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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 17:00

NI SI PAS NI PAS TANT NI TANT BIEN
Brefs en jetant un oeil par ci, un oeil par là, et un autre aussi dans La nuit remue, de Henri Michaux, La bibliothèque Gallimard n°90. Citations entre guillemets.

 

1.
"En sortant, je m'égarai."

 

Du coup, je ne m'y retrouvais plus. J'étais pourtant bien là il y a un instant, non ?

 

2.
"Je resterai là jusqu'à ma mort."

 

Et plus, si affinités.

 

3.
"Je pensais, n'est-ce pas"

 

Hein que je pensais, je pensais, non ?

 

4.
"Oh ! l'eau, toutes ces eaux par le monde entier !"

 

Des fois, je me dis qu'elles complotent longuement, et qu'un jour, elles se réuniront. Et nous finirons noyés.

 

5.
"Le pianiste aux yeux de frite"

 

Qui, à chaque fois qu'il donne un concert se demande si, ce soir encore, elle va prendre, la mayonnaise.

 

6.
"tout être devenait trop vulnérable"

 

C'est-à-dire que tout être devenait ce qu'il est.

 

7.
"Maintenant, ça ne m'arrivera plus."

 

Maintenant, non, mais plus tard ?

 

8.
"L'âme adore nager."

 

Mais le corps, ça dépend. Donc des fois y a des noyades.

 

9.
"avec une pareille toupie, on ne peut dormir."

 

C'est depuis que j'ai entendu dire que le temps était circulaire, et que tout donc, que tout donc, tout donc revenait sans cesse à l'infini. Je ne sais pas pourquoi mais depuis ça me fait un drôle de fracas dans la comprenette.

 

10.
Du reste, je pose la question : L'infini, d'accord, mais à quelle vitesse ? Autrement dit, quand est-ce qu'il commence l'éternel retour ? A moins que nous revivions sans cesse le même monde, notre monde à nous, perso, synchronie dont nous sommes les fantômes.

 

11.
"Quand je l'aperçois, je me gratte avec."

 

Mais parfois, elle n'est pas là, elle est partie se promener, avec ses cinq doigts.

 

12.
"un silence opaque"

 

Le genre de silence où l'on n'y voit goutte, où l'on n'y comprend goutte, le genre de silence qui suit l'exposé d'un problème insoluble. Un silence consterné. Avant les cris et les évanouissements. Un silence d'aveugle.

 

13.
"Il fut tout de suite trop tard."

 

Le trop tard, des fois on a à peine le temps de le voir arriver. Mais même quand on le voit arriver, si c'est vraiment un trop tard, il sera plus fort que nous, et nous ne pourrons rien faire pour l'éviter. Il arrive même que l'on ne fasse rien.

 

14.
"Alors, je me mis à sortir de mon crâne"

 

Ce qui me valut cette appréciation : Cet homme n'existe que par son imagination.

 

15.
"on veut voir la personne cachée."

 

Et c'est là que la porte du placard se referme sur nous, et qu'on disparaît.

 

16.
"Il y avait là des yeux grimpeurs"

 

Ce sont ces yeux là qui vous regardent dans les arbres. Ou des collines, puisque les collines ont des yeux. Quant aux murs, ce sont les oreilles qui y grimpent et s'y incrustent.

 

17.
"Quand vous me verrez,
Allez,
Ce n'est pas moi."

 

Ce n'est d'ailleurs jamais moi. Et vous non plus d'ailleurs.

 

18.
"... Petite chose et qui se meurt."

 

Qu'il doit se dire, Dieu, quand il regarde l'humanité.

 

19.
"Ni si pas, ni pas tant, ni tant bien"

 

Et pourtant...

 

20.
"sans jamais arriver à s'échapper"

 

C'est qu'on a bien du mal à s'éviter les soucis que cause notre propre compagnie.

 

21.
"Savon parfait"

 

Euh mieux vaudrait pas... un savon parfait nous effacerait, à tout coup.

 

22.
"aucune apparence de pluie"

 

C'est pour ça que tout semblait sec, si sec, aussi sec qu'un hareng saur qui au bout d'une ficelle très lentement se balance.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 5 juillet 2013

 

 

 

 

 

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans DE LA NUIT QUI REMUE
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