Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 12:53

C'EST CALCULER QUI COMPTE

 

1.

Parfois on s'dit : Mais pourquoi donc les autorités ont-elles pris cette décision ? Des fois, c'est la corruption, ma chère, la corruption.

 

2.

#Centenaire de la bataille de Verdun : Qu'ont donc à y voir l'industrie du disque et le Top 50 ?

 

3.

Et si dans la préhistoire, certains, en peignant sur les parois, n'avaient pas eu d'autre but que de faire rire leurs contemporains ?

 

4.

« L'homme oublie qu'il est un mort qui converse avec des morts. »

(Borges traduit par Françoise Rosset, « There are more things » in « Le Livre de sable »)

 

« L'homme oublie qu'il est un mort », ce qui ne l'empêche pas de s'enterrer dans un trou ou de jouer les bons vivants hein comme si.

 

5.

« Impuissance, puissance des autres. »

(Henri Michaux, « Animaux fantastiques »)

 

6.

« Or, le matin entrant comme un casseur de vitres »

(Charles Frémine in « Dizains réalistes », XLIX)

 

7.

Et d'où c't'idée d'serpent ondulant dans l'saxo ?

 

8.

« puis, sifflant doucement mes chiens imaginaires,

je suis reparti seul, un caillou dans les doigts. »

(Arthur Haulot, in « Espaces », De Rache, 1967)

 

Quand on en est à siffler ses « chiens imaginaires », faut pas s'étonner d'être attaqué par un loup invisible.

 

9.

Reparti seul la nuit lui trouant les orbites

Sous ses pieds le chemin se perdit et bouffa

L'bouffon on en r'trouva quelques épars dans l'herbe.

 

10.

Giclé en morceaux viandé brisé frité trempé

Tout épars de l'os puis se rassemble et s'en va

Avec tout son squelette et son nom oublié.

 

11.

A force de bouffer du bouffon, on finit par vomir du calembour. Mais ce n'est pas parce qu'on bouffe du curé qu'on vomit Dieu.

 

12.

« Si sa trigonométrie est fausse, un jour, il gicle en morceaux sous la roue d'une auto ou la paisible roue d'un moulin oublié. »

(Henry Fagne, « Une vie de rat » in « De plante et de fantôme », Espaces, 1967)

 

13.

« L'oreille tendue, Fanny et Jean recueillirent le petit rire étranglé et malheureux de Jane. »

(Colette, « La Seconde »)

 

Quelle bonne action que de recueillir « un petit rire étranglé et malheureux » ! Il y en a tant de par le monde de petits rires étranglés !

 

14.

« L’œil sur la fenêtre ouverte, elle guettait l'approche du soir et ne voulait pas que l'ombre la surprît. »

(Colette, « Le Toutounier »)

 

Quand on a « l’œil sur la fenêtre ouverte », faut gaffer, des fois qu'il s'envolerait, et tout le reste du corps avec.

 

15.

« Il me faut trouver une maison où les gens sont encore vivants »

(Jean Giono, « Le Hussard sur le toit » [Angelo])

 

« Il me faut trouver une maison où les gens sont encore vivants » se dit le fantôme affamé d'exotisme.

 

16.

« Comment s'appelle cet endroit ? demanda Angelo.

- Ça ne s'appelle pas, dit l'homme, du moins j'en sais rien. C'est chez nous. »

(Jean Giono, « Le Hussard sur le toit »)

 

Il y a des lieux qui ne s'appellent pas. Jamais ils ne vous répondent et n'ont pas d'autre nom que votre ombre. Ce sont des lieux non-dits.

 

17.

Ecrire, ce n'est rien. C'est calculer qui compte.

 

18.

« Vous pigez, ou bien s'il faut vous graisser la pensarde ? »

(San-Antonio, « Passez-moi la Joconde »)

 

L'expression « graisser la pensarde » suppose qu'des fois ça grince, la pensarde, a s'ouvre mal, a fermente dans sa nuit, a s'rouille.

 

19.

Nous vivons avec nos fantômes comme s'ils n'étaient pas là. Du coup, quand ils se manifestent, forcément, on s'épouvante.

 

20.

L'inconscient s'agite-t-il comme une araignée dans sa toile ? Comme un fantôme dans la plante ? Une voix dans la Sibylle ?

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 15 mai 2016.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Recherche