre monde à d'autres regards.

 

27.

Dans le bois, la jeune fille envoûtée et le ciel qui ne se confond même pas en excuses.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 4 août 2015.

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans NOTES SUR LE CINÉMA
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