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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 09:58

QUAND JE PASSE
En écoutant la musique de Ascenseur pour l'échafaud, par Miles Davis.

 

1.
"Of course - I prayed -
And did God Care ?
He cared as much as on the Air
He Bird - had stamped her foot
-"

(Emily Dickinson, Car l'adieu, c'est la nuit, Poésie/Gallimard, p.172)

 

Bien Sûr - que je priais -
Et Dieu en eut-il Souci ?
Pas plus que si dans l'Air
Un Oiseau - eût tapé du pied -"

(traduction : Claire Malroux)

 

J'aime bien ces quelques vers d'Emily Dickinson dont la familiarité me rappelle certaines insolences à l'égard de la métaphysique dont Cioran a parsemé ses recueils.

 

2.
"J'écoute la nuit rager le vent d'automne"
(Jules Laforgue, "J'écoute dans la nuit")

 

J'écoute du rock du jazz du blues
Dans mes oreilles j'aime bien qu'ça swingue
La musique découpe le temps en viande qui gigue la
Nuit on entend aussi
Rager le sorcier aux plumes de pluie sur
Le toit il agite ses tambourins ses crécelles et le
Vent fait des passes il passe ses longues mains
D'automne passe ses mains sur la ville.

 

3.
"Dans l'infini tonnant d'éternelles clameurs"
(Jules Laforgue, Résignation)

 

Dans l'infini - quel mot à poème ! d'ailleurs c'est de
L'infini tous ces poèmes à la queue leu leu
Tonnant - et tonner à en étonner le tonnerre quel pied !
D'éternelles rimes et images et de
Clameurs muettes et soigneusement rangées.

 

4.
En suggérant que la littérature constitue en puissance une bibliothèque infinie, Borges nous a fait prendre conscience de l'infiniment productivisme de l'humain. Il ne peut pas s'empêcher, il vit à s'user. Et s'il ne s'use pas à quelque oeuvre, il fait tout de même n'importe quoi.

 

5.
"Des passants salueront mon cercueil, c'est l'usage"
(Jules Laforgue, Les Boulevards)

 

Des fois s'il ne fait pas trop froid quand je passe les
Passants me saluent en se signant et ils me
Salueront demain après-demain et après-après demain
Mon être voyez-vous hante mon
Cercueil c'est le lieu que j'ai choisi
C'est là que je reviens chaque jour c'est là
L'usage que je fais de mon fantômat (c'est bien mon droit !).

 

6.
Les fantômes, ça va et ça revient.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 avril 2013

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans CONTREVERS
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