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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 00:04

J'ENTENDS QUOI DONC QU'J'ENTENDS

1.
« L'amour avidement croit tout ce qui le flatte. »
(Racine, « Mithridate », III,4 v.1027 [Mithridate])

L'amour dans quel sujet j'm'embarque
Avidement qu'c'est l'amour
qu'on
Croit qu'c'est arrivé (
des fois i paraît qu'si)
Tout-ci tout-ça l'autre qu'on zieute bouche bée
Ce qu'on en est sot alors c'est à
Qui qu'est l'plus sot puis
Le temps passe qui en général ne nous
Flatte guère.

2.
« 
Devant lui une espèce de grand type en imperméable longe la grille. »
(Robe-Grillet, « Les Gommes »)

Devant lui la longue rue pleine de vent
Lui (le personnage) il avance dans le roman et dans
Une rue qu'il ne connaît pas d'une ville qu'il ignore
Espèce je me demande pourquoi il a mis « espèce
de » l'auteur «
un grand type » aurait suffi un
Grand type on le visionne le vague l'anonyme-là le
Type péquin dans l'décor le gusse

En (peut-être il va pleuvoir)
Imperméable et puis qui
Longe longe longe j'aime bien le son de
La forme longe qu'on trouve aussi dans songe et allonge le long de la Grille pleine d'ombre maintenant que le soir tombe.

3.
« Et puis ma vie dans l'ombre d'Essarès… Et puis… et puis… l'or surtout... »
(Maurice Leblanc, « Le Triangle d'or »
[Siméon])

Et puis et
Puis que voulez-vous des fois que
Ma vie voyez-vous qu'il y aurait eu jadis dedans ma
Vie trop d'rhinocéros que moi je reste
Dans une maison oubliée Il y a là
L'ombre qu
e j'ai encore et puis l'ombre
D'E… là il y a un nom mais je le connais pas moi c't'homme
Et puis et
Puis que voulez-vous il y a l'rhinocéros
Et tout un tas d'choses féroces qui traînent en ville et
Puis il y a
L'or je le sais j'en rêve l'or... l'or...
Surtout celui-
là d'or qui dort dans ma mémoire.

4.
« Ni le Transatlantique autant
Qu'une chanteuse d'opérette »
(Tristan Corbière)

Ni la neige – il ne neige guère cette année ni
Le je ne sais quoi vu que
Transatlantique est le mot suivant
Autant galère train bus
berline cafetière volante
Qu'une redingote ou l'air ancien d'une
Chanteuse tralala-itou
D'opérette larirette.

5.
« J'entends comme un bruit de crécelle...
C'est la male heure qui m'appelle. »
(Tristan Corbière, « Heures »)

J'entends quoi donc qu'j'entends
Comme un son qui perce le vent
Un son lancinant rythmique et agaçant un
Bruit un d'ces bruits du passé venant
De temps en temps la
Crécelle me visite
C'est elle la miss qui crispe
La mistigrie aigre la
Male fée la male
Heure la longue griffe
Qui à travers le vent de dedans l'os
M'appelle, comme si je devais revenir.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le
2 février 2016.

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans CONTREVERS
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