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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 19:55

NOTULE SUR DUELLUM PRECEDEE DE DIX AUTRES TRUCS
En parcourant Les Fleurs du mal de Baudelaire

 

1.
L'Idéal.
"Ce qu'il faut à ce coeur profond comme un abîme" :

 

Le genre de coeur que si vous vous penchez trop dessus, vous pouvez tomber d'dans, chuter d'dans, chuter, chuter, chuter, en vertu du principe que tout ce qui passe tombe et tout ce qui parle chute.

 

2.
Le Reniement de Saint-Pierre.
"une symphonie enivrante" :

 

La musique, à force, ça vous bourre le mou. Du coup, ça me fait penser à ces paroles de Michel Jonasz chantées par Françoise Hardy :

 

"J'écoute de la musique saoûle
A rouler par terre
Dans un night-club où déboule
Un funky d'enfer"

 

3.
Pièce XXV.
"Buveur du sang du monde" :

 

Je le piquerais bien cet hémistiche, pour le flanquer dans quelque ode vampirique :

 

Buveur du sang du monde, et gnak et gnak et gnak...

 

4.
Les "corbeaux lancinants" d'Un Voyage à Cythère : "Les Corbeaux Lancinants", ça en serait un ça, de chouette nom de groupe rock, un blaze dans le genre grinçant ou acide, façon "Mort Reconnaissant" (est-ce bien la traduction de Grateful Dead ?).

 

5.
Un Fantôme.
 

"Dans le présent le passé restauré": synchronie conservatoire.

 

6.
Bénédiction.
 

"Et les vastes éclairs de son esprit lucide" :

 

C'est l'homme électrique, c't'homme là, le gusse foudre, le type ampoule. Avec tant d'éclairs dans tant de lucidité, faut faire attention à pas s'électrocuter.

 

7.
Une Charogne.
 

"Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve" :

 

Un souffle sur une figure de sable.

 

8.
Qui vous loue s'apprête à vous prier. Il n'y a pas d'admiration gratuite. Aussi est-elle souvent feinte.

 

9.
De Profundis Clamavi.
 

"Où nagent dans la nuit l'horreur et le blasphème":

 

En v'là deux autres, tiens, d'Etranges Créatures Du Lac Noir, palmées atroce, pleines de dents, du glauque à nageoires.

10.
Danse macabre.
"Pourtant, qui n'a serré dans ses bras un squelette":

Perspicace comme un parasite de la perspicace planète, le Charles, ou alors hypersensible. Qui pense à son crâne attrape mal à la tête.

11.
On peut, comme dans le sonnet Duellum de Baudelaire, comparer les amours de jeunesse à de féroces duels de "deux guerriers" qui, pour se friter, se contrer la tronche, "ont couru l'un sur l'autre", héros d'une épopée, furieux à "lueurs", "sang", "cliquetis du fer", "vacarme".
Puis après, si on ne tombe pas dans le trou (y en a qui), on se retrouve avec des "glaives brisés", qu'on est bien obligé, si l'on veut continuer à s'aimer, de remplacer par des "dents" et des "ongles acérés".
Bon, tout ça finit par virer venin, qu'on s'écharpe genre "chats-pards", - le chat-pard, c'est le serval, chat sauvage africain - qu'on s'enfonce s'défonce façon "onces", - fauve des monts d'Asie, l'once, un âpre grondant, çui-là aussi - et qu'on a "roulé" donc, la peau dans les ronces (les "onç onç", évidemment imitent les grognements des bestiaux amoureux).
Bref, nous voilà au bord du "gouffre"... Il est pas vide ! Fallait s'en douter, il est plein d'amis (c'est qu'on fut aimant dans le temps). On y va ou on n'y va-t-y pas ? Quoi qu't'penses, ma frangine, ô "amazone inhumaine" (qu'il dit Charles), ce s'rait pas un beau moyen "d'éterniser l'ardeur de notre haine" ?
"- Bof..." répond la beauté.
C'est vrai quoi. Il n'a qu'à y aller tout seul si ça lui chante.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 1er mai 2013

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans BAUDELAIRE
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