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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 12:38

SOTTISES ET SYLLOGISME

 

1.
« Des absences, oui, quelque chose de cassé »

(Robert Pinget, « Passacaille »)

 

Des ah tiens c'était quand ça ? Pis c'était où donc ?

Absences Des trous dans l'fromage

 

Oui bon bin oui quoi c'est

Quelque chose tout d'même que cette

Chose là qu'on appelle répondre, pas vrai ?

 

De cassé que du cassé d'l'émietté du brisé

Cassé cassé cassé pis qu'on pense, qu'on pense !

 

2.

J'arrive pas à être sérieux ; le sérieux, ça m'rend vite triste, pis - sérieux ! quand j'suis sérieux, j'ai l'impression d'leur voler, aux autres, leur sérieux, le justificatif de leurs carrières.

 

3.

« J'ai un petit canevas dans la tête » qu'il dit le poète sur France Culture. Moi aussi, même qu'c'est une araignée qu'est à la manœuvre.

 

4.

« La clef-de-Sol n'est pas la clef de l'âme »

(Tristan Corbière, « A une demoiselle »)

 

Du reste, essayez voir d'avaler un piano en salade…

 

5.

« La chair des femmes a toujours occupé, sans doute, une grande place dans mes rêves. »

(Robe-Grillet, « La Maison de rendez-vous »)

 

Ce « sans doute » est délicieux, poli, modulateur, un brin mielleux.

 

6.

« Tu ne veux pas de mon âme

Que je jette à tour de bras »

(Tristan Corbière, « Vendetta »)

 

Ah c'est pour ça qu'la rue est pleine d'un drôle de machin qu'existe pas…

 

7.

« et l'éclair famélique m'assigne ces provinces en Ouest. »

(Saint-John Perse, « Anabase », VIII)

 

Ah le scandale de la malnutrition des foudres ! Entendez comme leurs estomacs grondent !

 

8.

« Seigneur, depuis six mois je l'évite et je l'aime »

(Racine, « Phèdre », IV, 2 [Hippolyte])

 

Apparemment, les noces, c'est pas demain la veille.

 

9.

« Seigneur, depuis six mois je l'évite et je l'aime ;

Je venais, en tremblant, vous le dire à vous-même. »

(Racine, « Phèdre », IV, 2 [Hippolyte]) 

 

Du moment qu'il ne se mette pas à bégayer dans les alexandrins…

 

10.

« Allons de ce cher fils embrasser ce qui reste »

(Racine, « Phèdre », V, 7 [Thésée])

 

Ah ça, va falloir choisir, c'est qu'il est tout en kit maintenant, Hippolyte.

 

11.

En voyant Zut dévorer, je me dis que si l'homme est un loup pour savez quoi, l'adolescente est une louve pour le pâté aux pruneaux. 

 

12.

« Ma sœur du fil fatal eût armé votre main »

(Racine, « Phèdre », v.652 [Phèdre à Hippolyte])

 

Comme quoi, les tragédies, comme le reste, ça tient souvent qu'à un fil.

 

13.

« De l'univers entier je voudrais me bannir. »

(Racine, « Phèdre », V, 7 [Thésée])

 

Ce qui soulève la question de l'universalité du néant.

 

14.

« L’œil de l'idiot est resté »

(Tristan Corbière, « La rapsode foraine et le Pardon de Sainte-Anne »)

 

On avait bien pensé le prendre avec nous, mais vous savez ce que c'est, un œil d'idiot, ça pourrait facilement rouler dans des coins où faudrait pas, que ça pourrait créer des tracas…

 

15.

« Bien des trous et bien de la lune »

(Tristan Corbière, « A la mémoire de Zulma »)

 

Vise un peu la scène : des trous d'où sortent des têtes de totors étonnés puis la lune là-dessus qui verse une lumière genre vin blanc.

 

16.

« La beauté parle avec une voix de femme. »

(Jacques Darras, « Pierre Paul Rubens dialoguant avec Helena Fourment, sa femme, nue sous une fourrure noire »)

 

Rien que pour le titre, ça vaut le coup d'aller y jeter un œil.

 

La beauté ça n'se mange pas en salade la

Beauté même que des fois ça en fait des salades, pas vrai ?

Parle donc de la beauté plutôt que des totors poilus

Avec des si on mettrait la beauté dans son lit

Une sirène passe dans le ciel elle est belle elle est blonde elle s'est trompée d'élément sa

Voix mélope pour attirer le pompier d'la grande échelle

De quoi devenir fou cette voix mais comme sa

Femme au pompier elle arrive - que fait-elle là ? On s'en fout ! D'ailleurs, il est

l'heure que j'aille voir si le piano ne s'est pas fait la malle entre-temps que j'vous raconte des sottises.

 

17.

(Il y a du laiteux hollandais dans Matisse nourri aux meilleurs pis.)

(Jacques Darras, « Chimay », III)

 

Il mange de la tarte aux éclairs (effet foudroyant)

Y a aussi du rhinocéros palmé et y

A aussi de l'âme qui plane (et pis qui tousse à cause de la fumée)

Du beurre et la lune qui part en province avec son baluchon (elle retourne chez sa mère)

Laiteux le teint avec des taches de rousseur

Hollandais comme dans les tableaux genre moi j'en sais rien qu'en Hollande j'y ai jamais mis un godillot

Dans mille ans c'est sûr j'aurai plus le même âge

Matisse j'aime bien y a tant de choses qu'on aime bien

Nourri d'images il se fit tout un cinéma (pas Matisse mais ma pomme)

Aux automnes il (ma pomme) jeta des graines d'arbres qui picorent Les

Meilleurs chaussons aux pommes qu'il voulait toujours

Pis un jour il se sentit partir se décaler d'l'aut' côté.

 

18.

« Il mange de la tarte aux éclairs (effet foudroyant) »

 

Et pourquoi pas d'la foudre en papillote tant qu'on y est !

 

19.

« Y a aussi du rhinocéros palmé et y

A aussi de l'âme qui plane (et pis qui tousse à cause de la fumée) »

 

Etonnez-vous après d'avoir l'âme malade et le cœur chaviré !

 

20.

« Du beurre et la lune qui part en province avec son baluchon (elle retourne chez sa mère) »

 

Zavez lu Laforgue vous, pis vous aimez la cuisine au beurre, pas vrai ?

 

21.

« Laiteux le teint avec des taches de rousseur »

 

C'est Poil de Carotte ?

 

22.

« Hollandais comme dans les tableaux genre moi j'en sais rien qu'en Hollande j'y ai jamais mis un godillot »

 

Et quand on sait pas, on scribouille dans l'poétique, c'est ça qu'vous croyez ?

 

23.

« Dans mille ans c'est sûr j'aurai plus le même âge »

 

Et plus beaucoup de souvenirs non plus.

 

24.

« Matisse j'aime bien y a tant de choses qu'on aime bien

Nourri d'images il se fit tout un cinéma (pas Matisse mais ma pomme) »

 

Faites bien de préciser, des fois qu'on croirait qu'Matisse a tourné avec les Marx Brothers.

 

25.

«Aux automnes il (ma pomme) jeta des graines d'arbres qui picorent Les

Meilleurs chaussons aux pommes qu'il voulait toujours » 

 

Et pourquoi des chaussons et pas des mille-feuilles, des éclairs, des babas au rhum ? (euh… j'ai faim moi).

 

26.

« Pis un jour il se sentit partir se décaler d'l'aut' côté. »

 

Faut toujours qu'l'existant finisse par ne plus qu'être.

 

27.

L'être est la condition de l'existant.

La conscience est la condition de l'être.

La conscience est la condition de l'existant.

 

Poil aux dents.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 20 mars 2016.

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES
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