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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 07:50

D'AUTANT PLUS QU'ILS SE MOQUENT DE NOUS
En parcourant La Maison de Claudine, de Colette.

 

1.
A homme lunatique, femme énervée.

 

2.
Le vent est sans colère, mais il est très consciencieux.

 

3.
Ironie est le nom de celle-là pour qui travaille le destin. Sinon, ce serait purement gratuit.

 

4.
"Droite, éclatante, comme une rose épineuse"
(Colette, La Petite Bouilloux)
Une farouche, une beauté à pas s'en approcher, l'oeil noir, le cheveu batailleur, une franchise qui passe, une franche farouche quoi, de ces êtres dont parfois plus tard, en y repensant, on se demande ce qu'ils ont bien pu devenir, et si l'âpreté supposée de leur caractère ne leur a pas valu bien des jours de tourment. Et puis on soupire, et on replie son journal.

 

5.
A force de bouffonner, on finit biffé.

 

6.
Ce n'est pas en lançant des pierres que l'on élève un mur.

 

7.
Le vent dévêt, ne laisse que squelettes, met le néant à nu.

 

8.
"car sa fierté de belle créature"
(Colette, La petite Bouilloux)
La fierté sied à la singularité de la beauté. Une beauté humble tient de l'oxymore.

 

9.
"C'est curieux de voir le temps..."
(Colette, Ma mère et les livres)
Oui, voir le temps, cela doit être curieux. Il est pourtant devant notre nez, l'invisible.

 

10.
Nous n'avons jamais que des preuves du temps. Et des épreuves.

 

11.
"Vous ne pensiez pas qu'un chat mangeât des fraises ?"
(Colette, Ma mère et les bêtes)

Mais si, il suffit d'y penser. Je ne vois pas ce qui pourrait empêcher qu'un chat mangeât des fraises. J'ai bien connu un chien qui mangeait des pommes et une tête à claques qui se prenait des tartes. Ce qui serait plus curieux, c'est qu'une fraise mangeât un chat. J'imagine l'ultime miaou de détresse d'un pauvre matou enfoncé dans l'énorme muqueuse rouge et sucrée.

 

12.
Ecidemment, je ris à l'avance de ce que quelque universitaire imbibé de psychanalyse pourrait écrire du bref précédent.

 

13.
"Tu es assez intelligente pour garder pour toi ce que tu comprendras trop..."
(Colette, Ma mère et les livres)
Du reste, le réel n'aime guère que l'on en sache trop. Après, je suis assez certain qu'il cherche à nous éliminer.

 

14.
Le temps travaille toujours pour nous. Il finit par nous dispenser.

 

15.
"Beaux livres que je lisais, beaux livres que je ne lisais pas..."
(Colette, Ma mère et les livres)

 

16.
"des cheveux à la chien qu'on a coupés"
(Colette, Ybanez est mort) :
Il s'agit des cheveux des adolescentes, des cheveux de minettes.

 

17.
On devrait donner le nom de Colette à un miracle.

 

18.
Rire, c'est défier le néant.

 

19.
Rire, c'est fatalement se moquer d'un imbécile. Quand bien même il serait à mille lieues de nous, quand bien même nous ne nous l'aurions jamais rencontré, et dont nous ne saurions absolument rien, en riant, nous flanquons une gifle à cet imbécile là quelque part. C'est ce que ne comprennent pas les politiques. C'est que nous rions d'eux, d'autant plus qu'ils se moquent de nous.

 

20.
J'aimerais mourir dans un éclat de rire. Et l'on dira : "Ah tiens, il est mort comme il n'a pas vécu."

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 mai 2013

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