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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 00:22

LES CONDUCTEURS FANTÔMES NE FONT PAS DE VIEUX OS

 

1.

J'enlève la lettre n et la nuit devient oui, qu'j'écris ça donc pour faire joli dans une poésie amoureuse.

 

2.

Que faire de la nostalgie ? Ce n'est pas une guitare, la nostalgie, et on ne peut pas être un virtuose de la nostalgie.

 

3.

Des fois, en été qu'on reste seul avec sans rire, son prince froid, son roi-soleil d'automne au demeurant.

 

4.

La nuit dernière, il est revenu le violon, le violon revenant du générique du « Mystère de la chambre jaune ». Eh oui (soupir).

 

5.

« Je traîne un désert dans la ville

J'ai un émetteur de mirages »

(Ernest Delève, « Avoir »)

 

On dirait l'autoportrait d'un politique.

 

6.

Des fois qu'on s'proménerait avec un désert dans les trous d'ses poches, que peu à peu le sable s'écoulerait et qu'tout finirait désert.

 

7.

« la machinerie des pensées

invente des îles et des astres changeants. »

(Lionel Ray in « Ecrit(s) du Nord » n°8, 2002, p.76)

 

Le réel s'émiette qu'toute une basse-cour picore, qu'dans leurs cerveaux ça fait des mondes tout petits petits petits.

 

8.

« Car ce qui est nature aux animaux, nous l'appelons misère en l'homme »

(Pascal, « Pensées »)

 

Des fois j'me dis qu'tous ces chiffres, statistiques pis qu'il y a d'la surpopulation qu'c'est pas loin tout ça d'nous traiter en troupeaux.

 

9.

« Un seul pin parasol. Déjà ta paume brûle

de ce néant saisi. »

(Arthur Haulot, « Pour Louise »)

 

Y en a des fois i s'brûlent qui disent qu'c'est du « néant saisi » qu'à mon avis i s'font cuire des pâtes, ou alors, c'est l'absence.

 

Faudrait jamais s'plaindre : les autres des fois, i sont pleins d'cadavres qu'ils n'en ont plus ni larmes ni mots.

 

« Et cette plaie au cœur

voici que tu la portes à travers la plus longue journée du monde »

(Arthur Haulot », « Pour Louise »)

 

10.

D'un « élément majeur pour l'avenir de l'humanité » l'autre, on va finir par y tomber dans le grand trou très majeur qu'fatal qu'on creuse.

 

11.

Marseillaise, drapeau et uniforme à l'école ? Qu'ça vous a un air de prélude au grand massacre, j'en ai la tête de mort qui me démange.

 

12.

Arthur, moi j'pense qu'à force de déconner i s'a tellement fait appeler Arthur qu'un jour Arthur il a dit « Bon bin, je est un autre hein ».

 

13.

J'aurais dû jouer d'la guitare, j'jouerais niaiseries et insipidités que j'aurais plus de succès qu'avec mes brefs qui grincent là faux.

 

14.

Sur les ondes de Classic 21 (excellente radio), i font des points sur la circulation et les dangers des « conducteurs fantômes ».

 

Note : en Belgique, on appelle « conducteur fantôme » un automobiliste roulant à contre-sens.

 

Note bis : Si c'est un conducteur fantôme roulant à tombeau ouvert - on a déjà bien dû la faire c'te blague - ça fait peur quand même.

 

Note ter : « Les conducteurs fantômes ne font pas de vieux os », titre possible d'une chanson noir macabre ou polar d'humour de même teint.

 

15.

En politique aussi, y en a i montent sur les épaules des géants là-haut pis là-haut, ils ont l'vertige qu'c'est où la France savent plus.

 

Y en a arrivés là-haut qu'c'est trop haut qu'ils sont tout vertigeux tournicoteux nauséeux pis qu'ils gerbent sur l'uniforme du Général dis.

 

16.

« Le fleuve est au bout

Du ciel qu'on y voit,

Faire sur les toits

Noires ses fumées »

 

Beaux, ces vers de « La Rue Saint-Paul » de Max Elskamp.

 

17.

« Dépêche seulement, et cours vers ma rivale

Lui porter de ma part cette robe fatale »

(Corneille, « Médée », IV,1, v.1045-46 [Médée à Nérine])

 

«La robe fatale », étoffe empoisonnée qu'la jeune dame s'y fourre pis que bientôt elle se met hurlante et vomissante à s'tortiller l'agonie.

 

18.

« Fuir Dieu et la forêt quand l'enfance est finie »

(Ernest Delève, « Me voici »)

 

Y en a i fourrent leur dieu dans la forêt comme une fronde dans une poche pis i zy r'viennent plus, plus jamais, à leur invisible dans les feuilles.

 

Y en a i fourrent leur dieu dans la forêt comme une fronde dans une poche que plus tard, bien plus tard, ça siffle encore dans leurs vers.

 

19.

Ni roman, ni chansons, ni théâtre, je ne laisserai que d'la miette, des bouts de, d'l'effrité qu'j'aime tant les chaussons aux pommes.

 

20.

Vous reprendrez bien un p'tit vers blanc, allez !

 

« Je fume une sèche en relouchant les étoiles. »

(San-Antonio, « Passez-moi la Joconde », Fleuve Noir n°2, p.88)

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 3 juillet 2016.

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