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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 00:47

OUI J'ECRIS N'IMPORTE QUOI

 

1.

« J'ai quinze ans, et l'ennui du latin pluvieux ! »

(Germain Nouveau, in « Dizains réalistes », XXXII)

 

(Menteur ! Ah que j'suis menteur alors ! Pouah !)

 

Je regarde par la fenêtre. Il pleut des caecum fuisse des tu quoque mi fili i filent en déclinaisons verticales ; jadis, souvent je rêvassais en cours.

 

2.

Le latin n'est plus à la mode ; j'espère pourtant que l'on continue à enseigner le sens de l'expression « Si vis pacem, para bellum. »

 

Faudrait pas oublier qu'la France vend beaucoup beaucoup beaucoup d'armes ; ça sert aussi à payer les traitements des profs à poils longs.

 

Les profs à poils longs : là, j'exagère. Je veux dire les gentils profs anti-armement, antimilitaristes, les rêveurs quoi.

 

Bon, les armes qu'on vend, elles finissent un peu par être utilisées contre nous en c'moment ; des fois, faut donc y aller aussi, au charbon sanglant.

 

3.

J'ai fait sévère (j'exagère ! c'est pas des vers) car ne suis point si clément tine tine c'est la cloche qui sonne Ah lâche poire !

 

4.

« J'ai du goût pour la flâne, et j'aime, par les rues »

(Germain Nouveau, in « Dizains réalistes », XIX)

 

J'ai du goût, thé au logis mais à thé comme une tasse, avec de la madeleine pour tremper dedans et laisser le passé me submerger la théière.

 

5.

Pour la flâne elle a du goût aussi Sissi (elle s'appelle Rolande) et aime par les rues se blanchir le visage (elle pâlit à cause du froid).

 

6.

« Ah vous dirais-je, maman,

Ce qui cause mon tourment ? »

(chanson enfantine)

 

Ah vous dirais-je ma mandibule, ma m'entraîne-patins (tintin, tiens tiens) stilal qui cause dins m'tiête et m'fait bin du tourment.

 

7.

Rien de plus ennuyeux que d'écrire sur la politique ; ça m'donne l'impression d'plancher sur une version latine.

 

8.

« Quoi ! je trouve, un matin que j'étais seule au monde,

Un cigare d'un rond au fond de ma profonde »

(Germain Nouveau, « Dizains réalistes », XXI)

 

Quoi Quoi Quoi Quoi

J'aime dire à voix haute

Quoi Quoi Quoi Quoi

Et pourquoi me direz-vous

Que j'aime dire à voix haute

Quoi Quoi Quoi Quoi

Pourquoi ?

Parce que que que que que.

 

9.

Je troue, vain, car j'suis l'troueur vain, le trouvère hein que j'étais, et quel trouvère ! Et j'ai tout perdu au fond d'ma profonde trouée.

 

10.

Dans la vie, je n'aurai pratiquement mené à peu près bien que ce qui m'intéresse. Du coup, vrai ! j'ai pas fait grand-chose.

 

11.

« Quand ces vers seraient aussi bons

Que le plus exquis des jambons,

Je les récuserais. »

(Paul Bourget, « Quand ces vers... » in « Album zutique »)

 

Moins sévère serai & aussi bon que l'plus exquis des jambons dieu qu'c'est bon un jambon frites mayonnaizzzzzzzzzz (notez note finale tenue)

 

12.

J'avoue que j'compose des notes et des brefs aussi tirés par les cheveux de la muse qu'un fil qu'en finit pas dans un dédale absurde.

 

13.

Toute proposition politique se mesure à l'aune du blablabla communauté des vivants blablabla.

 

14.

Un jour vous verrez i sera là l’Oeil Universel, l'omniprésent surveillant général et nous l'aurons démocratiquement élu, désiré, plébiscité.

 

15.

« La cuisine est très-propre et le pot-au-feu bout »

(Charles Cros, in « Dizains réalistes », XXXIII)

 

J'aime la cuisine, l'art du lard, omelette, blanquette, paupiette, le « pot-au-feu qui bout » ; je trouve ce vers réconfortant.

 

16.

Si j'mettais une trompe à m'fenêtre, et un œil dedans, j'verrais l'paysage par la trompe, l'paysage trompé et pis trempé quand i pleut.

 

17.

Oui j'écris n'importe quoi

Quoi quoi quoi quoi

J'aime écrire n'importe quoi

Quoi quoi quoi quoi

Et pourquoi me direz-vous

Que j'écris n'importe quoi

Quoi quoi quoi quoi

Pourquoi ?

Parce que que que que que

(poil aux yeux).

 

18.

J'ai longtemps accompagné mon ombre au piano de dedans ma tête. Dommage qu'elle chantait aussi faux qu'ma pomme.

 

19.

Zut, des fois, elle prend ma caboche pour un beuglant, un caf' conc' qu'ça finit enfumé, toute perdue dans les paroles.

 

20.

« Orphée alors chantait des blagues sur son luth ;

c'était l'époque où Chose inventait le mot « Zut ! »

(Germain Nouveau, in « Dizains réalistes », XL)

 

Or Or Or Je veux dire Ar Ar Ar Fais qu'des bêtises moi ah l'hors-champ T'es déblatéré blet sur ton lit tu luttes défait fiévreux zuté.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 9 mai 2016.

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