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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 12:24

AU CREPUSCULE EN ULULANT

 

1.
Quand en songe je vois des singes, en général, le matin, je mange des bananes, ou de la confiture d'abricots, ou du pâté de campagne.

 

2.
Parfois, pour fixer le réel, je lance des épingles en l'air, et je finis envoûté.

 

3.
J'ai bien une collection de tigres, mais pour les dompteurs, j'ai renoncé. C'est qu'ils m'en ont bouffés des tigres, les dompteurs.

 

4.
Je ne sors pas sans mon violon invisible, avec laquelle je me joue des airs inaudibles. Du coup, personne ne s'aperçoit de rien.

 

5.
J'ai dû administrer un calmant à mon ombre; c'est qu'elle était trop nerveuse aussi; j'ai même cru qu'elle allait échapper mon être.

 

6.
Le surréalisme n'est pas soluble dans la multitude. Il faut être réaliste, et c'est bien triste.

 

7.
Quand je passe la nuit à la moulinette, c'est que je me fais une soupe de songes, sachez-le.

 

8.
Quand on prétend parler des autres, franchement, on fait de la science-fiction.

 

9.
Dans Camus, "l'homme absurde comprend", ce qui est déjà un exploit, et même un début de reconnaissance.

 

10.
Parfois, je déchire les lézards qui me passent sur la peau. Ils se recomposent alors ailleurs dans l'ombre des tableaux.

 

11.
Celui qui cause des moulins de son coeur doit avoir le palpitant dans un drôle d'état.

 

12.
Quand mon assiette ouvre l'oeil, c'est que les frites doivent être dorées et croustillantes à souhait.

 

13.
Ce qui est ennuyeux avec le spectre du pirate, c'est qu'il laisse son perroquet faire des saletés partout. Faudra que je lui en dise deux mots.

 

14.
L'avantage du chien fantôme, c'est qu'il éloigne les spectres de la cambriole. Par contre, elles dégringolent des toiles fantômes, les araignées du réel.

 

15.
Lorsque je vois filer truites et saumons dans la blancheur de la nappe, je sors ma canne à pêche et ma cape d'enchanteur: le rituel peut commencer.

 

16.
Cette nuit, l'oeil était poché. Le fantasque a bien dû se battre avec quelque réel.

 

17.
A force de lui en toucher deux mots, j'ai les doigts pleins de syllabes.

 

18.
Des fois, quand je m'interroge, j'aurais bien besoin d'un traducteur.

 

19.
Officiellement, ma position spatio-temporelle est claire; officieusement, c'est un mystère.

 

20.
Parfois, je me laisse pousser une moustache et une barbe invisibles, et je m'envole au crépuscule en ululant Landru Landru Landruuuu.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 13 mars 2014

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