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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 11:17

J'AI BIEN ENVIE DE

 

1.
"Ville monstrueuse, nuit sans fin !"
(Rimbaud, Enfance, V)

 

Ville des tentacules s'y déploieraient
Monstrueuse avec des yeux monstres
Nuit d'encre avec des taches de clair dedans
Sans jambes qui flottent et palpitent la
Fin des rues on s'y noue, s'y étrangle.

 

Note : La crise économique fait se côtoyer une misère de plus en plus palpable et les prospérités restantes. Dans les établissements, quelque chose de malsain se prépare. Assez doucement encore, la France glisse vers la surveillance généralisée que légitimeront bientôt les nécessités de sécurité publique. Celui qui vient des patelins tranquilles entre les champs et demeure quelques jours dans la médiocrité d'une grande ville ressent vite cette macération, ce lent aiguisement des couteaux. Mais bof, peut-être que je me goure, après tout, l'état critique n'est-il pas la norme de toute activité ?

 

Note sur la note : J'ai l'air Cassandre comme ça, mais faut pas faire attention. Dans le fond, je m'en fous. C'est juste de l'humeur, et l'envie déjà de revenir chez moi. Du coup, qui veut noyer sa ville l'accuse d'être chienne.

 

2.
"Bécot mit introduction linguistique ?"
(Louise Rennison, Bouquet final en forme d'hilaritude)

 

Bécot ça veut dire d'la mouille la lèvre
Mit c'est qu'le réel c'est tout du mit avec mit mais
Introduction qu'il y faut blabla préparatoire, du
Linguistique, because rapport avec la langue.

 

3.
"pour un esprit de l'autre monde"
(in Pascal Quignard, Les Paradisiaques)

 

Pour quoi donc que je me prends des fois
Un autre plus que moi un
Esprit supérieur - quelle blague !
De si peu je suis capable
L'autre monde celui de la science le vrai
Monde m'échappe ; je reste parmi les ânes.

 

4.
"De tes noirs Poèmes, - Jongleur !"
(Rimbaud, Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs, V)

 

De hachures et de griffes
Tes petits monstres très
Noirs en rangs serrés sur la page en
Poèmes bouche ouverte et langue inconnue
Jongleur d'autres, ce vrac d'étrange.

 

5.
"Perceval salue la pucelle dont il se souvient qu'elle riait"
(Perceval ou le Roman du Graal, Chrétien de Troyes traduit par Foucher et Ortais)

 

Perceval quel nom tranche-pays ! Il
Salue car il est bien poli Perceval
La jeune fille qu'on dit
Pucelle au Moyen-Age et, la saluant, celle
Dont le visage le hanterait peut-être
Il a en mémoire qu'elle est bien jolie il
Se peut qu'elle soit vilaine je n'en sais rien il se
Souvient - ô belle bouche et dents blanches ! -
Qu'elle claire rivière d'éclats
Riait puisque le passé est plein de rires
         sans doute que le  passé se moque de nous.

 

6.
J'ai bien envie de

 

J'ai fort envie de vous envoyer au vent
Bien envie de vous ravaler dans la vallée loin
Envie de vous valdinguer de vous vouer au vide
De vous virer de mon souvenir.

 

7.
"Où, rimant au milieu des ombres fantastiques"
(Rimbaud, Ma Bohème)

 

Où, parmi les trous et tous les ouh ouh
Rimant parmi les trous d'ombre et les sombres coucous
Au lieu dit sinon si pas dit nulle part au
Milieu de ce qui est dit et dont ne sait rien sauf que
Des routes traversent ces
Ombres - il y en a une on dirait Perceval sur son cheval -
Fantastiques - une autre on dirait une main vers vous venant.

 

8.
"que personne ne peut passer avec l'espoir d'en retourner"
(in Perceval ou le Roman du Graal, Chrétien de Troyes traduit par Foucher et Ortais)

 

C'est là l'essence de tous nos instants, autant de frontières que nous passons, sans espoir de pouvoir les passer à nouveau. Ainsi nous traversons le temps, cette zone habitée entre deux no man's land.

 

9.
Qu'est-ce que le temps des chevaliers ? C'est le temps périlleux, comme s'ils avaient eu vocation, les chevaliers des romans, de prendre sur eux et le péril du monde, et le péril des temps.

 

10.
"Toi qui planes avec l'Albatros des tempêtes"
(Tristan Corbière, Litanie du sommeil)

 

Toi, mon pote l'agité d'mon bocal
Qui scribes des fantaisies pour on n'sait qui, qui
Planes d'envergure
Avec des ombres qui te tirent la langue
L'Albatros ce s'rait-y pas un peu ton blason
Des fois ? Mais dis, sans rire, les
Tempêtes, c'est pas pour toi, l'ami, t'es frileux assez non ?

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 22 septembre 2013

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans CONTREVERS
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