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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 02:17

NOTES SUR LE SONNET DES VOYELLES A L'AUTRE ARTHUR LÀ

 

ARTHUR RIMBAUD : VOYELLES

 

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,

Je dirai quelque jour vos naissances latentes :

A, noir corset velu des mouches éclatantes

Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

 

Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,

Lance des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;

I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles

Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

 

U, cycles, vibrements divins des mers virides,

Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides

Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux,

 

O, Suprême Clairon plein des strideurs étranges,

Silences traversés des Mondes et des Anges :

- Ô l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! - »

 

(Arthur Rimbaud)

 

1.

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,

Je dirai quelque jour vos naissances latentes »

(Arthur Rimbaud, « Voyelles »)

 

Arthur poète i comance par atribuer des couleurs au voyeles au A i balance le noir car qand on dit ah on ouvre la bouche et c'est tout noir.

 

Après Arthur dit le E il est tout blanc et c'est vrai que l’œuf au pluriel ça fait des E tout blancs comme le loup d'la phrase.

 

Le i pour Arthur il est tout rouge que c'est vrai que qand on chatouille une fille elle pousse des i i ih pis meme qele devient toute rouge

 

Et le U Arthur le voit vert, vert comme le roi Arthur dans son château d'Irlande qu'est toute verte aussi.

 

Ou alors U comme le rayon U, U comme le rayon vert, U comme le fer à cheval, U comme l'aimant et U donc mon âne de songe !

 

Le O à Arthur il est bleu, bleu come les ronds de fumée que dieu envoie dans le ciel qand il fume ses havanes dans une chanson à Gainsbourg.

 

Arthur i rêve des couleurs des voyeles, en imagine les « naissances latentes » on diré qu'les voyeles cé des papyons sortan d'la chrysalide.

 

Ou alors des langueurs fascinantes qu'les voyeles à not' belle langue françoise zauré mis des siècles à être si belles.

 

A être si belles que la langue c'est comme un miroir même qu'il serait pas muet qu'il est plein de choses à nous dire qu'on s'voit dedans.

 

2.

« A, noir corset velu des mouches éclatantes

Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

 

Golfes d'ombre »

(Rimbaud)

 

Après Arthur i lui flanque au A un « noir corset velu des mouches éclatantes » qu'dans ma caboche j'la vois géante la reine des mouches.

 

Arthur c't'un génie il invente des sons (comme Jimi Hendrix) et voilà qu'du A s'envolent des mouches toutes bombinantes.

 

Les mouches du A font comme toutes les mouches et tournent autour des cadavres et des « puanteurs cruelles » que je vous laisse imaginer.

 

Arthur il est visionnaire il voit aussi des « golfes d'ombre » dans les A que moi j'y ajoute les bouches ouvertes sur des cris muets.

 

3.

« E, candeurs des vapeurs et des tentes,

Lance des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles »

(Rimbaud)

 

Avec le E Arthur nous jette du blanc aux yeux des « candeurs » des blancheurs vapeurs brumes fumées blanches et qui c'est-y qui fume ?

 

Je sais pas trop pourquoi Arthur associe « vapeurs » et « tentes », verrait-il du bivouac dans la vallée des syllabes ?

 

En tout cas, il le voit nordique le E, Arthur, droit comme un glacier, fier de même, levant la lance, sentinelle des « rois blancs »…

 

Les « rois blancs » d'on ne sait quel royaume oublié j'me songe avec des sagas longues comme des chevaleries fantômes…

 

On dirait quelque fantaisie pour un conte d'hiver genre le retour du chevalier tout spectre et gelé sur son cheval aux naseaux de vapeur.

 

Voyez l'tableau ? Des tentes, des lances, des rois, qu'à mon avis il se prépare quelque bataille dans la phrase que ça m'étonnerait pas.

 

Puis ça frissonne dans les sphères qu'elles font les petites fleurs, les « ombelles » qu'ça s'appelle petites sphères elles E nous os songeur.

 

4.

« I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles

Dans la colère ou les ivresses pénitentes »

(Rimbaud)

 

Puis Arthur i pourpre les i, çafé sanglan cracha évidamant tandis que « les lèvres belles » rient si vif qon diré ma sœur à une plaisanteri.

 

Arthur i cinoche i fait du gros plan sur les « lèvres belles » et pis ouvertes et pis rieuses car Arthur il a l’œil qui détaille.

 

Arthur quand il écrit tout ça qu'est génial c't'un tout jeune homme quand même i pense aux lèvres belles aux filles aux corps non

 

Le i c'est le cri, çui d'colère ; par contre je pige pas l'épithète « pénitentes » qu'il flanque à « ivresse » qu'ça oxymore drôle non ?

 

Ducoup le i sûr qon l'imagine rouge du rouge de la grande dame rouge qui s'élève dans le couchan & don l’œil se lève & don l’œil se baisse.

 

Pis quele est droite come un i come une tour ou un dragon rouge que moi ça m'fait bizar l'expression dragon rouge pas beau pervers criminel.

 

5.

« U, cycles, vibrements divins des mers virides »

(Rimbaud)

 

Dans les « Voyelles » à Rimbaud, il y a un vers fabuleux qui me fait penser à la musique répétitive, aux sons cycliques des synthétiseurs.

 

C'est le rythme binaire du vers qui m'y fait penser au synthétiseur : « U cy - / - cles vi - / -brements / divins / des mers / virides ».

 

Avec ça qu'l'Arthur i vous met « vibrements » à la place de « vibrations » et du « v » et du « i » plein la séquence rythmique du vers.

 

Les « vibrements divins des mers virides » à Arthur, c'est du peint, c'est du médiumnique, c'est d'la vision moi j'dis façon art brut.

 

6.

« Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides

Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux »

(Rimbaud)

Aux cycles du U Arthur il flanque la « paix des pâtis semés d'animaux » que ça m'rappelle les vaches de la pochette d'un disque à Pink Floyd.

 

J'sais plus où dans Borges j'ai lu un vers évoquan la « paix des champs » ptetmem la grande paix des champs mais yavait pas d'vaches dedan.

 

Les vibrements d'la mer viride pis les pâtis à bestiaux c'est d'la nature qu'aussi il y a la pensée de la « paix des rides que l'alchimie ».

 

C'est que l'alchimie les grands secrets la pierre philosophale et tout ça ça fait étudier les « fronts » qu'ils en sont tout « studieux ».

 

La « paix des rides » & le son U on voit pas trop le raport que j'aibo m'rider le front & pousser des Uh Uh qu'j'en ai pas l'air plus malin.

 

L'alchimie qui « imprime » c'est bien vu ça qu'on pense à des grimoires à des laboratoires secrets et des arcanes et des cabalistiques.

 

Je crois bien que dans tout ce fatras philosophal il y a le mot cornue non que ça sonne en U qu'il est peut-être là le rapport mais bof.

 

7.

« O, Suprême Clairon plein des strideurs étranges,

Silences traversés des Mondes et des Anges »

(Rimbaud)

 

Arthur il consacre un second tercet tout entier au O qui fait comme un cercle qui lui évoque du « Suprême Clairon » à « strideurs étranges ».

 

C'est marrant comme il aimait trouver des sons Arthur, « bombiner », « vibrements », « strideurs », qu'on dirait qu'il joue d'la langue comme Jimi Hendrix jouait de la guitare électrique en la faisant bombiner sa pleine de vibrements aussi strider étrange.

 

Le O c'est ossi une porte qu'Arthur i dit come ça qu'des « Mondes et des Anges » la traversen et moi j'dis come nous traversent les spectres.

 

Ça fait pas un pli que les spectres nous traversent qu'à chaque instant ils nous emportent un petit bout de nous qu'on finit tout émietté.

 

8.

« - Ô l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! - »

(Rimbaud)

 

Le sonnet des Voyelles Arthur il le termine en évoquant on ne sait qui qui aurait du « rayon violet » plein les mirettes c'est mystérieux.

 

C'est vrai qu'avec des O on peut figurer une face, une bouche, des yeux et puis la boucle du temps serpent qui se mord la queue.

 

Le serpent qui se mord la queue qu'ça fait cercle du temps l’Ouroboros qu'il s'appelle mais qu'il jouât du Clairon voilà qu'est curieux.

 

Le sonnet des voyelles i commence par le A de l'alpha puis il se termine par le O de l'oméga que ça fait tout de même bien grec tout ça bizarre.

 

Arthur flanque à la fin d'la majuscule partout au « Suprême Clairon » aux « Mondes » aux « Anges » à « l'Oméga » & à « Ses Yeux » d'on n'sait.

 

Tout ce majuscule à la fin des « Voyelles » et la personnification « Ses Yeux » ça fait genre qu'il y a soudain dans le réel plein d'esprits.

 

Ses « Voyelles » à Arthur ce sont des charmes ; elles sont pas seulement toutes en couleurs qu'elles déversent des esprits plein le réel.

 

Du coup je songe que la langue est pleine de dieux ; écoutez comme ils jaillissent si bavards de nos bouches.

 

Ou alors la langue est comme un immense poisson dont on ouvre le ventre pour en faire jaillir une infinité de poissons de toute taille et de toute férocité.

 

Je ne dirai pas que la langue est pleine de dieux qui jaillissent comme des diables de leur boîte car il n'est pas vrai que tout ce que nous disons est diablerie.

 

Je ne dirai pas non plus que la langue pond des dieux que ça nous ferait la bouche en cul de poule mais que tous nos dieux ne soient pas autre chose que des mots communs, des syllabes, des phonèmes, ça ne m'étonnerait pas plus.

 

Les dieux ne sont pas autre chose que leur nom.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 septembre 2016.

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans FASCINATIONS RIMBALDIENNES
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