Quantcast

LE GRAND JULES LAFORGUE

QU'SI SEULS SOMMES

 

1.
"Vous passerez, imperméables"
(Jules Laforgue, Complainte des complaintes)

 

Bin oui, c'est comme ça... quand il pleut, on voit passer des imperméables, pis des parapluies, des frimousses mouillées, & des gens qui s'pressent vers la gare prendre le train sous la pluie... la pluie... pluie, pluie, floc.

 

2.
"Ô mandarines des Janviers"
(Jules Laforgue, Complainte variations sur le mot "falot, falotte")

 

Et je sais pas ce que c'est, les mandarines des Janviers, qu'ça fait rêver, ces fruits sucrés, un peu acidulés, mais qu'il fait trop froid, givré vraiment... dehors on sort pas... qu'les gens se dégringolent la carcasse & se la cassent, la guibolle sur le trottoir... Patinoire !... qu'c'est glissant si qu'on en reste à la casa, à manger des mandarines pis à s'fasciner pour faces pis fesses, longs nez, gros nénés, tout c'qui passe à la télé.

 

3.
"Pas un jour où, poltron, je ne pense à la mort."
(Jules Laforgue, Citerne tarie)

 

En dehors du fait que j'écoute et zieute itou sur Télé Mélody la Sylvie Vartan du temps où elle chantait des fantaisies où qu'ça swinguait, et des mélancolies aussi : Arrête de rire !Arrête ! Je t'aime, qui dans une chanson bien faite passe, pendant que, dans la vie réelle, ça vous met grotesque aussi sec... en feuilletant mon Laforgue, je tombe sur ce vers qui dit qu'pas un jour où, poltron, il ne pense à la mort... que moi, pareil ! pas un jour sans songer au trépas, à l'autre là qui viendra me priver de la présence du monde... même que je serai tout dilué, dispersé, moléculé dans l'air... et ce qui me rend songeur aussi, c'est que leur beauté, à certaines que je connais, finira dans le sol, à pourrir chair... Je l'imagine, le merveilleux visage figé macabre, bel & bien mort, le corps lourd livré à la boue originelle, aux vers recycleurs... Quand j'y pense, j'ai du mal à y croire vraiment, et pourtant comme ça qu'ça se passe, et peut même arriver n'importe quand... une rupture d'anévrisme & zou dans le trou, la loulou... Arrêt cardiaque & hop chez les taupes, la copine, qu'on s'dit autant que de petites vieilles qu'elles deviennent, très ridées... qu'elles aient le temps d'en profiter, et de passer le reste de leur âge peinardes...

 

4.
"Ah ! que la Vie est quotidienne..."
(Jules Laforgue, Complainte sur certains ennuis)

 

On peut pas mieux dire... routine et soucis... tant qu'on est jusqu'au cou dedans... à faire c'qu'on peut, pis c'est l'ennui qui nous court après... & qu'pour y échapper, des trucs, d'autres trucs, & des épatants, on se met sur le dos... que ça nous en procure, de nouveaux soucis, des inédits, des qu'on savait pas... & des frissons aussi... tout ça pour avancer plus vite que l'ennui & sa marée grise... qu'on l'voit pas le temps passer, malgré routine et soucis... tant qu'on est jusqu'au cou dedans... à faire c'qu'on peut, & pis, on peut pas tant que ça, & alors on se dit : tant pis et que la Vie est quotidienne...

 

5.
Dans Triste, triste, le narrateur à Jules contemple son feu. Il a le droit... bien que contempler son feu, à force ennuyeux tout de même... Du coup, il écoute ouiner le vent... qui, en effet, fait ouineouineouine i fait... A moins qu'il s'agisse de l'alarme d'une bagnole, vu qu'elles font ouineouineouine aussi les alarmes des bagnoles... Bon, ouine le vent dans les rues, où sans doute plus personne de vivant ne traîne, car, en plus, il pleut, que la pluie à sa vitre, à Jules, elle ruisselle, & que Jules, un bâillement qu'il étouffe... surtout qu'un piano voisin joue une ritournelle... Vent, pluie et piano, un peu trop tout de même... Fracas & boucan, & tintamarre quand le petit Adhémar joue de l'à-peu-près Chopin... qu'c'est triste & triste & triste & triste, la vie... & lent & lent & lent & lent, l'existence, se dit le narrateur, qui se met à songer à la Terre... Atome d'un moment qu'il se dit aussi, car il est allé à l'école, cependant que dans l'Infini criblé d'étoiles, il se passe on ne sait quoi, car tout nous est clos... Vous pouvez pas comprendre... Cherchez pas... Voilà qui nous dépasse... Contentons-nous du sort qu'on doit gérer chaque jour... Toujours la même comédie... quelle comédie... masques, nous autres... toujours... Vices, chagrins, spleen et maladie, on en a plein le sac que nous le trimbalons, le sac... et nos chimères dedans, qui s'agitent dans notre dos, pis dans le trou nous, & les beaux pissenlits d'or au-dessus, c'est que nous ne sommes que par hasard, qu'c'en est déprimant, qu'si seuls sommes, que j'vais m'faire des frites, pis écouter un disque à Vian, ou à Salvador.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 18 mai 2013

ET PAS AUTREMENT

 

1.
Vivre, surmonter ses déceptions ; ne pas être soi-même trop décevant. Passer sa vie devant une toile merveilleuse dont peu à peu s'effacent les figures, pâlissent les couleurs, tombent les masques, pour laisser apparaître peu à peu sa propre face, disparaître.

 

2.
"L'Espoir ! toujours l'espoir !"
(Jules Laforgue, L'Espérance)

 

L'Espoir ! toujours l'espoir ! qu'il dit le Poète Jules. C'est vrai que sans l'espoir, on aurait quoi ? La queue entre les jambes, comme le loup de la fable, qu'on se rêve si facile loup des steppes, et puis qu'on est que loup des fables, mais que, quand même, des fois, ils sortent des rimes, les loups, puis ça fait du crime un peu partout ; c'en est désespérant.

 

3.
"- Prés et bois vendus ! Que de gens,
Qui me tenaient mes gants, serviles,
A cette heure, de mes argents,
Font des piles !"
(Laforgue, Complainte des grands pins dans une villa abandonnée)

 

Très drame russe que ça fait, comédie à la Tchékhov que ça fait. Le proprio qui s'a fait rouler par un margoulin & sa propre négligence, un peu trop à discuter des moralistes français, que le temps passait & les bouteilles de vodka aussi les bonnes & les cousins... que le temps passait passa & sans un qu'il se retrouva, prés & bois vendus, et tout le monde qui se sert dans la maison, d'où elle est partie, la belle et si intelligente nièce, même que là, il faudrait un prénom en -a que j'ai pas sous la main tant pis.

 

4.
"Mon coeur... Ah ! pourquoi donc ai-je un coeur ? Ah !pourquoi"
(Jules Laforgue, Litanies de mon triste coeur)

 

Pour qu'il batte en toi et te dise sans cesse pourquoi à toute heure sans cesse pourquoi et te rappelle à toute heure sans cesse pourquoi.

 

5.
Tout est dur et sans coeur et plus puissant que toi.
(Jules Laforgue, Résignation)

 

Et c'est fort heureux, car cela nous permet de cracher, de pester, de douter, nous battre. Quoi ? manquerait plus qu'ça que l'univers i soye miséricordieux, sympathique, aimant. Une catastrophe pour la révolte existentielle !

 

Ceci dit, je me demande bien ce que ça veut dire révolte existentielle, une révolte qui vous tient lieu de projet d'existence ? Sais pas moi ; la révolte c'est tout de même bien fatigant... bah ! c'est un truc de héros, ça, une manière d'améliorer le sort des humains, ou pas d'ailleurs. Un héros est-il fatal qu'il soit bénéfique ? Je m'demande. En attendant, y a là-haut un drôle de trou, là-haut... au loin... là haut... au loin loin loin... L'aspirateur des Ténèbres... là... Un de ces jours, notre héroïque planète, il va l'aspirer, l'aspirateur, & zou on pass'ra trappe trou à tarte du néant.

 

6.
"C'est qu'il croit à l'Enigme et qu'il espère encor."
(Jules Laforgue, L'Espérance)

 

C'est de cet amour des énigmes que l'humain tire sa science, et sa fantaisie de l'infini des possibles du langage. C'est pas Dieu qui tient son empire dans les syllabes ; c'est la foule des figures mystérieuses, des démons & des anges, des autres & des nombres; fort peu disciplinée foule, et tapageuse, et remuante.

 

7.
"Dire que Tout est un Très-Sourd Mystère"
(Laforgue, Complainte des Mounis du Mont-Martre)

 

Tout est dire. Que Très-Sourd Mystère. Le Sphinx, pourtant, a des oreilles. C'est un trait d'union entre l'énigme et nous, un go-between. D'ailleurs, le Sphinx nous en connaissons un bout sur lui, et rien des mystères qu'il défend.

 

8.
"Comme ils sont beaux tous deux ! Comme elle a les pieds grands !
Lui les a plus petits, mais odoriférants,
Dam! les grandes chaleurs... Vous savez... On transpire..."
(Laforgue, Idylle)

 

Leçon de littérature: Il ne suffit pas de dire que Lasticot (c'est son nom) et Justine beaux, tous deux, qu'ils sont, Justine, de grands pieds qu'elle a ; pour lui, de plus petits, certes, mais odoriférants, puisqu'ils transpirent, cause les chaleurs... Encore faut-il dire ça en rythme, des douze-syllabes, et que tout ce trivial en soit différent, que ça en devienne plus intéressant qu'une bête comparaison entre deux péquins de base, dont les carcasses traînent depuis belle lurette là où nul n'a plus besoin de pieds.

 

9.
Le vers justifié remplace la plume de jadis. Il permet de réfléchir à ce qu'on écrit car, étant obligé de compter ses espaces, on fait rature sur rature ; ce qui pousse à cogiter & puis à se concentrer aussi.

 

10.
"Il fait nuit. Au dehors, à flots tombe la pluie."
(Laforgue, Intérieur)

 

C'est bête, mais j'aime cet écho qu'avec la nuit fait la pluie. C'est pas d'la grande littérature dites-vous; moi, ça me suffit, ces petits riens de tout que je pique ici et là & j'vous les laisse, les grandes oeuvres qui donnent à penser et qui me font perdre mon temps, et oublier le goût que j'ai de la pluie qui tombe la nuit sur ce monde qu'il faut bien que je hante, car c'est comme ça et pas autrement.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 avril 2013

UN AIR DE RITOURNELLE

 

Le couchant de sang est taché
Comme un tablier de boucher;
Oh! qui veut aussi m'écorcher!
(Jules Laforgue, Complainte sur certains temps déplacés)
Que ça a l'air d'une ritournelle cruelle
D'une chanson du décervelage une chanson
D'entame cuir en son début c'est que les
Chansons moi j'aime Les chanteurs je les
Regarde gesticuler à la télé je me dis i
Font quoi i miment nos ridicules et puis
I les disent aussi nos ridicules et puis
C'est une forme hyperrythmique de poésie
La chanson de poésie populaire j'en suis
D'accord et alors la complainte aussi en
Est une de forme de chanson Laforgue ses
Complaintes c'est pour leur rythmique un
Peu braque que je les aime il soumet ses
Tournures à la métrique ce qui donne des
Trouvailles et des gaucheries aussi mais
Peu importe j'y entends quelque piano un
Peu ironique par exemple type crapaud un

Peu aigre égrener des rimes en -ture :
Je n'aurai jamais d'aventures;
Qu'il est petit, dans la Nature,
Le chemin d'fer Paris-Ceinture!
Vous voyez le tableau le chemin d'fer de

Touffes étouffé hérissé d'herbes essaimé
Jungle jugulé grignoté par la verte tout
Coupé serpent que traversent les vipères
A moins que ce fussent des couleuvres Oh
Sans doute ça arrivera ce sera quand les
Humains l'auront chopé le fatal virus et
Disparue l'espèce alors la nature féroce
Reprendra son absence de droits bah nous
N'y sommes pas encore bien que & boudons
Pas notre joie à lire Jules Laforgue :
- V'là l'fontainier! il siffle l'air
(Connu) du bon roi Dagobert;
Oh! ces matins d'avril en mer!

L'eau des fontaines évidemment c'est pas
La mer mais le fontainier est joyeux pas
Comme la mer qui est amère et pleine des
Gouffres amers où les nefs vont glissant
Que même des fois ils en reviennent pas.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 avril 2013

POSE-QUESTIONS ET CHERCHE-REPONSES
Brefs en lisant Jules Laforgue ("Les Complaintes et les premiers poèmes", Poésie/Gallimard).

 

1.
"Derniers soupirs d'un parnassien".
Onomatopées, la pluie, en suite de "klop, klip, klop, klop, klip, klop". Rythmique. Y a du palatal. "goutte à goutte égrenant son rythmique sanglot". Le "g" dégorge. "vasques", "bassin". Immobilité de l'eau. Seul un "jet d'eau trouble". Motif parnassien. Le "calme" aussi. Le "silence" aussi. C'est qu'on contemple. "qu'on qu'on", des fois, c'est bien ça. Qu'on contemple le temple. "globe assoupi". Dodo la boule, comme dit Léo Ferré. Globe "glisse dans l'infini", boule de billard, ou boule de magie, "sur des flots de velours". Fait illusion. "Là-haut". On lève la tête. Y a d'la liquide. "milliards de lieues". "l'espace". Mouvements. Billard des dieux. Les boules colorées criblent. Ou alors ce sont les têtes des "Pélerins ennuyés des solitudes bleues". Ils ont trouvé la voie et foncent à toute allure dans l'infini qui s'précipite vers le trou noir. Chasse d'eau.

 

2.
"Les Landes sans espoir de ses regards brûlés,
Semblaient parfois des paons prêts à mettre à la voile..."
(Laforgue, Complainte des consolations)

 

"Les Landes". Espace qu'on veut vaste. Aride aussi. Sec. "sans espoir". Que voulez-vous donc faire dans les Landes ? Aussi la belle a-t-elle des "regards brûlés". Elle flanque pas le feu, mais fait cendre de tout. "Paons". Bizarre l'image qui compare les "regards" à des volatiles criards. "prêts à mettre à la voile". Elle fuit des yeux. C'est de la cendre qui s'échappe cependant qu'elle fout l'camp en râlant des yeux.

 

3.
"Je ne vous aime pas, non, je n'aime personne"
(Laforgue, Excuse mélancolique)

 

Ne pas aimer. Ecrire franc : "Je ne vous aime pas, non, je n'aime personne". Rythmique gifle. Coup de pied au postérieur des grands aimants de la chose humaine. Moi aussi grinçant, Hugo m'indispose parfois. Quel lyrique clown!Quel jongleur génial bateleur de foire à faire le fou à Notre-Dame ! Et puis les autres, ces gens qui ont toujours quelque chose à vous demander. Ces gens qui ne savent pas rester tranquille. Qui ont besoin de, envie de, désir de. Qui ne savent pas se passer des autres. Qui préfèrent manger avec des amis plutôt que d'écouter du Duke, du Gillespie, du Mingus.

 

4.
"Hélas, qui peut m'en répondre !
Tenez, peut-être savez-vous
Ce que c'est qu'une âme hypocondre ?"
(Laforgue, Complainte des débats mélancoliques et littéraires)

 

Pose-questions et cherche-réponse. Voilà tout l'humain. Sans fard ni fin.

 

5.
"Le Génie, avec moi, serf, a fait des manières ;
Toi, jupe, fais frou-frou, sans t'inquiéter pourquoi,
Sous l'oeillet bleu de ciel de l'unique théière,
                         Sois toi-même, à part moi."
(Laforgue, Complainte des bons ménages)

On n'a pas que du "Génie". On a du ridicule, du mesquin, du trivial, de l'idiosyncrasie (j'aime bien ce mot que, à l'instar des termes "instance", "âme", et autres, j'ai du mal - sot je suis - à définir). On fait des manières. Après, on cause à la jupe. On pense "frou-frou". On fricote dans le "f". "Unique théière" : alors faut pas la casser, sinon on sera bien forcé de se passer de thé. Ou alors faut faire chauffer la plante dans casserole et eau chaude. J'aime bien le mot "casserole". Remarquez l'expression "traîner une casserole derrière soi" : la casserole justement est celle qui casse le rôle que vous voudriez jouer. C'est bien vu. Y a un dieu ironique dans les mots. la Bible, c'est le dictionnaire.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 12 avril 2013

SPHINGERIES ET SINGERIES

 

1.
"Et voici que j'entends, dans la paix de la nuit"
(Jules Laforgue, Soir de Carnaval)

 

Et et et et donc et quoi et que
Voici que cataclop cataclop un dada
Que dites-vous ? Et pourquoi pas un dada
J'entends son cataclop cataclop qui s'rapproche
Dans la ville la nuit dans
La plus longue rue de la ville la nuit la
Paix ombrée de la ville la nuit
De cette ville je ne sais rien rien rien sauf que de
La rue j'entends monter le cataclop cataclop de la
Nuit du grand cheval qui avale les villes.

 

2.
Parfois, ça ne tient qu'à un fil, celui d'Ariane au labyrinthe, celui qui se rompt, laissant tomber le coeur.

 

" - C'est la fin de la route pour toi, cow-boy !

 

- Tu n'es pas en meilleure posture, gamin ! Avec ces indiens, ton scalp ne tient qu'à un cheveu !"

 

(dialogue entre Billy The Kid et Lucky Luke in L'Escorte, de Morris et Goscinny, Dupuis, planche 31B).

 

3.
"Inconscient, descendez en nous par réflexes"
(Jules Laforgue, Complainte de Lord Pierrot)

 

Inconscient, me dis-je à moi-même car je suis lucide
Descendez - quand je m'en veux je me vouvoie
En énigmes tarabiscotées que
Nous aimons réfléchir
Par amour du sphinx nous avons des
Réflexes d'orgueilleux voyageur.

 

4.
Sphingeries et singeries nous autres :

 

" - Vous savez bien que les gens ne sont pas semblables à l'image qu'ils donnent d'eux... Beaucoup ignorent tout de leur propre mystère, faites attention, c'est très chaud !..."
(Velvet Verbonne à Rita Wednesday, in La Femme du magicien, de Boucq et Charyn, Casterman, p.63)

 

5.
"Ensablé jusqu'aux seins, rêve un sphinx accroupi."
(Jules Laforgue, Le Sphinx)

 

Ensablé puisque Chronos est fait de sable
Jusqu'aux amygdales la chevelue boîte à cinoche les
Seins si l'on est ce curieux bestiau pas bougeant On
Rêve le sable des énigmes nous passe par la tête
Un sable fait de
Sphinx car voyez le Sphinx
Accroupi ne bouffa pas l'homme, mais c'est nous qui l'avons, la bête et ses énigmes, dévorée.

 

6.
Ecrire, mimer une vie murmurée.

 

7.
"Messaline géante, oh ! ne viendras-tu pas
M'endormir sur tes seins d'un ron-ron monotone
Pour m'emporter, bien loin, sur des grèves, là-bas"
(Jules Laforgue, "J'écoute dans la nuit...")

 

Messaline, ô grande dessalée, ô
Géante des antiquités fantasmagorées
Oh ! et même oh la la, la la !
Ne viendras-tu, dis, ne
Viendras-tu, princesse à turlutes, dis, ne viendras-tu
Pas dans tes grands bras
M'endormir, que je plonge dans le songe, que j'aille
Sur les rives du loin d'ici me promener, que dans
Tes grands yeux je me perde, et que le long de tes
Seins je glisse comme si j'étais à la montagne Alors
D'un matou j'aurais le
Ron-ron content et je disparaîtrais dans le
Monotone - Fichtre !
Pour moi ce serait mourir
M'emporter loin du vent
Bien trop loin du vent
Loin du vent qui valse dans les rues et
Sur les faces des statues, bien trop loin
Des énigmes et des visages, des flots, des
Grèves et des livres, des murmures et des syllabes :
Là-bas, c'est trop loin, et c'est ici que je suis.

 

8.
"La mort est une note importante en bas de page..."
(Ferry et Pombal, Les Statues, Le Lombard, 1997, page 24 [Laios/Augustus])

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 11 avril 2013

Calendrier

Mai 2013
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Recherche

Concours

Recommander

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés