Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 21:32

ET MOI COGNE-DANS-L'VIDE

 

1.
"Il se frappe le crâne, toc ! toc ! toc !... ça sonne creux d'os..."
(Céline, Le pont de Londres, folio n°230, p.175)

 

Il est tout embêté
Se remue la neuronale nébuleuse, se
Frappe le point d'interrogation,
Le ciboulot lui bout, le
Crâne le tempête,
Toc ! Y a quelqu'un ?
Toc ! Y a personne alors ?
Toc ! Excusez-moi, je croyais qu'il y avait quelqu'un...

ça répond pas là-dedans,
Sonne vide, un long ah dans la tête...
Creux, melon cosmos évidé... creux
D'os, le néant souffle dedans, ça fait pffffff.

 

Note : le "Y a quelqu'un- Y a personne alors ? - Excusez-moi, je croyais qu'il y avait quelqu'un", je l'ai piqué à un auteur, c'est sûr, mais lequel ? - Mystère et patatras.

 

2.
"voilà une panique qui nous reculbute sur le trottoir"
(Céline, op. cit., p.316)

 

Voilà-t-y pas que ça nous retombe dessus,
Une furie fonceuse, une
Panique de grêle, tout un patatras
Qui sautille sur les toits en petits points blancs,
Nous valdingue pis nous
Reculbute, nous qu'on est nains,
Sur l'immense géographie qu'on fuit,
Le ciel tout noir se jette sur le
Trottoir... coup d'grise gueule... le ciel tombe.

 

3.
"et puis il grince sur le théâtre..."
(Céline, op. cit., p.175)

 

Et rideau tombé, public parti, il s'avance...
Puis après avoir contemplé son crâne familier,
Il cassandre il apostrophe il dit grec et digresse
Grince et chuinte et Shakespeare et Ghelderode...
Sur la scène, il évoque les mondes,
Le spectre ; c'est que, depuis le temps, tout ce
Théâtre hanté lui est rentré dans la présence.

 

4.
"Je frappe à la grêle comme il veut !"
(Céline, op. cit, p.249)

 

Je frappe puisque j'suis frappeur,
Frappe, j'ai l'esprit pour,
A poings fermés, dents serrées,
La hargne me la déclenche, la
Grêle des coups, je frappe, frappe, frappe,
Comme si je pouvais l'atteindre, mais
Il s'esquive, se défile, fiche son camp de fumée,
Veut taureau d'vent faire corrida et moi cogne-dans-l'vide.

 

5.
"Elles me forcent à regarder dans les glaces..."
(Céline, op. cit. p.200)

 

Elles - ah les sorcières ! -
Me naviguent façon tempête sous un crâne, me
Forcent la comprenette, me poussent
A m'fasciner pour d'absurdes ailleurs, à
Regarder filer les parallèles, à zieuter
Dans les bobinettes si cherrent les chevillettes, à
Les voir soudain, surgissantes dans le jeu des
Glaces, multiples et la seule aux cheveux qui sifflent.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 mai 2013

Partager cet article

Repost 0
Published by PATRICE HOUZEAU - dans CONTREVERS
commenter cet article

commentaires

Recherche