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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 13:49

LA VÉRITÉ CHOQUE LA VÉRITÉ POIL AU NEZ

 

1.

« Oh ! Ces lunaires oiseaux bleus dont la chanson

Lunaire saura bien vous donner le frisson... »

(Jules Laforgue, « Le Concile féerique » [L'Echo])

 

Ah il y a du piano là-dedans, et de la flûte, de la nuit, du clair de lune, des œufs sur le plat, des frites, du peintre.

 

Moi j'y crois pas aux « lunaires oiseaux bleus » que s'il y aurait des oiseaux bleus ou même rouge pompon sur la lune, ça s'saurait hein

 

Moi, les chansons lunaires, ça m'laisse pantois que c'est quoi encore ça comme musique à entourlouper les oreilles, cor des carabistoul's ça

 

2.

Des fois je me dis que pour que je puisse retrouver mes esprits, faudrait sans doute que j'engage un détective.

 

Le détective engagé pour retrouver mes esprits, à mon avis, il a pas fini d'rigoler.

 

3.

Des fois on se dit qu'il faut la prévenir, la tragédie, qu'elle va arriver, mais elle fait la sourde, la tragédie, elle arrive quand même.

 

La Tragédie, c't'une grande bringue toute sourde, en habit de cérémonie pis qui jacte qu'en vers et contre tout ça que j'pige pas koikesse.

 

Pour lire le bref précédent (« La Tragédie, c't'une... ») faut appuyer rythmiquement sur le « ça » (si !).

 

4.

J'aime bien l'expression « avoir vent des allées et venues » pour le « v » qui siffle léger évoquant le mouvement d'un imperméable.

 

5.

« mais certaines allusions et remarques qu'il a laissé tomber »

(Agatha Christie traduit par Sylvie Durastanti, « L'Homme au complet marron »)

 

« mais certaines allusions et remarques qu'il a laissé tomber », ce n'est pas l'oreille d'un sourd qui les a ramassées, croyez-moi.

 

Y en a i zont tellement de grandes oreilles qu'ils marchent la tête baissée pour ramasser tout ça qui traîne au ras du sol et caniveau.

 

J'aime bien le mot « caniveau » que j'm'imagine une espèce de bestiau mi-chien mi-veau qui avalerait tout c'qui traîne.

 

6.

« Souvent je ne sais quoi qu'on ne peut exprimer »

(Corneille, « Médée », v.635, [Créuse])

 

Des ombres dans un grand « je ne sais quoi qu'on ne peut exprimer » qu'on se laisserait attraper par un peu de musique.

 

Des fois qu'on se sent tout prêt de dire qu'on ouvre la bouche et pis qu'on dit aut' chose ou même rien du tout qu'on f'rait mieux de.

 

7.

Des fois, avec Arsène Lupin sur mes étagères, un beau matin, je ne vais plus la retrouver, ma bibliothèque.

 

8.

« avez trop dit, d'ailleurs, pour ne pas aller jusqu'au »

(Maurice Leblanc, « Le Triangle d'or »)

 

coin de la rue où vous tomberez dans un grand mystère indicible parce que ça m'arrange.

 

9.

« toi, ne proteste pas. Oui, je me rends compte... cela »

(Maurice Leblanc, « Le Triangle d'or »)

 

« toi, ne proteste pas. Oui, je me rends compte... cela » ce n'est rien qu'un temps mort un cadavre qu'on voit pas encore

 

qu'un cadavre qu'on voit pas encore et qui continue à passer dans les rues et regarde comme il déplie son ombre sur les murs

 

10.

De petits êtres rapides et soupirants filèrent de ses yeux ; Zut avait du chagrin.

 

11.

Il regarda son manteau ouvrir la porte, s'en aller, passer devant la fenêtre, et lui faire un signe mais pas de sa main, évidemment.

 

12.

Je lis que les photons peuvent quantiquement être simultanément en deux endroits  : dans un pli du réel donc, l'ubiquité.

 

13.

Naïvement, l'univers quantique serait-il une sorte d'univers parallèle que nous observons comme on observe quelque univers aquatique ?

 

Qu'l'univers quantique serait une sorte d'aquarium qu'on y verrait passer des équations exotiques et des photons ubiques.

 

Qu'l'univers quantique serait une sorte de grand aquarium qu'on y verrait passer des équations, et pis Zut, avec palmes, et tuba.

 

14.

Naïvement, l'univers quantique serait-il une sorte d'univers parallèle qui interagirait avec le nôtre ou est-il l'essence même du réel ?

 

Qu'l'univers quantique i parallélerait voire interagirait avec not' réel à nous ou serait-ce que cette manière de serait l'essence même de.

 

15.

Si mécanique classique et univers quantique coexistent, ça veut-y dire qu'il y aurait deux réponses contradictoires à un même koikesse ?

 

Si les boules elles peuvent être à la fois noires et blanches, les exercices de probabilités i deviennent très curieux, non ?

 

16.

« Mais le vide à souffrir me semble difficile »

(Molière, « Les Femmes savantes », v. 881 [Bélise])

 

Soudain de la bouche à Bélise i sortit une litanie de « i » qu'on l'eût dit plaintive du « vide à souffrir », ah oui qu'c'est « difficile ».

 

Franchement, certains d'mes brefs, comme exercices de diction dans des cours d'art dramatique, i s'raient pas beaux ?

 

17.

« Les hommes prennent souvent leur imagination pour leur cœur »

(Pascal, « Pensées »)

 

Pascal écrit qu'on prend souvent notre imagination pour notre cœur, bin c'est qu'avoir mal à s'tête c'est pas pareil qu'avoir mal au cœur.

 

En français, on peut avoir mal au cœur passqu'on a mangé trop d'chocolat mais aussi passque Nini nous tourne le dos la vilaine.

 

Mais le français parlé distingue parfois « avoir mal au cœur » (à cause du chocolat) et « avoir mal à son cœur » (qu'on est bien triste allez).

 

18.

Des fois les politiques i zarrivent en pleine crise financière qu'ils doivent bien se gratter la tête et tous les diplômes qu'ils ont dedans.

 

19.

« Mais si, répliqua Tuppence. Leurs vêtements sont peut-être différents mais elles sont restées les mêmes. »

(Agatha Christie traduit par Albine Vigroux, « Mr Brown »)

 

Qu'l'humain il a beau changer d'vêtements qu'il est toujours le même, le pif dans l'cosmos et les pieds dans la.

 

20.

La vérité choque la vérité. C'est c'que j'pense que le vrai c'est tout paradoxes et cheveux tirés par la comète qu'on tire des plans dessus.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 17 juillet 2016.

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