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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 11:28

CHOSES, AUTRES, ET LOUISE RENNISON

 

1.
Red Sonja. La case prend la page. On y voit une jeune femme aux cheveux clairs (le dessin est en noir et blanc) chevauchant une licorne. On dirait bien qu'elle entre ainsi dans quelque château d'un moyen-âge de fantaisie. Elle est gantée et semble guerrière, genre amazone superbe. Elle regarde devant elle. En bas de page : "Story : ROY THOMAS - Art : ESTEBAN MAROTO, NEAL ADAMS, and ERNIE CHUA". Un exemple de l'art des Comics américains.

 

Source : Phénix, n°45, juin 1976, p.32.

 

2.
Drôle de bouquin : "Bouquet final en forme d'hilaritude" sous-titré "Le Journal intime de Georgia Nicolson". L'auteur est une certaine Louise Rennison. C'est une Anglaise traduite par Catherine Gibert. C'est la collection Scripto, de Gallimard, qui a publié ça en 2010. C'est de la littérature pour adolescents, pour jeunes filles et garçons rêveurs. Le curieux, c'est le style. Partout de la trouvaille. Je cite au hasard :
 

- "Je reconnais le chou de la chose et ainsi de suite." (p.145)
- "Tutta seulabre dans mon coin pour cause de potesses parties giguer le slow version encollée avec gus de compagnie, ..." (p.111)
- "Détiens-je ?
    Vérif en miroir."
(p.196 [Là, on frôle la poésie contemporaine, non ? Note de moi-même])
- "Mutti en vocifération :
    - Georgia c'est pour toi." (p.77)
- "La dirlo en réponse à ma frappe de lourde  :
    - Entrez.
    Oh, Notre Seigneur." (p.167).

 

Des fois, c'est maladroit, c'est lourd (p.196 "taux de beautitude hors norme" ; et pourquoi répéter tous ces mots allemands : "und", "Mutti", "Vati" et même p.270 : "Aboule le bécot et possiblement le rummachen unterhalb der taille." [oh!] ?)
Apparemment, Louise Rennison a sur la toile des qui la citent de fans.
Si vous aimez la littérature, pas pour vous ce bouquin.
Si vous aimez la littérature, je vous le conseille, ce bouquin. Il est marrant. Moi évidemment, j'apprécie, même si, comme d'habitude, je le lis façon puzzle, picore, confettis. J'apprécie, mais j'ai mauvais goût. Je revendique.

 

3.
Entendu sur France Culture dans une émission sur Albert Einstein que parmi les perles récentes - et en général plus ou moins authentiques - des concours, on trouva :
"Albert Einstein est un physicien célèbre pour tirer la langue." Ou quelque chose comme. Rit-on ? On a tort. C'est très juste, qui souligne à quel point, Einstein n'est pour nous qu'un nom, qu'une image, et que nous serions bien en peine, pour la plupart d'entre nous en tout cas, d'expliquer en quoi consiste son génie.

 

4.
Entendu aussi une dame évoquer avec admiration le fait que la pratique d'un instrument serait beaucoup plus présente dans l'enseignement allemand que dans le nôtre. Ô nous barbares ! et c'est sans doute pour cela qu'elle est si mauvaise, leur musique.

 

5.
"L'hyperbole consiste à exagérer : soit en augmentation (auxèse : aller plus vite que le vent), soit en diminution (tapinose : plus lentement qu'une tortue)."
(Roland Barthes : L'Aventure sémiologique, Seuil, 1985, p.159).

 

a) Auxèse et Tapinose feraient deux façons de Bouvard et Pécuchet : l'un exagérant tout, et l'autre minorant.

 

b) Le lyrisme, de l'auxèse, il en use et abuse :

 

"Tu ne me veux pas en rêve,
Tu m'auras en cauchemar !"
(Tristan Corbière, Elizir d'amor)

 

Alors que bon, la plupart du temps, les autres ne sont ni "rêves", ni "cauchemars". Ce sont des contingences, des prétextes affectifs, des façons de passer le temps, des repères, des impératifs, des nécessités, des utilités. Remarquez qu'il y a tout de même les faits divers, ces moments où l'autre, soudain, incarne le cauchemar (tueur en série, assassin sans scrupules, chauffard, délinquant sexuel, tyran domestique...).

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 14 août 2013 

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES SPECULATIVES
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