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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 22:20

PARAPHRASE D'UNE FATALITÉ A CIORAN

 

1.

Lors il avait « tant choyé l'idée de fatalité » [Cioran], il avait à la gamelle de son esprit tant nourri d'instants fatals,

 

2.

Donc, ayant « tant choyé l'idée de fatalité » [Cioran] au prix de tous les masques joyeux et des politesses que l'on met à paraître heureux,

 

3.

Ainsi « l'idée de fatalité » s'était si bien nourrie de « si grands sacrifices » [Cioran] qu'elle en avait englouti toutes les marionnettes.

 

4.

Ainsi « l'idée de fatalité » - ô ressentiment ! - si farcie de farces conviviales et d'attrape-zozos, finit « par s'incarner » [Cioran].

 

5.

Ainsi « l'idée de fatalité » - et comment ne pas penser à cette catastrophe de l'enfant mort ? - prit peau et os, chair et souffle.

 

6.

Ainsi « l'idée de fatalité » prit peau et os, et son humanité sur le dos, s'en alla de par le monde prêcher la mauvaise parole.

 

7.

Ainsi « l'idée de fatalité » - Ciel ! mon mari ! et tous ces Je ne veux pas mourir ! et C'est trop injuste ! et Je suis si inutile ! – s'incarna.

 

8.

« D'abstraction qu'elle était » [Cioran] elle se fit aussi précise que l'heure montrée du doigt par un surveillant à l'écolier retardataire.

 

9.

« D'abstraction qu'elle était » [Cioran] qu'à force « d'écrire des choses horribles, les choses horribles finissent par arriver. » [Prévert]

 

On aura reconnu la lucide et prophétique sentence prononcée par Irwin Molineux dans le film « Drôle de drame » de Marcel Carné.

 

10.

« la voilà qui palpite » [Cioran] - Qui ça ? - La fatalité, oui, la fatalité à tête humaine, à yeux d'rapace, à dents d'loup, à main d'sang.

 

11.

Or donc la fatalité palpite comme un feuilleton qui attend sa suite, la fatalité, dressée comme un seul homme quand il se croit plusieurs,

 

12.

Or donc la fatalité « se dresse devant moi » [Cioran] façon statue du Commandeur ou spectre du placard à cadavres.

 

13.

Dressée comme un chien d'attaque ou une table aux mets empoisonnés, la fatalité « m'écrase de toute la vie que je lui ai donnée. » [Cioran]

 

14.

Je conçois de cette tangible fatalité que nos abstractions sont des golems qui à force d'errer dans la ville finissent par nous retrouver.

 

15.

Car nos abstractions finissent golems, robots, clones, ultra-humains et finiront par nous dévorer façon Saturne mal évidemment.

 

16.

Ainsi le souffle passa sur la boue et de cette boue il fit des êtres auxquels pour faire n'importe quoi il ne manquait plus que la parole.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 3 septembre 2016.

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES SPECULATIVES
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