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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 01:59

TAMBOUR BAT TAMBOUR BAT COEUR QUI BOUT

 

1.
"De tes noirs Poèmes, - Jongleur !"
(Rimbaud, Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs)

 

Ce sont coq-à-l'âneries que je veux écrire
Car salut-t-à toi et l'âne joue aussi aux échecs
De tes noirs Poèmes je me ferai une pipe
Et du blanc de tes yeux je me ferai une neige.

 

Pourquoi une pipe pourquoi une neige
C'est que j'aime fumer au chaud quand le ciel
Est ivre de flocons et peu importe le flocon
Pourvu que j'ai mon livre.

 

Les cadavres sont interchangeables et
Tête morte n'a pas de parole tous les
Décapités vous le diront Aussi ce sont
Coq-à-l'âneries que je veux écrire

 

Je veux sonner faux comme un faux cerf
De compagnie je veux finir dans l'Almanach Vermot
J'ai mangé les Rois, la galette et la Reine
C'est vous dire si j'ai la fève.

 

2.
Si j'ai du goût c'est pour le rire sans bouche
(fantaisie avec italiques rimbaldiens)

 

Si j'ai du goût c'est pour le rire sans bouche
Qui court dans l'air et s'empare
Lève ô Chasseur ce lièvre qui se rit
Dans les prairies qui filent par la portière

 

C'est trop beau jusqu'au moment où
Le rire se fige sur le masque alors
Nous mettons la plume au guignol
Et les animons du souffle de nos comiques

 

Mettons la plume au guignol
J'allais dire la main à la pâte à fables, la pâte à fables
L'expression n'est pas de moi tant pis

Je la vole au vol elle n'avait qu'à pas

 

Dans la grande maison on a dispersé
Les silhouettes et par les vitres ruisselantes
Je regarde défiler les chevaux
Ce sont caravanes qui démarrent

 

Elles portent ailleurs leurs amazones
Ce sont des ployeuses d'échine
Elles ne chantent pas c'est la pluie

Pareille aux jeunesses océanes

 

Pareille aux jeunesses océanes
De qui j'me moque avec cette paraphrase
Du Pareil aux jeunes mers
Jeune la mer d'où le monde

 

Jeune la mer d'où le monde
C'est la pluie qui jamais ne vieillit
Elle ride les flaques et balaie les badauds
Ont-elles bu des cieux barbares

 

Ont-elles bu des cieux barbares
Les amazones que je me songe
Toujours j'évoque des amazones
Quand je vois se délier la pluie

 

Quand je vois se délier la pluie
Dans le méli-mélo d'la brouille
Car les nains râlent râlent et gémissent
Bousculés par le souffle du géant

 

Bousculés par le souffle du géant
Ce n'est pas ainsi qu'on finit un poème
Excusez-moi mais ma chanson est ivre
Et j'me suis piraté à l'élevé sous bois.

 

3.
Assez vu Assez eu Assez connu

 

"Assez vu." (...)
"Assez eu." (...)
"Assez connu." (...)
"O Rumeurs et Visions !"
(Rimbaud, Départ)

 

"Assez vu." Ah c'est vous je ne vous
Avais pas reconnu c'est que vous
Changez si souvent de tête c'est que vous
Changez si souvent de langue.

 

"Assez eu." Nous en avons eu tout notre saoul
Nous en avons eu nous en avons bu
Le théâtre à menteurs s'est installé en ville
Tambour bat, tambour bat, coeur qui bout

 

"Assez connu." Ah c'est vous je ne vous
Avais pas calculé Vous êtes pourtant si mort
Que vous en avez la tête changée
Oh je ne reconnais pas le son de votre langue.

 

"O Rumeurs et Visions !" Nous en avons notre saoul
Et plein le dos et plein la et plein la et plein la
Le théâtre à couteaux s'est installé en ville
Tambour bat, tambour bat, coeur qui bout

 

Tambour bat, tambour bat, coeur qui bout
Quelle est donc cette musique
Quel est donc ce vaudou
Et qui chante dans la campagne cette chanson comique ?

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 2 novembre 2013

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans FANTAISIES
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