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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 19:52

PETITES CONSOLATIONS DE FANTAISIE

 

1.

« Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;

Adieu, vive clarté de nos étés trop courts ! »

(Baudelaire, « Chant d'automne », I)

 

2.

« Notre âme, piteux monument »

(Baudelaire, « L'irréparable »)

 

3.

« - Et la lampe s'étant résignée à mourir,

Comme le foyer seul illuminait la chambre,

Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir,

Il inondait de sang cette peau couleur d'ambre ! »

(Baudelaire, « Les bijoux »)

 

4.

« Ma pauvre muse, hélas ! qu'as-tu donc ce matin ?

Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes »

(Baudelaire, « La muse malade »)

 

5.

Ma douce mon éloignée ma

pauvre sous la lune & ma

muse toi que tant j'aima

hélas que tu es lasse ma

lade aussi sembles-tu Sa

lade c'est une laitue ma

tu répondu car fine & ma

ligne es-tu.

 

6.

Le style le grand style nous

console de la médiocrité qui

étale partout ses groins ses

grognements grotesques ainsi

ces vers de Baudelaire « Bientôt

nous plongerons dans les froides

ténèbres ;

Adieu, vive clarté de nos étés

trop courts ! »

De ce fait commun A nos étés

nos beaux étés succèdent les

longs et froids hivers voici

que le poète nous rappelle à

nos inéluctables ténèbres au

temps qui fait passer chacun

de l'état de vif au tas d'os

 

7.

Qu'as-tu Cathy quel couac

donc te flanque le cafard

quel scarabée cavale dans

ton cœur quelle momie tes

yeux creuse-t-elle hélas!

si lasse sembles-tu lasse

si lasse très lasse lasse

que tu me sembles taillée

au croissant de la lune &

l'étoffe des ombres.

 

8.

La nature serviteur qui rappelle

au général victorieux triomphant

couronné de lauriers qu'il n'est

qu'un homme.

 

9.

Tes yeux lancent des éclairs du

creux de ton âme ta colère elle

monte ta colère orage es-tu Zut

Zut tu me fixes qu'il me semble

Zut que tu veux m'épingler.

 

10.

« Notre âme, piteux monument »

qu'il lucide le Baudelaire la

dégringolant de son piédestal

hugolien l'âme et lui clouant

son bec de haute bête morale.

 

11.

Sont tout hantés tes yeux

et tout peuplés de linges

agités & tout houloulants

tu t'es maquillée avec un

spectre ce matin ou quoi.

 

12.

Le style le grand style est

une pulsation une promenade

dans un autre monde et tous

ces fantômes et ces cercles

que nous fréquentons il les

soupire C'est cette « lampe

s'étant résignée à mourir »

du poème de Baudelaire & le

rythme des flammes la valse

qui brûle et l'ardente java

et le singulier tango où la

flamme cherche la flamme oh

l'étrange tango et la danse

du feu l'être de chair voué

à la lumière sanglante puis

fascinant comme une sottise

qui nous prend au spectacle

de la Beauté puis fascinant

comme le pouvoir des vers à

susciter un réel infiniment

plus réel que le réel où se

traînent nos ombres Ecoutez

« - Et la lampe s'étant résignée

à mourir,

Comme le foyer seul illuminait

la chambre,

Chaque fois qu'il poussait un

flamboyant soupir,

Il inondait de sang cette peau

couleur d'ambre ! »

 

13.

Visions nocturnes chameaux

qui vous traversent le fil

des paupières rues où vous

n'êtes jamais allé et vous

les reconnaissez pourtant.

 

14.

Nous pouvons les oublier nos

cauchemars eux jamais ils ne

ne nous oublient et à pas de

nuit plus nuit que la nuit i

nous suivent & finissent par

peupler nos yeux nos yeux de

plus en plus creux de toutes

ces visions nocturnes que le

poète devine au regard de sa

muse « Ma pauvre muse, hélas !

Qu'as-tu donc ce matin ?

Tes yeux creux sont peuplés de

visions nocturnes »

Ces vers de Baudelaire quand

j'y songe il me semble qu'il

y est question de proie & de

la grande maladie du temps &

des cauchemars glissant à la

fenêtre leurs yeux blancs de

cheval pâle ou d'intrus dans

le jardin.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 9 janvier 2016.

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans FASCINATIONS BAUDELAIRIENNES
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