Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 21:14

A MOINS QUE TOUT

 

1.
Peut-on imaginer une biographie qui commencerait par l'incipit suivant : "Mon père, tu es l'alcoolique le plus élégant que j'ai jamais connu." A mon avis, ça m'étonnerait.

 

2.
Je pense qu'à l'approche de la mort, la consolation de l'art ne sert à rien. On s'en fiche bien alors de Rembrandt. Ce qui compte peut-être, c'est l'Autre, celui, celle que l'on a toujours aimé(e), avec qui on a partagé sa vie. Mais même de l'Autre, je n'en suis pas si sûr. C'est sans doute pour ça que l'on a inventé Dieu, pour que les mourants ne meurent pas en disant : quelle connerie !

 

3.
Un seul être manque au fantôme, lui-même.

 

4.
Moins je vois de gens, mieux je me supporte.

 

5.
A ce niveau là, c'était plus une gueule de bois, mais une gueule de cendres.

 

6.
Avant que je ne sais plus qui affirmât qu'un dessinateur devait savoir croquer la chute du couvreur avant qu'il se fracassât au sol, je suppose que l'on a pu dire qu'un dessinateur devait savoir croquer la chute de la tortue avant qu'elle fracassât la tête d'Eschyle, et, à l'origine, qu'un dessinateur devait savoir croquer la chute de l'Ange avant qu'il tombât ouille in the houille, ouille in the hell. 

 

7.
"Le venin du serpent est son fidèle compagnon"
(Henri Michaux, Contre !)

 

Le venin qu'on en trouve partout du
Venin que le réel est une poche à venin sans blague
Du venin rien souvent qu'en paroles que du
Serpent de tous les jours du certes pas si grave il
Est quand même là le venin avec sa brave tête et
Son air de pas y toucher son air d'ami
Fidèle son air de je te dis ça c'est pour toi son air de bon
Compagnon qu'on est tous pareils.

 

8.
Plus j'avance dans l'existence, plus je suis sensible aux bobos. Je vas crever bisounours. C'est ridicule.

 

9.
Fut-il un temps de lente pluie, et de lente tortue tombant sur la lenteur têtue d'un dramaturge endormi ?

 

10.
J'aurais aimé être le Professeur Bell de Joann Sfar et de Tanquerelle dans L'Irlande à bicyclette. Outre que l'Irlande a réussi à s'imposer en tant que zone mythique du monde, il est que ce bonhomme tout à fait cinoque, et plein de fantômes, a ma sympathie. En écrivant cela, j'ai conscience de mômer. Evidemment que j'môme. Suivent dans ma tête des imprécations contre les augustes à diplômes qui écrivent d'ineptes traités sur le niveau qui monte, la nécessité de la mixité sociale (quelle horreur !) ou l'économie solidaire (oxymore ou plénoasme ?), que je vous demande s'ils ne môment pas eux, qu'en plus ils sont dangereux, et que, tapant sur mon clavier, je me dis que certes, y en a des qui tentent de faire croire à l'opinion publique que le niveau de culture générale des nouvelles générations monte alors que j'en ai pas vraiment l'impression, moi, que ça monte, mais que si ça se trouve, ça monte quand même ; que la mixité sociale, c'est pas si mal, même si, moi, moins je vois les gens, mieux je me supporte, et que l'économie solidaire, c'est un progrès par rapport à ces banques si rapaces, dans le genre que j'ai vu ce matin, lundi 29 juillet 2013 sur une chaîne d'infos continues de la télé, qu'aux Etats-Unis, une brave américaine rentrant de vacances dans son américain home, sweet home, constate que sa serrure a été changée et qu'on a l'a vidé, son home, de quasi tous les meubles, qu'elle apprend ensuite que c'est une erreur, que c'est la maison du voisin qui aurait dû être légalement cambriolée, que cette brave américaine, elle se tourne alors vers la banque en question (The First National Bank,i paraît, qu'ils ont dit à la télé, que moi, déjà, The First National Bank comme nom, ça me fait rire tant ça fait prétentieux), vers la banque en question alors qu'elle se tourne, notre victime, que first et nationalement, la banque, elle l'envoie sur les roses, notre américaine, qu'elle apprend même que certains de ses biens ont déjà été vendus, et qu'il paraît même que c'est tout juste si ses interlocuteurs bancaires ne la soupçonnent de je ne sais quelle tentative d'escroquerie, qu'elle en est pour ses frais, notre brave américaine, qu'il lui faudrait sans doute un avocat comme on en voit au cinéma (intelligent, malin comme en songe, volontaire et désintéressé) pour qu'on reconnaisse son bon droit et la dédommage. A moins évidemment que tout ça soit du storytelling.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 29 juillet 2013

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Recherche