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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 20:05

REGNER SUR L'ABSENCE

 

1.

Le film « Mort Sur Le Nil », Hercule Poirot y joue aux dames - pas aux échecs, jeu pourtant plus digne de ses « petites cellules grises ».

 

« Mort Sur Le Nil » (1978), film de John Guillermin, d'après Agatha Christie, joli, distrayant, touristique, un peu long.

 

2.

Peut-être que dans le jeu de dames, ce qu'aime Hercule Poirot, ce sont les éclairs qui, zigzaguant sur le damier, décident du sort.

 

3.

Entendu dans « Le Masque et la Plume » (France Inter), à propos de Batman : « Il arrive comme une danseuse étoile dans le ciel ». Joli !

 

4.

« C'est votre affaire et non la mienne de régner sur l'absence... »

(Saint-John Perse, « Anabase », VI)

 

« régner sur l'absence » : en rois du silence, en maître des ombres, en œil flottant dans les ruines.

 

5.

L'Oyster est le nom d'une Rolex créée en 1926. Blue Oyster Cult  est-il un hommage à la Rolex dans sa version à cadran bleu ?

 

6.

Absence... le temps nous est revenu, pis amer

Qu'on est dans sa solitude et le n'importe quoi.

 

7.

« Je suis venu sciemment exposer mon immunité personnelle. »

(Jacques Darras, « Bilan d'examen médical préparatoire »)

 

Suis venu, entre deux itinéraires, allé venu, qu'on va qu'on vient, partirs repartirs départirs repentirs, somme de circulations.

 

Le tout c'est de venir sciemment En toute connaissance de cause (qu'on croit) Sinon, on ne sait pas où on va Sait-on réellement où on va ?

 

On y va pour c'qu'on a à faire Et puis là c'est ailleurs On y fait tout autre chose tout en faisant c'qu'on a à faire Là c'est où il faut.

 

Zêtes à l’Église Loué soit le Seigneur ! Elle a une jolie nuque Lulu ! Vous voilà à l'idée de dieu autant qu'à la nuque à Lulu.

 

Vertige : zallez ailleurs qu'là où vous deviez, faites pas c'que vous aviez à & ailleurs dans c't'ailleurs zêtes encore dans un autre lieu.

 

Ailleurs, faisant autre chose que ce que vous aviez à, vous faites aussi autre chose que ce que précisément vous faites.

 

Les univers parallèles sont parmi nous ; nous sommes bourrés à craquer des carrefours et des fantômes qui s'y agitent.

 

Nous nous trompons sur nous-même; et de nos erreurs nous nourrissons nos fantômes.

 

Où que vous alliez, vous vous exposez, vu qu'ça s'pourrait qu'le réel vous tombe sur la tête, vous réduise à un seul lieu, à un seul état.

 

«immunité personnelle » : cette foi en l'irréductible d'nos pommes qu'on sait pourtant que voués à la mort, nous nous agitons tant.

 

8.

« Beau chien, quand je te vois caresser ta maîtresse,

Je grogne malgré moi – pourquoi ? - Tu n'en sais rien…

- Ah, c'est que moi – vois-tu – jamais je ne caresse,

Je n'ai pas de maîtresse, et... ne suis pas beau chien. »

(Tristan Corbière, « Sonnet à Sir Bob »)

 

Du beau chien à la Tristan Corbière Sir poilu bavant mignon dog caressant d'la maîtresse Du coup tu grognes L'clebs n'sait pas pourquoi.

 

Du beau chien à la Sir Bob Toi tu grognes C'est qu'tu n'as ni caresses ni maîtresse pis n'es pas beau chien.

 

Du cyclique « beau chien » commence et clôt le quatrain s'promène d'caresses en maîtresse qu'il en a l’œil jaloux l'narratif à Corbière.

 

9.

Mieux vaut un âne jouant aux échecs qu'un croyant assassin. Quant au jeteur de rimes, s'il sait y faire, il vaut jeteur de sorts.

 

10.

« Lune, Bouc, Curé cafard

Qui n'ait tricorne cornard !

- Corne au front et corne au seuil

Préserve du mauvais œil. - »

(Tristan Corbière, « Soneto a Napoli »)

 

Quelle Trinité, Tristan ! « Lune, Bouc, Curé cafard » ! De quel carnaval nocturne ces masques que révèlent soudain des flambeaux ?

 

Trinité à tricorne pis « cornard » écris-tu D'quelle académie des cauchemars d'quelle faculté des venins & des songes sont-ces tronches

 

Trinité à tricornes 3 x 3 font 9 et 4 cornes s'baladent au quatrain comme en pleine éclipse Cortège Carnaval secret Arpenteuses d'âmes !

 

Le monde et ses rituels étranges Quelque secret officier y préside N'a pas de visage A tous les visages toutes les âmes et des dents.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 8 avril 2016.

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