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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 00:52

AU VOL DE L'ANGE DANS SA CHUTE

 

1.
Tiré de René Char :"Tellement j'ai faim"; "que le mal demeure sans relève"; "scrupuleuse solitude" (cf "Vivre avec de tels hommes").

 

2.
"Tellement j'ai faim"... sans déconner, j'en boufferais de l'autre, ou du bon dieu en tranches...

 

3.
"que le mal demeure sans relève"... qu'il remonte pas sa gueule du marais brun... qu'il revienne pas débiter ses bottes dans nos rues...

 

4. J'aime l'idée d'une "scrupuleuse solitude". Celle de ceux qui savent que l'on ne doit pas tout dire, pas trop se montrer, se faire ombre.

 

5.
Tiré de René Char: "C'est cet incendie de la lune"; "où le diable nous a fixé"; "d'insectes tirant mille traits" (cf "Feuillets d'Hypnos").

 

6.
A la lumière de cet incendie sans flammes, la lune, voyez, nous nous consumons à petit feu.

 

7.
Nous sommes où le diable nous a fixés, et nous enquêtons sur les anges.

 

8.
Musique striée, patience énervée "d'insectes tirant mille traits" de couleur aigue, lancinante, rauque et sombre, étalée sur le couteau de la toile.

 

9.
Dans le bref initial de "Partage formel", de René Char, la séquence "puissances magiques et subversives du désir" agite sa féérie symbolique.

 

10.
Tiré de René Char: "La vitre-cloaque"; "les yeux tout-puissants"; "s'irritent".

 

11.
Le composé "vitre-cloaque", quelle trouvaille ! d'la fenêtre glauque donc, de la vision par le trou.

 

12.
Les yeux, les yeux sont tout-puissants, et jettent dans le réel des orages de regards.

 

13.
J'apprécie "s'irritent"; j'apprécie ce son bref; j'apprécie ces deux syllabes, ce couple de colère, en bout, comme un accord décisif.

 

14.
Je me demande jusqu'où peut siffler un bref ? Et un noeud de brefs ?

 

15.
La musique acousmatique regorge d'accords perdus que le compositeur a saisi au vol de l'ange dans sa chute.

 

16.
Comme la virtuosité allègre d'un vibraphoniste, comme l'élégance d'un danseur de claquettes blesse parfois quand vous l'avez lourd dans la carcasse, l'encaisse-mépris.

 

17.
Des fois, coeur lourd, et pis la pluie... du coup, ça gonfle...

 

18.
Bon, faut que j'filoche, y a Plumeau qu'a détruit ma toile.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 12 mars 2014

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans NOTES SUR RENE CHAR
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