"Ce qui dans la mort me fait le plus peur, c'est le rien."
(Philippe Guillerme, Ce qui dans la mort..., in Vagabondages, N°47, avril 1983, p.87)
C'est le paradoxe de la mort que le rien qui nous attend nous fasse peur. C'est de rien dont nous avons peur donc. D'habitude, cette expression est employée à la forme négative: Je n'ai
peur de rien. C'est peut être la seule occurrence affirmative que l'on puisse trouver de l'expression: J'ai peur de rien donc j'ai peur de la mort. A vrai dire, ce n'est pas le rien
après qui nous fait peur, c'est le passage, le là où nous passons du quelque chose plutôt que rien au rien tout court. Ce qui nous fait peur, c'est l'extinction définitive de la
conscience, cet instant critique où voilà que notre conscience nous abandonne, nous renvoie à la pure matière, à l'inhumain, à l'horreur des indifférenciés. Ce qui nous fait peur, c'est l'extrême
lucidité avant l'extinction définitive de nos feux. Mais cette peur est-elle fondée ? Quelqu'un m'a affirmé, qui réchappa d'une embolie, qu'on aurait à peine le temps de saisir que le néant nous
fait glisser de ce monde tout plein à l'autre tout vide. Ceci dit, moi à y penser, rien qu'à y penser, je sens déjà comme un malaise qui m'le titille, l'être.
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ME FAIT LE PLUS PEUR C'EST LE RIEN
"Ce qui dans la mort me fait le plus peur, c'est le rien."
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