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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 12:28

DANS LAFORGUE Y A CECI CELA QU'ÇA FAIT DES VERS

 

1.

Dans Laforgue y a du « se grignote lui-même » que sans doute qu'on et puis grignoti-grignota lève la queue et puis s'en va.

 

2.

Dans Laforgue y a de « l'automne morose » qu'on s'traîne l'ennui dans les ombres qui s'allongent et vous mangent le moral.

 

3.

Dans Laforgue y a du « Tant la vie à terre elle est bonne » et vaut mieux pas aller trop gratter à la porte d'l'aut'côté qu'y a rien derrière.

 

4.

Dans Laforgue y a du « Vous vous teniez dans un coin debout » qu'le réel il est pleins d'coins et de bipèdes debout qu'on voit pas toujours.

 

5.

Dans les coins des fois des bipèdes debout i vous regardent de leurs yeux sans regard et attendent sans attendre d'autres fantômes à venir.

 

6.

« Un trou, qu'asperge un prêtre âgé qui se morfond,

Bâille à ce libéré de l'être ; et voici qu'on

 

                              Le déverse

                                  Au fond. »

(Jules Laforgue, « Complainte de l'ange incurable »)

 

7.

Dans Laforgue y a du « trou, qu'asperge un prêtre âgé qui se morfond » qu'ça doit ennuyer à force ça de ranger des autres dans la terre.

 

8.

Je me demande des fois si les prêtres i s'disent pas qu'ils marient des morts, des morts reproducteurs, des administrativement actifs.

 

9.

Dans Laforgue y a du « monde enfantin dans l'Inconnu lancé » qu'on finira par savoir et qu'on en sera bien épouvanté allez.

 

10.

Dans Laforgue y a du soleil qui sonne ses « fanfares » qu'on s'écoute dans la tête un jazz-band sonner des bouts d'ritournelles sans nom.

 

11.

Dans Laforgue y a du « Ah ! tout le le long du cœur » qu'on se l'étire mélancoliquement le cœur qu'on s'élastique l'hélas se le caoutchouque.

 

12.

Dans Laforgue y a du « blond cadavre aux vitreuses prunelles » que ça m'rappelle des affiches de série z, des couvertures de polars.

 

13.

L'art mauvais genre c'est un genre de religion sans dieu qui repose essentiellement sur la fascination qu'la mort hein la mort hein

 

14.

Dans Laforgue y a du « flagellé par le vent des siècles voyageurs » qu'les siècles c'est du vent l'Histoire c'est du vent et qu'en fin de compte tout finit usé jusqu'à plus rien.

 

15.

Sûr qu'ça finira par le plus plus rien et pas les mots pour le dire (sauf peut-être dans un volapük intergalactique mais c'est pas sûr).

 

16.

Dans Laforgue y a des « lunologues éminents » qu'ça doit être des spécialistes du rien qui souffle dans nos caboches creuses.

 

17.

Dans Laforgue y a « un piano voisin joue un air monotone » qu'on s'imagine l'pianiste s'alourdir des yeux et sombrer dans l'clavier Rrrron !

 

18.

Tiens Régis Debray cause à la radio du « Sens de l'Histoire » que mon cher monsieur qu'ça finira par l'administration du surnombre et voilà.

 

19.

L'administration du surnombre qu'on y est déjà qu'on sait plus quoi faire des gens qu'ça commence à s'massacrer ici et là comme au Moyen-Age.

 

20.

Le monde est simple, on fabrique des armes pour se défendre des ceusses-là à qui on les vend et qui finissent par les utiliser les bougres.

 

21.

Dans Laforgue y a d'la « pieuvre Spleen » qu'on se sent des fois tout tentaculé et comme immobilisé et qu'on reste à rien d'autre que rien.

 

22.

Dans Laforgue y a l'azur « possédé du mètre et du pendule » que quoi qu'il fait, le Professeur Tournesol, à funambuler ainsi sur la corde tendue de l'horizon ?

 

23.

La fonction des experts est de prévoir l'imprévisible qui n'a pas manqué d'arriver et qu'on n'a d'ailleurs pas vu venir.

 

24.

Au pays des aveugles, y a des borgnes, des fois, on finit par leur crever les yeux.

Note : En l'occurrence, un seul oeil suffit, faut dire c'qui est !

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 8 juillet 2016

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans notes sur le grand Jules
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