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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 06:03

DES SOUFFLES SECRETS

 

1.
Tiré de Orlando de Rudder: "des danses effrénées"; "être de cette espèce curieuse"; "courir toujours derrière sa bête" (cf Le Tempestaire, Robert Laffont, 1984, p.122).

 

2.
L'expression "danses effrénées" me fait penser à l'adjectif "frénétiques", aux secousses de corps tordus par une paramusique.

 

3.
"être de cette espèce curieuse": qu'une lettre change, et voilà qu'elle n'est plus seulement curieuse, mais aussi furieuse, murmureuse, injurieuse.

 

4.
Parfois, on court longtemps après sa bête, qu'on prend pour un ange - elle est si mignonne - et derrière nous, notre ombre qui court après nous.

 

5.
Tiré de Orlando de Rudder: "Cette rivière est très vieille."; "les mots renaîtront"; "Le curé, quelque peu déguisé..."(cf Le Tempestaire, Robert Laffont, 1984, p.71-72).

 

6.
Dans les romans, il est rare d'évoquer la vieillesse des rivières; et pourtant, elles ne sont pas nées de la dernière pluie, les coureuses.

 

7.
Linguistiquement, la résurrection promise par l'Eglise ne manquera certainement pas d'intérêt.

 

8.
Un curé "quelque peu déguisé" ? - C'est pas un pléonasme, ça ?

 

9.
Dans son excellent roman "Le Tempestaire", Orlando de Rudder évoque la rivière Aunoïse qui "redit nos paroles, avec lenteur, de telle manière qu'on ne les comprend plus." Si la nature est un livre, il nous plagie, bien sûr, et dans une langue qu'on peut point piger, une langue qu'existe pas.

 

10.
Tiré de Orlando de Rudder: "avec un regard humble qui fut féroce"; "tendre des pièges aux hommes comme aux bêtes"; "l'échine souple de l'étrange bestiau" (cf Le Tempestaire, Robert Laffont, p.125).

 

11.
Quand soudain, au détour d'un clin, d'un angle, d'une lassitude, l'oeil de l'autre vous apparaît tel qu'il est, vous y décelez alors cette vieille férocité des sauriens originels.

 

12.
Dans sa pipe et sa fumée spéculative, Holmes songeait que tendre des pièges aux bêtes avait dû inspirer bien des chasseurs lorsqu'il s'était agi de tendre des pièges aux hommes.

 

13.
Quelle est cette échine souple qui file sur la façade ? Quel est cet étrange bestiau noir qui s'approche de la fenêtre ? C'est fantômas, déguisé en Irma Vep, déguisée elle-même en chat noir, lequel se met à miauler à la fenêtre comme s'il voulait rentrer chez lui.

 

14.
Tiré de Orlando de Rudder: "regarder le ciel en écrivant des choses"; "comme un souffle secret"; "parler toujours sa langue". (cf Le Tempestaire, Robert Laffont, p.15, 30, 66).

 

15.
Un scribe est celui qui "regarde le ciel en écrivant des choses", son ciel, unique, qu'il est le seul à déchiffrer.

 

16.
Le réel est plein de souffles secrets aux secrètes syllabes, et qui, à notre insu, décident de nous.

 

17.
Nous ne nous comprenons radicalement pas, chacun "parle toujours sa langue", qu'il croit maîtriser, alors que c'est elle qui.

 

18.
A moins d'une dictature basée sur le rationnement des ressources et le contrôle écologique de tous par tous, je ne vois vraiment pas comment, à l'avenir, nous pourrons concilier surpopulation et développement.

 

19.
Vous verrez que ce sera au nom de l'intérêt général que l'on finira par nous rationner l'eau, le gaz, la possibilité de circuler, la nourriture. Il y a déjà tant de penseurs qui, mine de rien, avec un sourire très humain, font l'éloge d'un monde du partage, du rationnement, du contrôle de tous par tous, du care.

 

20.
La philosophie du care me fait peur. On commence par veiller sur quelqu'un et on finit par lui dicter sa conduite.

 

21.
"Chacun parle sa propre langue, quel que soit l'idiome."
(Orlando de Rudder, Le Tempestaire).

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 décembre 2013

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans ORLANDO DE RUDDER
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