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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 23:23

MARCHANT DANS LES PRESAGES

 

1.

Ce jour-là, Monsieur X... tomba sur le sol et dans la tombe, le coup étant mortel.

 

2.

Je me demande si le comportement des particules influe sur le réel parallèle. Intuitivement, je pense que non, mais justement…

 

3.

« Un rêve ou la parole d'un sorcier tuent nos espérances ; le présage est dans toutes les avenues. »

(Alain, « Propos sur le bonheur », « Notre avenir »)

 

Zut, se promenant dans la rue, marche dans un présage ; elle se dit Et alors, on n'a pas nettoyé la rue ce matin qu'ça sent le sphinx ?

 

4.

« Sommes-nous un théâtre de verdure en pierre décorative animée ? »

(Jacques Darras, « Condillac in progress »)

 

Jo se pose des questions sur qu'esseque nous sommes Des marionnettes gigotent dans un théâtre c'est pour ça qu'il y a des fils se dit Jo.

 

5.

« c'est l'Univers comme bégaiement »

(Jacques Darras, « Les Gilles de Binche »)

 

Voilà pourquoi le langage fut accordé aux humains : Dieu est bègue ; nous parlons à sa place et nous nous contredisons divinement.

 

6.

« Je n'oublierai jamais cet oiseau qui n'existe que si l'on y pense. »

(Marcel Havrenne, « Aphorismes »)

 

On se promène dans la rue ; on pense à des choses qui pourraient exister si l'on y pense ; alors tout se met à ne plus jamais exister.

 

7.

Je suppose que ce qui tend vers l'infini finit par trouver sa limite quelque part dans un pli du réel.

 

8.

« L'important n'est pas que les autres sachent et même reconnaissent que je vaux mieux : l'important est que moi je le sache. »

(Jean Giono, « Le Hussard sur le toit » [Angelo])

 

9.

Jo dit : j'ai plein de rien partout suis miné troué par le rien le rien me hante me honte plein d'cadavres partout dans tous mes coins.

 

10.

Je n'aime pas les films à thèse ; on dirait qu'ils veulent contaminer le réel.

 

11.

Jo se dit que s'il était Fantômas qu'esse qu'il rigolerait bien mais aussi comme il n'existerait pas ce serait même pas marrant.

 

12.

Des fois il pleut des têtes coupées alors Jo se réveille et se dit qu'il faut qu'il retourne au boulot.

 

13.

Machin est dans la rue elle est trop étroite mais il faut qu'il va prendre le bus donc il élargit la rue avec sa main large comme le poingt.

 

14.

« Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème

de la Mer, infusé d'astres, et lactescent »

(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

 

« le Poème de la Mer » tu parles y a pas d'poissons on peut pas pêcher dans les poèmes alors on a faim et on manche des kebabs.

 

« infusé d'astres » ça doit être des méduses, zinzin qui s'y baigne puis « lactescent », c'est trop bizarre comme mot, moi j'y vais pas.

 

15.

« J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies »

(Rimbaud, « Le bateau ivre »)

 

Jo dit si la nuit est verte c'est qu'on en est ville c'est vert à cause des néons ça éblouit la neige et les copines ont mal aux yeux.

 

Jo dit qu'il a mis « copines » au pluriel passque « éblouies » c'est au féminin pluriel dans le poème alors copines.

 

16.

« Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige ! »

(Rimbaud, « Ophélie »)

 

Jo dit qu'il a jamais vu de fille « belle comme la neige », ou alors comme un camion sous la neige mais Ophélia c'est joli comme prénom.

 

17.

« Que ton cœur écoutait le chant de la Nature

Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits »

(Rimbaud, « Ophélie »)

 

Jamais vu d'arbre se plaindre même quand on en fait du pécul ou du papier tue-mouches. Parfois, quand même, ils grincent.

 

Quant aux « soupirs des nuits », c'est que les murs sont trop minces et que la voisine a de la visite.

 

Le « chant de la Nature » ça rappelle les vaches, mais des vaches dans les arbres, késameuh ? Comme quoi, Rimbaud, c'est n'importe nawak.

 

18.

« C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,

A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits »

(Rimbaud, « Ophélie »)

 

C'est vraiment un souffle fort pour en tordre comme ça des grandes chevelures que si ça se trouve, aux filles là, ça leur fait des tresses.

 

Le vent dans le poème il est plein « d'étranges bruits » comme si on entendait la télé mais au loin la télé genre télé d'univers parallèle.

 

19.

« The spectator is a dying animal. »

(Jim Morrison, « Seigneurs et nouvelles créatures »)

 

« Le spectateur est un animal mourant » écrit Jim Morrison, surtout dans les polars où l'on plante des zigs dans le noir des cinémas.

 

20.

« C'est que la voix des mers folles, immense râle,

Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux »

(Rimbaud, « Ophélie »)

 

Des fois, les mers elles sont folles et dans leurs filets, les marins pêcheurs ramènent des entonnoirs.

 

« la voix des mers folles » : ça doit être kekchoz comme opéra ! Fifres ultra-marins, voix d'hululantes sirènes, octopodes polyphoniques.

 

Y a pas qu'les entonnoirs des océans loufdingues qu'ils ramènent, les filets, y a aussi des brisures de seins, des éclats d'poitrines. A mon avis, c'est des sirènes qui se sont fait viander par des hélices.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 22 mai 2016.

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