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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 18:33

AU PETIT BONHEUR DU JOUR

 

1.
"se foutre du monde et d'ailleurs" : jolie expression entendue dans une chanson de Jean-Louis Pick, la même chanson qui dit aussi "j'ai retrouvé la cassette / Où tu me dis je t'aime..." Cela me ramène via l'illusion de la mémoire à ces autres illusions, celles des journées d'il y a belle lurette - la Belle Lurette, celle qu'on finit par perdre - où j'arpentais les rues de Lille en me demandant qui j'ose aimer (j'étais bien benêt alors).

 

Note : J'apprends par le net que Jean-Louis Pick est l'un des fondateurs de la très bonne chaîne Télé Melody. Et puis, Jean-Louis Pick, à la fin des années 70, début des 80, chantait une bien bonne chanson : "Rue Des Longues Haies" qu'elle s'appelait.

 

2.
"croire au bonheur du jour" : expression qui a l'air si commune que je m'étonne de ne pas la rencontrer plus souvent. C'est dans une chanson interprétée par Catherine Ferry que j'entends ça ("Elle me dit bonjour, bonjour", nanani nananour, "Elle croit au bonheur du jour") (1). Par pure association d'idées, "croire au bonheur du jour" me fait penser à café noir, croissants, aussi à l'expression "déjeuner de soleil" qui me renvoie de même à café noir, croissants. Et au-delà de ce café noir, croissants, une cigarette et le n'importe quoi plus ou moins intéressant du jour à passer.

 

(1) En fait, il n'y a pas de paroles entre "Elle me dit bonjour, bonjour" et "Elle croit au bonheur du jour", mais j'aime bien nanani nananour, alors je laisse.

 

3.
Dans la chanson "Aux premières jonquilles" (est-ce bien son titre ? Vous savez c'est la chanson qui dit des jonquilles aux dernier lilas), le narrateur est d'abord fusillé, puis fourché par le papa de son amoureuse, puis noyé. J'en conclus donc qu'il est mort, et que c'est son fantôme qui fait tout le reste qui est dit dans la chanson et que j'ai pas bien entendu parce que j'étais en train de me dire que s'il a été fusillé, puis enfourché, puis noyé, comment donc que ça se fait-il que.

 

Note : Le titre de cette chanson est "Des Jonquilles Aux Derniers Lilas". Les auteurs en sont Frank Thomas et Jean-Michel Rivat ; le compositeur en est Maurice Dulac.

 

4.
Dans le vidéo clip qui accompagne "Knock On Wood", pièce disco gigotée par Amii Stewart, la dite Amii Stewart porte un bretzel sur la tête. C'est très curieux.

 

5.
"Lui montrer le grand trou qu'il me faisait au fond du coeur" C'est dans "Le Petit Bonheur" de Félix Leclerc qu'on entend cette image (puisque les chansons donnent à entendre des images). J'aime bien. J'imagine un Félix tout malheureux avec, sur sa veste, au niveau du coeur, un trou à la place de la poche. Ce qui fait qu'il peut plus y mettre ni cigarettes, ni briquet, ni mouchoir, ni pochette, ni pochoir, ni mouchette, ni clé, ni paradis, ni petit bonheur.

 

6.
J'ai beau me dire que dans un film on a tout : images animées, comédiens épatants, actrices superbes, musiques, dialogues, effets spéciaux, décors... j'en reviens plus ou moins toujours à la chanson, et même à la chansonnette. C'est ridicule.

 

Note : Le plus ou moins toujours me caractérise bien. Je suis positivement plus ou moins toujours, du moins tant que je m'agiterai sur cette terre.

 

7.

 

"Et l´on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l´on se sent floué par les années perdues
Alors vraiment... avec le temps... on n´aime plus"
(Léo Ferré, Avec Le Temps)

 

"Alors vraiment... avec le temps... on n'aime plus." Ce dernier vers du célèbre "Avec le Temps" de Léo Ferré est un lance-flammes : il brûle tout "l'amour toujours" qui tissa tant de niaiseraies. Quant à "Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard", il flatte mon grand égoïsme. Du reste, j'ai tellement peu envie de me disputer, ne serait-ce que cinq minutes, avec quiconque, que l'idée même de l'inévitable querelle, chamaillerie, dispute, malentendu qui ne manque jamais d'arriver, et même - ô horreur ! - de se reproduire à partir du moment où l'on cesse d'être seul à seul avec son squelette pour cohabiter avec cet étranger que l'on appelle mon amour, ma chérie, mon trésor, ma cocotte en sucre, et pour qui on a un peu battu la campagne, me décourage.

 

8.
"On s'est aimé comme on se quitte
Tout simplement sans penser à demain"
dit une chanson populaire fameuse ("Salut Les Amoureux", et c'est Joe Dassin qui nous l'assena celle-là).
"Sans penser à demain" : c'est bien là le problème. On ne pense jamais assez à demain. Demain, ce géant qui vient et dont nul ne sait s'il va nous hisser sur ses épaules ou nous écraser.

 

9.
"Et quand tu me fais l'amour / Est-ce que tu fais vraiment l'amour ?" chante Johnny Halliday. C'est avec ce genre de question que l'on finit par échouer dans un bar à mélancoliser devant sa bière.

 

10.
Il y a un côté spectacle de marionnettes dans ce défilé de chanteurs, chanteuses qui ont fait l'histoire de la chanson. Pantins de gloire, serineurs de sornettes, donneurs de leçons, tous ont cependant une vie à eux, avec ses drames et ses coups. Et il est aussi qu'avec le temps, certaines chansons qui, à force de fréquenter assidument les ondes, avaient fini par nous gaver, revenantes, nous semblent plus intéressantes qu'on l'avait cru d'abord.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 30 mars 2013

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