Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 13:09

EN ECOUTANT D'LA MUSIQUE PASSQU'EN Y A MARRE D'LA POLITIQUE

 

1.

Element de langage politico-journalistique actuel : « l'opinion rejette les élites dirigeantes ». P't'êt' bin qu'oui, p'têt' bin qu'non.

 

2.

Des fois j'me sens la tête vide, comme si les mots avaient du mal à rassembler mes idées.

 

3.

Des fois qu'j'écoute Pierre Henry qu'ça fait du bing bang cuts et uppercuts électroniques d'vaisseaux s'crachant dans les étoiles.

 

4.

Franchement i tue Pierre Henry avec ses cloches qu'on dirait qu'derrière y a des bestiaux du cosmos qui meuglent et mugissent.

 

5.

Ou derrière ses cloches à Pierre Henry le souffle de quelque titan exténué d'avoir couru après quelque titane au bal des étoiles.

 

6.

« Vois les chemins de l'air qui me sont tous ouverts »

(Corneille, « Médée », v.1568 [Médée])

 

Quand les « chemins de l'air » sont fermés, en général c'est qu'on est mort, non ?

 

7.

Des fois qu'on est saisi d'un doute qu'il vous attrape l'esprit le doute qu'on se dit et s'ils n'existaient tout simplement pas tous ces.

 

8.

Les chœurs d'l'Atom Heart Mother au Pink Floyd i chantent Au secours non? qu'les vaches d'la pochette seraient pleines d'âmes prisonnières.

 

9.

Parmi les cloches à Pierre Henry y a ce bourrrrrit soudain qu'on dirait l'étonnement gloussesque de quelque poule cosmique.

 

10.

« Rien n'a plus, rien n'a plus vraiment le même goût » chante Christophe dans Senorita qu'on finit des fois très vieux à mâcher du vide.

 

A ceux qui ne connaissent pas je leur conseille d'écouter Senorita de Christophe qu'elle est pleine de nostalgie bien dite c'te ritournelle.

 

11.

Y a l'expression « faire ses paquets » qu'on va bientôt passer qu'les doigts ont l'air de vouloir ramener quelque chose qui s'en va pourtant.

 

12.

Des fois je me demande quel est ce dieu qui a flanqué ma pauvre conscience dans ce qui-vive impuissant d'mes nerfs.

 

13.

Zut des fois elle dit comme ça Rien à faire j'arrive pas à feriez mieux d'pas exister.

 

14.

Je n'aime pas les gens qui méprisent la culture populaire ; j'ai toujours l'impression qu'ils vont me cracher dessus.

 

15.

« Quel indomptable esprit ! quel arrogant maintien »

(Corneille, « Médée », v.507 [Créon])

 

Quel indomptable esprit ! On dirait qu'un hennissement va lui sortir des narines !

 

16.

« Je revis la chambre vide, la maison déserte et je ressentis de nouveau une indéfinissable impression de menace et de maléfice. »

(Agatha Christie traduit par Sylvie Durastanti, « L'Homme au complet marron » [Anne])

 

J'aime cette phrase qui lie le vide et l'absence à « l'indéfinissable » et c'te prescience là, de la mort.

 

La mort, cette bête dans le langage qui pond ses œufs dans nos têtes.

 

Des fois qu'on la revoit la chambre vide, la maison déserte, et que soi-même on se sent déjà plus très là.

 

17.

J'écoute « Le Nain de Stanislas » du groupe Ange, j'aime bien comme elle a l'air de carillonner tragico-sarcasme, c'te baroquerie.

 

18.

Des fois qu'on a les soucis i nous guignolent l'dedans d'la tête qu'ça nous fait tout un p'tit théâtre où se jouer la farce au crâne.

 

19.

Sinon, y a « Les Tréteaux de Maître Pierre », de Manuel de Falla ô marionnettes, masques, visages et cet autre monde de la musique.

 

20.

La musique, ce remuement du temps et de l'espace dans nos caboches, cette promesse toujours recommencée de féerie.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 14 juillet 2016.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Recherche