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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 08:06

NOTES 1 A 9 SUR L'IRLANDE A BICYCLETTE
Brefs en lisant L'Irlande à bicyclette, de Johann Sfar et Tanquerelle (Editions Delcourt, 2006).

 

1.
Il y a un homme qui cauchemarde. Les bandes dessinées de Joann Sfar, des orinies, des songes dessinés (ici par Tanquerelle). Le récit du rêve intitulé "L'Irlande à Bicyclette" commence donc par un cauchemar. Une mise en abyme du cauchemar dans le songe, qui est lui-même une mise en abyme de l'autre en soi.

 

2.
Le professeur Bell est persuadé que ses cauchemars lui sont envoyés par un de ses ennemis. L'illusion comme malédiction. Le cauchemar comme sort jeté. Le réel complote contre la conscience.

 

3.
Lorsque le professeur Bell s'est "viandé sur le pavé"; heureusement, sa pipe ne s'est pas cassée. Lui non plus. D'ailleurs, la pipe fumait encore.

 

4.
Le sol, parfois, un miroir. Il fait des traits qu'on dirait un spectre d'herbe, grise, en noires épines. "Il n'est pas tranquille."

 

5.
Fou furieux furax professeur s'efforçant de fracasser la cafetière d'un de ses étudiants : c'est ainsi que Bell apparaît à la planche 5.

 

6.
La planche 6 est pleine de fumée. Fumigène et hallucinée.

 

7.
Evidemment, quand on part en Irlande, il n'est pas étonnant d'avoir un fantôme sur son porte-bagages. Il vaut d'ailleurs mieux emporter son propre fantôme. C'est tout de même plus discret. Après tout, le fantôme est un être personnel, un être intime, dont on peut supposer qu'il connaît vos secrets.

 

8.
Le fantôme découvre des cadavres. C'est un spectre révélateur. C'est même leur truc, aux spectres, de révéler. Les fantômes, c'est rien qu'des balances. Et si ça se trouve, des fois, ils mentent aussi bien que s'ils étaient encore vivants. Sans compter les fantômes corbeaux et les spectres usurpateurs.

 

9.
Le fantôme qui accompagne le Professeur Bell de Sfar et Tanquerelle : une grande bouche d'ombre qu'on dirait un long Ah muet promenant un linceul vert percé de deux trous pour ses yeux de ténèbres. C'est d'ailleurs un fantôme que l'on peut avoir dans le nez, et puis qui vous sort par les narines. Je me demande si les lecteurs actuels comprennent encore ces expressions : "avoir quelqu'un dans le nez" ; "avoir quelqu'un ou quelque chose qui vous sort par les narines", ce qui signifie dans les deux cas que l'on ne peut supporter quelqu'un ou quelque chose. Par ailleurs, je le trouve très sympathique, le spectre vert de Bell, mais il y a peu de chances qu'il me rentre dans le nez pour voir ce qui me hante. J'ai renoncé depuis longtemps à être un personnage de bande dessinée.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 29 juillet 2013

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans NOTES SUR LA BANDE DESSINEE
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