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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 22:56

CF POUR CHAT PAR EXEMPLE

 

1.

Quand on écoute du Léo Ferré période grand orchestre à pompes et grandiloquence, après on a juste envie d'entendre du Sheila. Si.

 

Ou le silence, c'est bien aussi, le silence... le silence et les petits zoziaux.

 

Ou du blues, c'est bien aussi, le blues… du blues et du bon vieux boogie !

 

2.

Que savent-ils de moi ? Rien.

Que peuvent-ils contre moi ? Tout.

Je suis le peuple.

 

Gauchiste ? Non. Lucide.

 

3.

« les arbres ont pris la figure d'un miroir »

(Camille Goemans, « La lecture élémentaire »)

 

C'est pour qu'les vieilles branches puissent se r'faire une beauté en passant.

 

4.

Ah oui, la crainte de Zut, c'est qu'on lui r'file cette année une section qui tient plus de la cour des miracles que d'une classe de lycée.

 

Transformer une cour des miracles en cours des miracles, eh oh, j'suis pas Mandrake, moi.

 

5.

« On est censé faire ce que l'on nous demande » ; en voilà une phrase qui autorise bien des vilenies.

 

6.

Les politiques sont souvent si peu corrects que l'on en vient à éprouver une certaine difficulté à distinguer les hommes de leur fonction.

 

La médiocrité de l'action publique influence l'opinion que nous avons de gens qui par ailleurs peuvent savoir très bien jouer aux cartes.

 

La « Loi travail » c'est quand même quitte ou double : ou elle sera le grand acte législatif d'un quinquennat assez morose, ou elle prouvera définitivement que François Hollande aurait fait un bon président de la IVème République.

 

7.

Parfois, tout seul dans la cuisine, je lance un Bonjour ! haut et clair, des fois qu'un fantôme passerait.

 

8.

« Imparfait ou déchu, l'homme est le grand mystère »

(Lamartine, « L'Homme »)

 

« Imparfait ou déchu, l'homme est le grand mystère »

Zut alors : - Est-il le trou ? Est-il le gruyère ?

 

9.

Le scandale Dépakine : encore une affaire où un tas d'imbéciles à diplômes ont agi « de bonne foi » (bin tiens), sauf que, y a des morts.

 

10.

Pis i s'battirent comme des œufs enragés qu'ça fit une belle omelette pour une faim de loup.

 

11.

« Des yeux, des cœurs, des bras, des jambes et des têtes

De par Satan qui jongle, entrecroisant leur vol »

(Saint-Pol Roux, « La Guerre »)

 

M'évoquent un collage, ces deux vers, un collage sanglant, explosif, une collection de lacérations, de décollations.

 

12.

« Me voilà fort bien congédié. »

(Molière, « L'Avare », I,3 [La Flèche])

 

Le réel, quand il en a marre qu'on l'examine, le triture tripote et expertise, finit par nous congédier, nous r'filer au voilà tout.

 

13.

C'est une histoire que tout le monde connaît et dont personne ne se souvient.

 

14.

Des fois y en a i disent qu'ils savent, alors i demandent que nous fassions, mais heureusement nous nous en battons nous.

 

15.

Entendu un genre de rap intitulé « J'm'en balek », du pronominal « s'en baleker » qui n'est pas sans poser quelques problèmes de conjugaison :

 

- je m'en balek (absence du « e » final caractéristique des néologismes du premier groupe)

- tu t'en balekes (cetera)

- il, elle, on s'en baleke

- nous nous en balekons (alors que ce n'est pas de ça dont il s'agit)

- vous vous en balekez (qu'êtes-vous en train de faire ? Vous vous en balekez, j'en suis fort aise, eh bien pédalez maintenant !)

- ils, elles s'en balekent (ce qui, au féminin relève de la métaphore physiologique, de l'hyperbole et de l'exploit sportif).

 

16.

« (cf pour chat, par exemple, les x qui ont été chats, qui sont chats, qui seront chats ou qui auraient pu être chats) ».

(Georges Kleiber, « Les approches quantificationnelles » in « Langages » n°79, septembre 1985, p.69)

 

17.

Revu cet été sur une chaîne de la télé belge une rediffusion de 1978 : « Clafoutis » ça s'appelait, présentée par Stéphane Steeman et Marion. J'y ai revu la chanteuse Jeanne-Marie Sens et cette drôle de chanson où l'adjectif « espagnol » est curieusement redit, comme en suspension, comme si quelque chose, de ces choses qui laissent songeur, passait dans la tête de l'enfant narrateur.

 

18.

Les x ignorent le temps ; ils le trouent, le hantent, le traversent, et de ces chats nous tirons notre réel.

 

19.

Les x traversent le temps puis ils feront comme tout le monde, finiront par la boucler définitif, à moins que quelque poulpe calculateur…

 

20.

« cet azur implacablement lisse

Où le silence bout dans l'immobilité. »

(Verlaine, « Allégorie »)

 

Le silence, dis, i bout dans l'immobile, façon été verlainien, soupe de tête de bouc, figée dans un morceau des Stones.

 

L'azur, l'azur, aussi implacable qu'un adverbe.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 24 août 2016.

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