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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 11:06


MARRAINE LA LUNE A M'DONNE JAMAIS D'ETRENNES

 

1.

« Si j’étais un loup ou un loup garou, je ferais de toi ma lune
Pour venir faire des ouuuuuuuuuuhhhh »

(Pablo Krantz in https://pablokrantz.bandcamp.com/track/des-chats-des-lapins-et-des-canards-gatos-conejos-y-patos)

 


2.
« Ah ! La Lune m'obsède, la Lune m'obsède…
Croyez-vous qu'il y ait un remède ?

Morte ? Se peut-il pas qu'elle dorme
Grise de cosmiques chloroformes ? »
(Jules Laforgue, « Jeux »)

3.
Y en a donc, j'vous dis ça tandis que Zut s'acharne à faire avaler au piano des nocturnes impossibles, donc y en a d'ces Laforgue, d'ces Corbière, d'ces Verlaine, et d'autres curieux encore, pour se fasciner de cette tarte à la crème, de cette crêpe des insomniaques à s'en obséder le carafon, et s'la seriner tiens, comme Jules Laforgue dans « Jeux », même que c'est tout des distiques :

« Ah ! la Lune m'obsède, la Lune m'obsède…
Croyez-vous qu'il y ait un remède ? »

à s'en croire malade, tombé à jamais dans l'ironie lunaire, dans le chaudron invisible d'où sortent les songes et les grimaces, dans le piano qui joue tout seul dans leur caboche – j'vous dis ça rapport à la Zut qui s'est mise à chalouper des blues sur son clavier, que ma pomme, c'est toute cette sonore cocasserie à tristesse, tic-tac élastique, qui commence à m'obséder - qu'on pourra leur faire remarquer que leur  lune, leur caillou majuscule, leur marraine la Lune, leur étoilée chevalerie, c'est jamais qu'une morte, qu'ils vous répondront poétiquement et en ouvrant grand leurs yeux à voir des choses qu'on voit pas (les poètes, des fois, i doutent même plus) :

« Morte ? Se peut-il pas qu'elle dorme
Grise de cosmiques chloroformes ? »

Bin tiens, mon neveu, même que quand elle se réveille, elle étend ses pattes et ses griffes puis mange des croissants.

4.
Des fois, la Zut s'acharne à faire avaler au piano des nocturnes impossibles, des rêveries d'chasse aux coins-coins sous la lune émiettée.

5.
La lune, quelle tarte à la crème des poètes, quelle crêpe alors pour confiture de rimes, quel masque blanc avec personne derrière.

6.
La lune, y en a qui s'en obsèdent le carafon, façon Laforgue, Corbière, Verlaine et d'autres curieux encore pis qu'c'est juste qu'un mot.

7.
On a beau demander, qu'on finit par s'en faire chanson, des trucs-machins-bidules à la Lune, point causeuse, a vous répond jamais, la pâle.

8.
« Tu es dans la lune ? » me demande-t-elle et rayonnante.

9.
« Clara veut la lune
Il m'arrive de refuser. »
(Alain Chamfort chante ça dans « Clara Veut La Lune », c'est amusant)

10.
On les dirait trempés dans l'ironie lunaire, promenant dans le réel une distance de la terre à la qu'i zont l'air de plus trop nous voir.

11.
La lune, y a une auberge espagnole dessus ! C't'une farce, la lune, une comédie sans réplique.

12.
La nuit qu'on tombe dans le chaudron où qu'ça mijote, tout ça d'nos songes et grimaces.

13.
Comme je lui remarquai un détail étonnant, le tableau me répondit : « Ce n'est pas à un vieux songe qu'on apprend à faire des grimaces ».

14.
Y en a, on dirait qu'ils sont tombés dans un piano qui joue tout seul dans leur caboche ; zont l'air de n'écouter que leur propre musique.

15.
Des fois, la Zut, a chaloupe des blues, a sourit toute seule au tic-tac élastique d'la balade d'ses mains sur les touches.

16.
La phrase, faut qu'elle sonne comme un trait au piano, comme un riff, une incise, sinon autant écrire des prix littéraires.

17.
J'aime bien les belles anglo-saxonnes chansons, surtout quand elles sonnent cocasses et mélancoliques.

18.
Et puis la Lune étendit sa large majuscule dans les rues, que ça vous fit du Nosferatu plein les murs.

19.
Leur caillou majuscule, leur marraine la Lune, leur chevalerie étoilée, c'est jamais qu'une morte, et même pas princesse.

20.
Et puis le soleil des loups dévora tous les visiteurs du soir, les chevaliers de la lune, et n'en laissa pas une ombre.

21.
Y en a, ils ont les yeux à voir des choses qu'on voit pas ; enfin des fois, comme dit ma fantôme, zont juste l'air, et pas la chanson.

22.
J'aime bien sa dernière toile. Elle vous montre la Lune au réveil, étendant pattes et griffes puis dévorant des croissants.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 octobre 2015.

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans notes sur le grand Jules
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