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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 10:25

INSOLENT COMME UN QUI APPARAÎT MÊME QU'IL EXISTE PAS

 

1.

Une chanson à la radio qu'le narrachanteur sur un ton désenchanté, fataliste et pas joyeux, répète qu'il « est temps d'aller se baigner ».

 

Narrachanteur : narrateur qui narratte en musique que des fois s'il y avait pas la musique, on s'en apercevrait qu'c'est idiot son truc.

 

Note : je mets deux « t » à la forme « narratte » pour faire plus narratatif.

 

2.

Sans les films comiques, des fois la mélancolie elle en emporterait quelques uns dans sa nuit, qu'alors on leur doit la vie aux « Visiteurs ».

 

3.

Sont-ce les fantômes qui nous hantent ou nous qui n'existons que par nos fantômes ?

 

Sans déconner, le paradis technologique qu'on nous promet hein ça s'rait-y pas le grand avènement de l'ère des fantômes ?

 

4.

Je comprends ainsi l'interdit de tuer : ôtant une vie, nous annihilons tous les fantômes qui c'te vie la composaient.

 

5.

Les fantômes i nous apparaissent en habits de songe, genre film en costumes voyez une façon de bal des disparus.

 

6.

Nous pensons que les fantômes font exprès de se manifester. Je n'en crois rien. Je pense qu'ils vaquent à leurs affaires spectrales et que parfois, par distraction, ils oublient de se masquer tout à fait.

 

Aussi je n'apprécie guère ces prétendus « chasseurs de fantômes ». Qu'ils laissent donc les ombres traverser la nuit et le temps.

 

Sans les fantômes, la nuit serait bien vide, ou bien pleine de crapules vivantes, bien qu'il y ait, c'est sûr, des spectres malveillants.

 

La nuit et les manoirs ne restent jamais seuls très longtemps.

 

Un fantôme urbain, c'est d'la perversité. La campagne est le lieu même du fantôme, qu'il y traîne tout d'même un peu moins d'voyous.

 

Ce bref leur suppose quelque noblesse aux fantômes. C'est vous dire si je songe.

 

7.

Sont-ce-t-y pas les voix qui l'agitèrent la Jeanne d'Arc ou plutôt Jeanne qui les anima les ouvrit dans l'air comme des gorges déployées ?

 

8.

Ce ne sont pas les esprits qui parlent mais quelque puissance au cœur du chaipakoi qui manifeste son trouble.

 

9.

Me souviens d'avoir entendu parler – c'était il y a quelques mois sur France Culture dans l'émission « Mauvais genres » - d'une drôle d'affaire pendant la guerre : une enquête sur une maison « hantée », menée par un fonctionnaire de police particulièrement méticuleux et dont les conclusions pointaient vers des manifestations provoquées semble-t-il malgré elle, par, dit-on, la fille de la maison, une adolescente perturbée.

 

10.

Les films sont faits de souffles coupés. Ils sont d'ailleurs voués à être vus comme autant de spectacles fantomatiques.

 

11.

« L’œil tué n'est pas mort

Un coin le fend encor »

(Tristan Corbière, « Cris d'aveugle »)

 

L’œil qu'on y voit dedans

Tué zieutez le vitreux d'l'œil quand il est tué

N'est n'est-il pas n'est-il point

N'est comme le Maréchal à Napoléon alors çui-là qui chargea à Waterloo Waterloo morne plaine

N'est comme Neneh Cherry j'sais plus c'qu'elle chantait

Pas mort encore je traîne mon ombre (j'aime bien cette image de l'ombre en traîne de robe noire)

Mort Aux orties mon ombre au buisson de houx d'l'aut' côté

 

Un œil dans la fente (dans les films d'horreur il s'écarquille tellement c't'épouvantable ce qu'il découvre alors) un

Coin j'aime bien le mot coin i rappelle le coin-coin des étangs un coin ça peut fendre aussi l’œil de bois du

Le petit christ de bois qui attend sur l'étagère il a l’œil fendu c'est qu'ça

Fend le coin là c'réel là c'te hache là ça fend

Encore qu'ça vit le petit christ de bois le coin la hache la lance le coq tout.

 

12.

« Pensive comme une fumée »

(Camille Goemans, « La lecture élémentaire »)

 

L'image « pensive comme une fumée » qu'ça fume alors, qu'c'est pas la tempête sous un crâne, la foudre oui la foudre des sorcelleries.

 

« Pensive comme une fumée » s'évapore la demoiselle « pensive comme une fumée » sous le parasol l'océan aux cheveux blancs.

 

Zut aussi des fois elle est « pensive comme une fumée » ; c'est le feu qui couve elle lève la tête et dans le noir de ses yeux danse l'éclair.

 

13.

Ce n'est pas tout de dire Je me vengerai encore faut-il se donner les moyens de sa foudre.

 

14.

« Passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » lit-on sur un carton du « Nosferatu » de Murnau que Zut alors Hou ! Hou ! que donc Hou ! Hou ! fis-je itou belphégor pis qu'on s'est fait enguirlander par l'aut' guignol là du ciné-club.

 

15.

Faut être insolent qu'elle dit Zut, l'insolence, ça vous compense les emmerdements.

 

16.

J'entrave ni l'anglais ni aucune langue étrangère (fainéant suis-je) aussi des fois j'me dis qu'c'est comme si les fantômes chantaient.

 

17.

L'heure du spectre, toujours la même, comme dans Hamlet, comme si soudain le temps s'trouait et l'espace laissait passer l'autre côté.

 

18.

« Il y a plus de choses sur la terre et dans le ciel, Horatio, que votre philosophie n'en rêve. »

(Shakespeare, « Hamlet », I, 5 [Hamlet])

 

Le réel, bourré à craquer d'un surréel que le langage n'a pas encore défriché.

 

Derrière les rideaux, une troupe de fantômes. Le réel, c'est « l'illusion comique ». Nous, nous apprenons nos répliques spectrales.

 

19.

Des fois, l'Europe, on dirait un fantôme errant dans les ruines de Rome, et qui ne se manifesterait qu'en vertu d'étranges volontés.

 

20.

Des fois j'me dis qu'c'est pas par la culture que l'Europe hein l'Europe l'Europe l'Europe c'est par la défense qu'il aurait fallu.

 

21.

On n'a pas retenu la leçon de la Seconde Guerre Mondiale : la lâcheté et la duplicité de l'Europe font toujours le lit des dictateurs.

 

22.

Zut fatiguée, pas patiente alors ah faut pas lui causer « accompagnement bienveillant » et autres fichaises pédagogos.

 

23.

Zut a s'demande pourquoi qu'c'est toujours des sociologues (ô escroquerie) qu'on écoute et pas les profs de terrain.

 

24.

Zut a s'demande c'qu'on va lui intégrer c't'année : Un sociopathe dont personne ne veut ? Un psychotant à la vue d'un canard ? qu'les lycées professionnels, certaines sections, des fois, ça vire « cour des miracles » j'vous dis.

 

25.

Avec la massification de l'enseignement supérieur, philosophe, voyez, c'est devenu un métier : le retour des sophistes quoi.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 22 août 2016.

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