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PRESENT D'EFFONDREMENT ET FUTUR DE VANITE
I) PRESENT D'EFFONDREMENT
"On nous tient des chevaux en main sûre aux faubourgs ;
Et je sais un vieux mur qui tombe tous les jours (1) :
Nous pourrons aisément sortir par ses ruines (2)."
(Corneille, L'illusion comique, Acte IV, Scène 6, vers 1219-1221)
(1) Ce présent me plaît qui exprime le lent effritement d'un "vieux mur". J'appellerais bien cela un "présent d'effondrement" mais les agrégés de grammaire et l'ensemble de la cuistrerie
du beau langage pourraient me le reprocher (notez que je distingue ici les deux corporations puisque l'on peut bien être cuistre sans être grammairien, et même être grammairien et aimer la
plaisanterie).
(2) Que ce "présent d'effondrement" permette l'évasion d'Isabelle et de Clindor, de Lyse et de son geôlier, me ravit, évidemment.
II) FUTUR DE VANITE
"Je n'écouterai plus cette humeur (1) de conquête" (Corneille, L'illusion comique, Acte II, Scène 4, vers
425)
1) "Ecouter ses humeurs", c'est peut-être prêter attention à cette rumeur de ce que l'on nomme "âme". Bah ! Ce n'est jamais que l'indifférent frou-frou de
l'écume.
2) Voilà donc Matamore qui prétend renoncer à son appétit de conquête. Cependant, n'étant conquérant de rien, il ne renonce à rien d'autre qu'à la grandiloquente affirmation de sa
matamoresque identité.
Du reste, j'ai parfois l'impression de vivre un présent d'effondrement, effectivement, tandis que de fort bonnes âmes continuent à nous bercer des illusions d'un futur de vanité, je le
crains.
Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 octobre 2007