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NOTES SUR JEAN LE BOËL

FAIRE LIEU D'ÊTRE
Notes de lecture sur la cinquième partie du recueil Là où leur chair s'est usée, de Jean le Boël, Les Ecrits du Nord / Editions Henry, 2012.

 

1.
J'ai déjà évoqué le réalisme poétique de Jean Le Boël. La cinquième suite du recueil en offre, dès l'ouverture, un fort bon exemple. Il s'agit de la description d'un arbre qu'il serait temps d'élaguer. Cet arbre, mais cela le poème le révèle sans que Jean le Boël le mentionne, le suggère, y fasse allusion, cet arbre est du bois dont on fait les gens.

 

2.
L'énigme de la "grande ombre" s'impose à la page 82. Les textes des pages 82-83 se font d'ailleurs plus énigmatiques ; la phrase se coupe, se perd dans le blanc du papier :

 

"paysages humains
si le regard s'y peut poser

 

suis-je lent

 

ce que tu es mon corps l'éprouve pourtant"

 

En ce qu'elle est énigme, son sens nous échappe. Reste la mélodie, percussion, touches, piano... syllabes.

 

3.
Ce "il n'est de bonheur qu'à s'y perdre", que je trouve page 84, me ravit. C'est que vivre consiste à s'y perdre, justement, à perdre ce que l'on avait cru pour ce que l'on a pu.

 

4.
La répartition "dire" "nuit" "nuit" "ne parle pas", qui constitue les deux derniers vers du texte de la page 85, trace la limite de ce que l'on peut dire. C'est bien beau la poésie, mais il y a la nuit, la vraie nuit des humains, celle, par exemple, des deux guerres mondiales, celle de la dernière solitude aussi.

 

5.
J'ai écrit à propos du vers "l'arbre écrase le ciel" (page 86) que c'est ainsi que la créature déracine son créateur. Cela me semble confirmer par le vers qui précède : "seul l'homme survit à l'homme".

 

6.
Poésie est réflexion sur la langue. Le réel est mis en mots. Le réel n'est que mis en mots. Ainsi, nous sommes ce que nous croyons être et aussi ces habitants "dans la voix des autres", dont on parle, et sur qui l'on fait agir le réel. Qu'est-ce que le réel ? - Une machine actionnée par les humains pour mutuellement se manipuler.

 

7.
Une étonnante question, page 88, et un bel aphorisme encore. Page 89 : de la nécessité de l'amour qui emprisonnne et réconcilie.

 

8.
Ce qui fait signe, l'autre monde. Ce que le poème appelle "l'autre rive", qui trace le fleuve invisible. Nous voudrions y croire que nous ne le pourrions. Et pourtant, nous interprétons, ce qui est déjà une manière de deviner un monde derrière un signe.

 

9.
La poésie qui m'intéresse est riche en expressions. Je relève ainsi, page 91, un prometteur "ce qui fera ventre en vous". Et puis, page 92, celle-là que décline le poème : "jouer à se parer". Héritage et comédie. Voilà le fond de l'affaire.

 

10.
Le fragment de la page 93 est remarquable par sa musicalité : "si lisses ces", "enfance", "si", "aussi", "tissu rêche", "désarçonnées". Vous irez voir comment le poète répartit les sifflantes jusqu'aux trois syllabes de la séquence "tissu rêche", dans laquelle les consonnes intensifient l'effet sonore, passant ainsi, via le passage de l'alvéolaire "s" à la post-alvéolaire "ch", de l'impression de lisse qui se dégage des "mains" du "vieillard" au frottement du tissu; intensification aussitôt désarmorcée dans l'adjectif "désarçonnées", où la sourde est tempérée par la sonore.

 

11.
Les choses retracent les gens. C'est la leçon de la page 94. Leçon qui devient interrogation dans la page suivante : "que font / les choses quand nous ne les nommons pas". C'est que les choses tendent à échapper à leur nom. C'est pour cela sans doute que nous parlons tant, que nous n'avons de cesse de nommer, de nomenclaturer de l'infiniment petit à l'infiniment grand, de manière à rappeler toujours et encore au réel qu'il est ce que nous disons.

 

12.
Nous savons bien pourtant que si au commencement était le Verbe, il ne sera plus finalement que le vent.

 

13.
La notation, le croquis, "ce flux de sang aux joues des jeunes gens", le lexique assez chrétien, somme toute, du "nombre", du "pain", et du "partage", et l'espoir mis en la maison refaite, renouvelée, rejaillie, placent les derniers textes du recueil dans une perspective d'espérance. Pour cette espérance aussi, nous finirons par jalouser le poète, nous qui voyons dans l'oiseau le serpent et dans chaque chair un squelette.

 

14.
"là où leur chair s'est usée"... une périphrase pour le lieu d'être.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 décembre 2012

FAIRE SIGNE
Notes de lecture sur la quatrième partie du recueil Là où leur chair s'est usée, de Jean le Boël, Les Ecrits du Nord / Editions Henry, 2012.

 

1.
Le premier substantif employé dans la partie IV est le mot "émotion" ; il est suivi de l'épithète "étrangère". L'émotion romantique est essentiellement tournée vers le moi. C'est la modernité qui a fait de l'émotion de l'autre un sujet d'investissement, voire d'investigation, poétique.

 

2.
Un vers comme "tout te traverse" (p.64), je ne peux pas faire autrement que de l'appliquer à l'une de mes thématiques favorites, celles des fantômes.

 

3.
Cet autre vers, page 65 : "ce qui te poursuit n'a de cesse". Sans le pronom complément, cela donne l'aphorisme suivant: Ce qui poursuit n'a de cesse. La poésie est aussi une école de l'aphorisme.

 

4.
Soudain le mot "sang" jette sa tache. C'est ainsi que, page 66, m'est rappelée cette idée que nous sommes outres pleines de sang, qu'elle videra la terre, un jour ou l'autre. Idée qui est aussitôt associée à cette image d'une amie d'autrefois, d'il y a bien longtemps même, à laquelle je ne peux penser que blessée, saignante. Le souvenir que j'ai de cette fille n'a pourtant rien de sanglant. Je m'entendais bien avec elle. Elle était simple, souriante, sage et attirait la sympathie. Nos études nous séparèrent (en plus de mon caractère ombrageux comme arbre qui court, et de son petit copain). Je me demande à quel circuit de neurones bricolé par un démon iconique je dois cette image de la belle en sang.

 

5.
La page 67 interroge notre conception du destin. La page 68 mêle aux "ténèbres" l'arbre des fantasmagories. Exactement le genre de texte qui pôurrait légender un dessin de Comés, un noir et blanc hanté tiré de Silence.

 

6.
La page 69 compare le désordre des "ornières" à l'ordre des "jardins". C'est à l'expression que l'on reconnaît le poète. Je jalouse cet "ordinaire effroi des heures" que je découvre page 70. De même pour cette nuit mangeuse d'êtres qui pointe son museau à la page 71.

 

7.
Des fois, le poète, voyez comme il touche juste. Ainsi, page 72, éclate cette vérité que l'ombre est la condition de la chair. J'emploie ici le mot condition dans un double sens : ce qui conditionne l'existence quotidienne, et aussi ce qui la permet. Nous sommes ceux de la caverne. Certes, le théâtre de nos ombres est d'une élégance fabuleuse, il exprime en alexandrins des sentiments d'une exquise profondeur, mais ce ne sont que des ombres. Ce sont pourtant ces ombres qui nous font.

 

8.
Page 73, l'auteur réaffirme son attachement au réel. C'est un arbre, cet homme-là, un enraciné dans la terre des humains.

 

9.
Page 74, il nous est rappelé que si nous fûmes tout feu tout flamme, nous sommes aussi cette cendre où les braises des fascinants continuent de couver leur phénix.

 

10.
Le dernier poème de cette suite n°4 évoque de nouveau ce "souffle" qui prouve que nous ne sommes pas encore fantômes. Dans les réseaux lexicaux qui caractérisent la poésie de Jean Le Boël, le "souffle" souvent ouvre le chemin. L'un des meilleurs textes que je connaisse de Le Boël ("Enfants de mon âge...") commence par ces mots merveilleux et tout simples : "Sur les chemins ouverts". Ces chemins, c'étaient ceux qui s'ouvraient aux "enfants de son âge", et ce sont ceux aussi qu'ouvre le souffle poétique.

 

11.
Une remarque en passant : il est curieux de constater qu'une poésie si ancrée dans le réalisme poétique que celle de Jean Le Boël soit ici accompagnée des vignettes abstraites d'Isabelle Clément. C'est qu'au-delà du réel, au-delà de la litanie de ces mots, que tant de souffles déjà ont animés, ce qui importe, c'est le signe. Je ne sais pas si le poète fait sens (cette expression de "faire sens", je la comprends, - elle fait sens pour moi -, mais je ne peux m'empêcher de penser qu'elle cuistre un peu), je ne sais pas donc si le poète fait sens, en tout cas, il fait signe.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 décembre 2012

POURQUOI DOUTER
Notes de lecture sur la troisième partie du recueil Là où leur chair s'est usée, de Jean le Boël, Les Ecrits du Nord / Editions Henry, 2012.

 

1.
Dans la troisième partie, "ce qui rage et ronchonne dans les roches" m'arrête l'oeil et l'ouïe interne. Je me demande bien quelle bête peut ronchonner dans les roches. Pour moi, il s'agit de la bête des syllabes. Mais j'ai l'entendement syllabique et sans doute ne suis-je pas assez ouvert aux autres.

 

2.
Ce sont ensuite quelques croquis... des vifs sur le vent... notons que les cieux, s'ils sont sereins, ne le sont pas sans "menace" (p.49), ni sans "inquiétude" (p.50), et que l'eau est pleine du "bavardage innombrable des vagues" (p.51), comme si la nature soudain devenait cet envahissement de l'être par l'être. C'est que "la nue est si lourde si pleine" (p.52) ; c'est à s'en demander si elle ne se nourrit pas du "ventre" qui "se prend aux réseaux du ciel" (p.53).

 

3.
Peindre échappe le sortilège du réel. Peindre lui substitue "la toile" et "le mot". Peindre devient mer et passe sur "le galet" et toute "grève". (p.54) Peindre est raison.

 

4.
C'est sur un "pourquoi douter" que se termine le poème de la page 55. Il y a donc un réel attachement au réel qui caractérise la poésie de Jean Le Boël. Ce n'est pas ce qui nous retient. C'est plutôt ce "pourquoi douter" qui nous amuse. Pourquoi douter ? - Parce que nous doutons, c'te bonne blague.

 

5.
D'ailleurs, Jean Le Boël est bien conscient du pouvoir des mots qui, page 56, "voyagent dans nos corps", "visitent" et "voient ce que nous n'apercevons pas". Si nous sommes si réels, c'est-à-dire si efficaces dans le réel, c'est que les mots agitent nos linceuls, nos bouches, nos langues. Nous sommes de mots avant que d'être mort. Les mots nous utilisent, nous usent, nous jettent. Et voilà tout.

 

6.
Ce sont pourtant les mots qui assurent notre être une fois que nous avons "laissé notre peau" parmi tous les substantifs de la terre, noms d'oiseaux et cris de joie.

 

7.
La vignette d'Isabelle Clément qui clôt cette séquence, on dirait une flèche qui passe les nuages pour frapper le vif.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 décembre 2012

QUE CES PETITS RIENS QUI FONT TOUT
Notes de lecture sur la deuxième partie du recueil Là où leur chair s'est usée, de Jean le Boël, Les Ecrits du Nord / Editions Henry, 2012.

 

1.
La deuxième partie du recueil commence par l'emploi du verbe "voir". La poésie de Jean Le Boël est souvent une poésie de l'être-là, de la perception, et même parfois du ressenti. Qu'elle commence, cette deuxième partie, par "il le voit à des riens", rien d'étonnant donc.

 

2.
C'est souvent par des riens que toute une histoire commence. Et pourtant ce n'est rien, rien d'autre que rien que ces petits riens là qui font tout.

 

3.
"sans que jamais donner / épuise le don" : belle esquisse d'une définition de la générosité. L'être généreux est celui qui jamais n'épuise ce don qu'il a de savoir donner.

 

4.
La page 29 me donne l'occasion de réfléchir sur l'expression "mettre les mains dans des secrets" puisque, de même qu'il n'y a pas d'amour, mais des preuves d'amour, il n'y a pas de secret, il y a des énigmes, des rébus, des secrétaires que l'on force, des coffres que l'on ouvre.

 

5.
Il y a de la perte dans ces fragments (on pense parfois au recueil A la lumière d'hiver, de Philippe Jaccottet), il y a du deuil à venir. L'être "déparle", l'angoisse lui vient, il redevient "caricature". Je songe souvent qu'il est curieux que les humains acceptent si facilement l'idée que la mort n'est pas seulement la perte définitive de la conscience, mais qu'elle prépare cette glissade dans l'abîme par tout ce pénible qu'il y a à se voir, se sentir, se souffrir, plus ou moins lentement, diminuer.

 

6.
Ce n'est pas par plaisir que j'écris ces lignes. Je les écris parce qu'il le faut.

 

7.
Page 32, il y a du "lui aussi", et, page 33, du "qu'il n'était pas lui". Cette place que nous avons du mal à trouver parmi les autres, que l'on songe donc que les autres, c'est nous aussi. L'être est mouvant. Aussi se drapent-ils si facilement dans leur statut professionnel, ou leur absence de statut.

 

8.
Et ce sont alanguies rêveuses aussi (page 34) et que "chaque plaie est un pleur" (page 35) et ces beaux alexandrins de la page 36 :
"où s'épuise son souffle / elle doute parfois
s'il est un amour à qui ne sait que donner"
Je comprends et, après tout, peu m'importe, c'est la mélodie qui fait que mes yeux encore se portent sur ces drôles de livres à rythmes et images.

 

9.
Le poème de la page 37 est une de ces séquences dont Jean Le Boël a le secret et que je lui envie. Un souvenir. Un récit. Une chose vue. Par d'autres yeux sans doute. Peu importe ici. C'est une histoire de bruissement "sous les feuilles sèches des châtaigniers", la résurgence des vipères.

 

10.
Page 38, il y a du regard qu'encore l'on porte, celui d'une petite fille de dans le temps. Qu'encore donc l'on porte longtemps. Il y a aussi les blagues dont on fait chanson ("che va le dire à la maîtresse"), les blagues dont on fait raison ("che va le dire à la vie traîtresse").

 

11.
Où il est question aussi de suicide, dans ce recueil, et des "ombres lavées de pluie", fantômes ou ombres nous-mêmes sous la pluie des Toussaints.

 

12.
Un constat termine cette partie : "tout continuera / si fragile", aussi fragile que les ailes de papillon qui s'alignent sur la vignette d'Isabelle Clément, aussi fragile, et aussi nécessaire.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 17 décembre 2012

LE TEMPS D'UNE FRATERNITE
Notes de lecture sur la première partie du recueil Là où leur chair s'est usée, de Jean le Boël, Les Ecrits du Nord / Editions Henry, 2012.

 

1.
Dans le premier de ces fragments, l'auteur évoque le "brouhaha boueux charriant des pépites" qui caractérise le "flot des voix qui vont et disparaissent". C'est qu'on est du monde, nous autres, du vif, de l'allant, et que les autres, en effet, cette masse de visages et de statistiques, sont pleins de "pépites", que l'on ne sait pourtant pas exploiter, orpailleurs désemparés.

 

2.
Page 8, l'auteur craint que la poésie devienne si abstraite qu'elle ne "serrerait ni la main amie / ni les poings". On peut contester ce point de vue, mais on n'en est pas moins sensible au sentiment de fraternité qui anime ces lignes. Il en est de même pour le texte suivant où l'auteur s'adresse aux "forts" et aux "riches", à ceux qui dominent (les maîtres donc) pour leur rappeler combien leur "haine est juste". Et si vous voulez savoir pourquoi, lisez le recueil, en raison de ce que sur mon front y a pas écrit Sélection du Reader's Digest.

 

3.
Il en appelle, page 10, à un "souffle nouveau" et, page 11, il évoque les "frères effrayants, les fous" à la "parole perdue", et il se demande ce qu'ils "disent de nous". Je ne sais pas ce que les parias disent de nous (Jean Le Boël évoque dans ce texte toute une humanité souffrante), mais je parie assez que c'est en raison de la folle complainte que, peut-être, l'on pourrait trouver ce "souffle nouveau" qui balaierait "forts", "riches" et dominants.

 

4.
Trouverait-il ce "souffle nouveau" dans celui des "dragons" évoqués page 12 ? J'ai déjà songé, baroque, que nos paysages étaient plantés de dents, et qu'entre ces dents, nous allions dans le souffle du dragon.

 

5.
Dans un expressif raccourci, l'auteur évoque comment certains bras sont raccourcis, précisément. Je ne vous dis pas comment : lisez le recueil.

 

6.
J'aime bien, page 14, ces ânonnements des grand-messes et la maraude à pommes. Tout ça, cher Jean, pour les yeux des visages fermés qui nous regardent passer dans des cités de plus en plus lointaines, c'est déjà du jadis.

 

7.
On marche aussi dans ce recueil, "le temps d'une fraternité", puisque la fraternité n'est pas un état mais un mouvement, puis l'on regarde le passé s'effacer sur les photographies.

 

8.
Jean Le Boël est un poète de la phrase. Je veux dire que d'une seule et même phrase, il compose une séquence rythmique que l'on appelle poème. Page 17, vous avez un exemple de ce type de texte, texte-pris sur le vif, instantané. Je lui envie ce talent, le bref étant à mes yeux la meilleure façon d'être expressif.

 

9.
"et leurs enfants ce qu'ils deviennent" (page 18) : j'admire l'anacoluthe qui prédit la boiterie jusqu'à plus de chemin. Allez-y voir, je vous dis, allez-y voir.

 

10.
"des mots parlent pour eux" : à mon sens, Jean Le Boël met là l'accent sur l'essentiel de ce que nous savons du langage. C'est la langue (le Verbe) qui constitue l'humain au coeur de l'humain. Elle n'est pas construction abstraite, code ou convention (c'est le propre de l'administration de coder le langage et de créer des conventions), mais la voix humaine elle-même, le souffle, l'esprit. Certes, il y a clôtures et brisures ; il y a aussi ce qui passe les cercles des siècles et qui est rythme, sens, marteau sans maître.

 

11.
C'est que nous en "héritons", des "mots". Ils sont ce que nous sommes et ce que nous ne sommes pas ; sont ce que nous faisons et ce que nous ne faisons pas. Ils tissent cette histoire, qui, "aux petits distribue les rôles au hasard / victimes ou bourreaux / méchants ou punis" (cf p.21).

 

12.
C'est sur le bêlement des étoiles que se termine la première partie du recueil (et sur une étoile révélatrice d'Isabelle Clément). Que les étoiles soient "bêlantes", voilà qui me ravit, moi qui, fidélement au paradoxe, pense assez que s'il y a quelque chose, c'est bien ce troupeau sans berger auquel il manque un chien.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 17 décembre 2012

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