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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 04:28

JONGLER D'LA LUNE

 

1.
"Je sens vibrer en moi toutes les passions"
(Baudelaire, La Musique)

 

Je sens chais pas quoi tout l'temps vivre qu'c'est je
Sens bien que c'est étrange un peu tout de même vivre
Vibrer des cordes à de drôles d'instruments que j'sens

En quoi qu'ils sont faits tous ces instruments que j'sens
En mes oreilles sifflépercutent sifflépercutent
En moi ils sillonnent & fuséfizzent & tchouchouckent
Toutes les vaches en moi les regardent passer
Les vaches floues et leurs
Passions aussi passions que mes organes.

 

2.
"En rouvrant mes yeux pleins de flammes"
(Baudelaire, Rêve parisien, II)

 

Eh bé té, je me suis brûlé...

 

3.
Jongler dans la lune : Imaginer des solutions alambiquées pour des problèmes qui semblent insolubles.

 

4.
"(...) les lieues
Qui séparent mes bras des immensités bleues."
(Baudelaire, "Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne")

 

Les lieues pour les franchir macache
Les lieues qui me séparent de toi
Qui me séparent les bras de toi
Mes bras tout séparés alors mes bras
Mes bras i brassent l'air au d'ssus d'ma pomme
Mes bras qu'on dirait des zoziaux à dix doigts
Mes bras qu'j'ai peur qu'on les plombe
Mes bras loin de moi cor plus loin de toi qu'i y a comme
Des immensités entre toi et mes bras Aux
Immensités on dirait qu'ils veulent s'agripper
Mes bras aux immensités
Bleues qu'ils veulent s'accrocher pis les tirer les
Immensités comme on tire sur une nappe qu'les
Immensités alors elles valdingueraient les
Immensités qu'on la verrait la table à Dieu toute vide.

 

5.
"Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !"
(Baudelaire, La Chevelure)

 

Longtemps et quand je dis
Longtemps c'est même
Toujours que ma paluche ma pouliche que
Ma main dans ce poil que tu balances avec nonchalance
Dans ta crinière lourde mon élégante à deux jambes
Sèmera de quoi te faire scalper
Le rubis pas croyable le scarabée de bonglore
La perle aussi fine que l'aiguille du bondir
Et le saphir et le serpent en zébrures d'agour
Afin ma sardinelle mon argentine mon escarpée
Afin qu'à mon désir en forme de brochet
Tu ne sois jamais aussi rétive que l'anguille et
Jamais aussi sourde que sa roche.

 

6.
"Et que le Temps, injurieux vieillard,
Chaque jour frotte avec son aile rude..."
(Baudelaire, Un Fantôme, IV)

 

Et que le Temps passe
Et que le Temps passe
Et que le Temps passe
Injurieux ronchonneux scrogneugneux
Vieillard sans face ni fesses
Vieillard qu'est plus qu'un chiffon qui
Chaque jour le chiffon tout répandu dans l'air
Chaque jour le chiffon i
Frotte frotte frotte fait rien qu'à frotter
Avec son aile là qui bat la mesure
Rude raide la mesure
Et que le Temps passe
Et que le Temps passe
Et que le Temps passe.

 

7.
"Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire"
(Baudelaire, "Que diras-tu ce soir...")

 

Que balbutieras-tu ? quoi qu'tu
Diras ? tu diras quoi hein ? je m'le demande
Tu diras cor bien des sottises
Ce soir comme tous les soirs
Ce soir qu'tu rentreras jonglé d'la lune
Ce soir qu'tu rentreras d'chasse-spleen tangué
Pauvre lustucru pauvre mariole bien marri
Pauvre chahuté charlot enfariné fantoche
Âme balançant sa flaque d'une oreille l'autre
Solitaire comme un oeil de cyclope
Solitaire comme une selle de vélo
Solitaire comme un couac dans une harmonie
Solitaire comme un zigue sans sa puce.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 9 juillet 2013 

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans CONTREVERS
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