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BAUDELAIRE

DANS MON FONDS

 

1.
"Sganarelle en riant lui réclamait ses gages"
(Baudelaire, Don Juan aux Enfers)

 

- Moi y en a vouloir des sous qu'il beuglait le gueux.

 

2.
"Les fleuves de charbon monter au firmament
(Baudelaire, Paysage)

 

Aux mines du Seigneur, faut qu'ils bossent, les Anges !
Sinon, c'est les Enfers, pour nourrir les Démons !
Ou alors la Réincarnation, en cloportes !
En blattes et cafards, en bêtes qu'on écrase !

 

3.
"Et mon pied peureux froisse, au bord du marécage,
Des crapauds imprévus et de froids limaçons."
(Baudelaire, Le Coucher de soleil romantique)

 

Faut faire attention à pas glisser ! Attention
A pas s'y engloutir, au fond d'ces marécages !

 

4.
"Et courent, sanglotant et gloussant par saccades"
(Baudelaire, Lesbos)

 

C'est ainsi que les bois sont tout grouillants d'lutins ;
Et puis les murs aussi, qu'c'est affreux très grouillant !

 

5.
"Quand, ainsi qu'un poète, il descend dans les villes"
(Baudelaire, Le Soleil)

 

Ainsi qu'un poète, il se tape des boudins.

 

6.
"Dans mon fonds le plus ténébreux"
(Baudelaire, Le Chat, I)

 

Tellement ténébreux que j'peux pas y plonger la main, dans mon fonds, que j'y perdrai pied sûrement, dans mon fonds, que j'm'y noierai, dans mon fonds, je pense.

 

7.
"Tu ressembles parfois à ces beaux horizons"
(Baudelaire, Ciel brouillé)

 

Où l'on voit grange en feu et fou qui court.

 

8.
"Elle est toujours riche et profonde"
(Baudelaire, Le Chat, I)

 

C'est là l'intérêt des philosophes à héritages.

 

9.
"Dégoûtant Phénix, fils et père de lui-même"
(Baudelaire, Les Sept Vieillards)

 

Plus j'y pense et plus en effet c'est dégoûtant,
Cette affaire d'être à auto-engendrement !

 

10.
"Dans mon fonds le plus ténébreux"
(Baudelaire, Le Chat, I)

 

Là où j'vas à la pêche aux yeux !

 

11.
"Comme un sanglot coupé par un sang écumeux"
(Baudelaire, Le Crépuscule du matin)

 

Gorge tranchée, bouche ouverte sur cri coupé.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 16 juin 2013

PETITES BOUFFEES DE SONGE

 

1.
"Et promenant l'ennui de ton regard profond"
(Baudelaire, L'Amour du mensonge)

 

La promène... sa vache dans l'oeil... qui regarde passer des trains imaginaires dans la perspective de la serre.

 

2.
"La femme cependant, de sa bouche de fraise"
(Baudelaire, Les métamorphoses du vampire)

 

Donzelle... un cependant auquel faut être attentif... et puis bouche de fraise, miam.

 

3.
"Cherchant le soleil rare et remuant les lèvres"
(Baudelaire, Réversibilité)

 

C'est dans sa Valse de Melody que Serge Gainsbourg l'a constaté aussi que "le soleil est rare / Et le bonheur aussi / L'amour s'égare / Au long de la vie"... une expression baudelairienne donc que ce "soleil rare"... un point de vue parisien, fiévreux... à balbutier... en s'traînant "le long des grands murs de l'hospice blafard" du poème de Baudelaire, ou des "murs d'enceinte / Du labyrinthe / [qui] S'entrouvrent sur / L'infini" de la chanson de Gainsbourg.

 

4.
"Au coeur d'un vieux faubourg, labyrinthe fangeux"
(Baudelaire, Le Vin des chiffonniers)

 

Oùsque donc nous traînons nos carcasses et nos énigmes, ainsi que des sphinx en proie à l'ennui.

 

5.
"Bizarre déité, brune comme les nuits"
(Baudelaire, Sed non satiata)

 

Brune la nuit, blonde le jour, rousse au crépuscule... question d'harmonie... Sinon, étrange, la fille, comme capricieuse divinité... se détachant du fond de la nuit pour vous mordre le cou, on pourrait croire... image du sommeil qui soudain vous réveille.

 

6.
"La joue et l'oeil en feu, jouant son personnage"
(Baudelaire, Sisina)

 

Actrice.

 

7.
Le réel se divise en fictions.

 

8.
"Ils me disent, tes yeux, clairs comme le cristal"
(Baudelaire, Sonnet d'automne)

 

Si clairs que j'y vois à travers que tu n'existes pas... c'est clair comme pas toi.

 

9.
"Clairs fanaux, vivantes opales"
(Baudelaire, Le Chat, II)

 

Une mine d'yeux, la nuit, une mine d'yeux qui vous scrutent, et qui se détournent dès que vous les regardez, ou qui se font soudain si fixes, et si proches, que...

 

10.
"Et ce monde rendait une étrange musique"
(Baudelaire, Une Charogne)

 

Le vent balayant le désert de plus personne ici, de plus personne en ce monde.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 16 juin 2013

L'ÂCRE ODEUR DES TEMPS
Vaporeuse fantaisie sur le poème Le Flacon, de Charles Baudelaire.

 

1.
"Il est de forts parfums pour qui toute matière
Est poreuse. On dirait qu'ils pénètrent le verre.
En ouvrant un coffret venu de l'Orient
Dont la serrure grince et rechigne en criant,"
(Baudelaire, Le Flacon)

 

Forts parfums... d'l'entêtant... ça pore, ça troue la matière... l'étanche se dissout... le verre lui-même s'évapore... ah tiens, quelque coffret venu de l'Orient... serrure qui grince, rechigne, crie, répugne... vieilles choses enfermées dans le passé... cède enfin, laisse s'échapper de forts parfums.

 

2.
"Ou dans une maison déserte quelque armoire
Pleine de l'âcre odeur des temps, poudreuse et noire,
Parfois on trouve un vieux flacon qui se souvient,
D'où jaillit toute vive une âme qui revient."
(Baudelaire, Le Flacon)

 

Ou une maison déserte... on franchit des couloirs... on traverse des fantômes... on passe les plis... l'âcre odeur des temps... on entre dans une pièce... une armoire... un flacon, un flacon qui se souvient... D'où jaillit toute vive une âme qui revient... revenance odorante, le spectre de la rose, le génie d'la lampe... les rimes suivies sont épatantes... fantôme succède à un fantôme comme parfum à un autre... comme la dame en noir au mystère de la chambre jaune.

 

3.
"Mille pensers dormaient, chrysalides funèbres,
Frémissant doucement dans les lourdes ténèbres,
Qui dégagent leur aile et prennent leur essor,
Teintés d'azur, glacés de rose, lamés d'or."
(Baudelaire, Le Flacon)

 

Pensers en grappes... une théorie de chrysalides... chauve-souris, elles roupillent... du frémissant doucement dans les lourdes ténèbres... échos : frémissant doucement...le son "an" , le son "ou" aussi, le léger sifflement du "s" ; échos : la dentale "d" rythme le vers, annonce les deux plus appuyées syllabes du mot "ténèbres"... des êtres s'en dépêtrent, de la chrysaliderie, d'l'orgue à papillons... d'l'azur, du rose, du lamé d'or... ça fait soierie, chinoise tunique, exquise broderie, fignolé mirage... pensées pour casse-tête, pensées pour pensums, pensées fantômes... on dirait bien qu'il sent comme une présence...

 

4.
"Voilà le souvenir enivrant qui voltige
Dans l'air troublé ; les yeux se ferment ; le Vertige
Saisit l'âme vaincue et la pousse à deux mains
Vers un gouffre obscurci de miasmes humains ;"
(Baudelaire, Le Flacon)

 

Voltige... Vertige... ça spirale, vole, s'envole, virevolte... le son "v" (voilà, souvenir, enivrant, voltige)... l'âme du flacon s'échappe... prisonnier de sa geôle de verre, voilà qu'il s'évade... il prend la forme du souvenir, il trouble l'air, entête, ferme les yeux, se fait Vertige, quasi personne, l'âme du flacon saisit l'âme vaincue...C'est un diable, un démon des vapeurs, un pousse au gouffre... avec son encensoir à miasmes, il vous écoeure, vous évoque la tombe.

 

5.
"Il la terrasse au bord d'un gouffre séculaire,
Où, Lazare odorant déchirant son suaire,
Se meut dans son réveil le cadavre spectral
D'un vieil amour ranci, charmant et sépulcral."
(Baudelaire, Le Flacon)

 

Terrassée, l'âme... sur le fil... gouffre se rapprochant... le vide en vous flanque de la chute... odorant, déchirant... Lazare sort du flacon... dans l'air son suaire... imprégné cadavre... le passé vous spectre... c'était censé draguer d'la gonzesse d'antan, cette rance odeur d'amour borgne, louche... opéra du "a", le charme terrasse, Lazare, cadavre spectral,  charmant sépulcral, sort de la tombe, empoisonne, empeste.

 

6.
"Ainsi, quand je serai perdu dans la mémoire
Des hommes, dans le coin d'une sinistre armoire
Quand on m'aura jeté, vieux flacon désolé,
Décrépit, poudreux, sale, abject, visqueux, fêlé,"
(Baudelaire, Le Flacon)

 

Elles reviennent, les fées rythmiques des rimes... Mémoire, armoire... on se fait parfum soi-même... on se dissipe... s'évapore, s'distille dans le souvenir... c'est qu'on est mort... dans la pièce tombé... on a rangé nos affaires... nos flacons dans les armoires... reléguées, nos fêlures... abandonnées à la poussière... mises au secret des armoires... enterrées.

 

7.
"Je serai ton cercueil, aimable pestilence !
Le témoin de ta force et de ta virulence,
Cher poison préparé par les anges ! liqueur
Qui me ronge, ô la vie et la mort de mon coeur !"
(Baudelaire, Le Flacon)

 

Enigmé qu'on sera... énigmé gothique... enterré, cercueil... recyclé par la ritournelle éternelle des odeurs... oxymore, le mort... aimable souvenir on veut croire, et pestilence tout à fait... poussière d'ange, sorcier poison enclos... flacons nos fioles... ah la farce qu'c'est nous qu'on trouve le flacon et qu'on finit dedans... dans la proximité des rimes, leur boucle, Orient, criant, pestilence, virulence... dans la matière, le verre, liqueur qui écoeure, vie et mort, virulence du spectre... le passé qui prend à la gorge, avec la griffe de son maccab' parfum... se déploie dans l'air... ronge le présent comme un acide.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 15 juin 2013

 

 

 

 

 

LUNE, EAU SONORE

 

1.
"Lune, eau sonore"
(Baudelaire, Le Jet d'eau)

 

Le surréalisme a la beauté du diable et fréquente les écailles.

 

2.
"éclaboussé l'air de lueurs et de sang"
(Baudelaire, Duellum)

 

C'est dans les éclairs qu'il apparaît, toujours, le spectre sanglant. Et comme la pluie le dégouline, le sang se mêle aux rigoles d'eau qui serpentent sur le sol. Du coup, on voit des crapauds sautiller une croix rouge sur le dos.

 

3.
"Deux guerriers ont couru l'un sur l'autre ; leurs armes
Ont éclaboussé l'air de lueurs et de sang.
Ces jeux, ces cliquetis du fer sont les vacarmes
D'une jeunesse en proie à l'amour vagissant."
(Baudelaire, Duellum)

 

Deux guerriers... gueule contre gueule... ah les carapaces ! luisants scarabées... Sont déjà pleins de sang les furieux !... Lueurs... le soleil les éclate !...  le pinceau y sabre à larges traits clairs, du tourment dans la mâchoire, de la noire flamme... l'oeil aigu, d'la ponctuation plein la tronche !... fer qui frappe... Fracas, vacarmes, bam-bam blang, cris, gueulantes, bong bong, gerbes, dégueulis, tripes, odeurs, merde et sang... la jeunesse en proie...

 

4.
"Souvent, à la clarté rouge d'un réverbère
Dont le vent bat la flamme et tourmente le verre,
Au coeur d'un vieux faubourg, labyrinthe fangeux
Où l'humanité grouille en ferments orageux"
(Baudelaire, Le Vin des chiffonniers)

 

Clarté rouge... ça rappelle les lanternes des bordels... les attelages, les portes cochères, les pavés mouillés, les réverbères... le passé nous balance ses miroirs... à la faveur du vent... comme quoi souvent on y pense à ça, que le vent nous r'passe des choses, des visages, des faces, des ombres, des silhouettes, des paroles perdues, images anciennes, d'la ritournelle hantée... Comme je m'endors à l'église... Comme il est barbant ce prêtre... du verre tourmenté aussi... Le diable est au clocher... vieux Rimbaud, tu nous en a refourgué des spectres... ils dansent pendus dans ma tête... regardez, les vitraux se gondolent... on dirait que les Saints vont parler !... Et Jésus comme il s'anamorphose !... Attention aux éclats ! Aux griffes ! Aux becs et ongles ! Quelle gueule noire, Seigneur ! Et ces clartés rouges aux ardentes fentes ! Des faubourgs en dégoulinent ! en labyrinthe fangeux ! On y voit, au milieu des flammes et des paperoles de latin, les vivants et les nus s'y tordre... c'est d'l'humain tout grouillant... bouches ouvertes sur des abîmes... leurs cris ne sont pas leurs cris... on dirait qu'ils sortent de tuyaux d'orgues... et de la terre, d'où montent des lueurs, des éclairs, des orages, que la paix soit avec vous... Et avec votre Esprit.

 

5.
"J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts"
(Baudelaire, La Chevelure)

 

Là-bas... ah bah c'est trop loin !... plein de sève paraît-il !...hommes, arbres, femmes, décors, tout magnifique, tout transcendant tellement c'est beau ! A ne pas croire ! Quelle chance on a de voir tout ça ! ça vaut quand même le coup d'économiser ! Et puis de supporter schnocks et pétasses... L'ardeur des climats ! C'est ça qu'on veut ! et d'la couleur ! et d'l'historique ! du dépaysement ! qu'on n'est pas que des gueux ! Et ces vêtements ! comme ils sont beaux ! Et ces tresses, comme elles sont fortes ! Et ces cheveux, comme ils sont noirs ! houle ! houlà, on nous enlève, on nous ravit, on vogue sur la mer d'ébène, d'ivoire, du bleu des yeux des idiotes dans les chansons, du vert des palmiers peints sur les papiers peints, du glauque des antiques ! On est tout ébloui qu'on croit rêver, que le temps existe pas ! Ah si quand même ! faut rentrer à l'hôtel ! envoyer des cartes postales ! et puis ces voiles, ces rameurs, ces flammes, ces mâts, ces prouts ! pour la tortore, c'est pas ça quand même, on aurait dû se méfier...

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 12 juin 2013

UNE CAVALERIE DE CRAPAUDS

 

1.
"Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux"
(Baudelaire, Spleen "J'ai plus de souvenirs...")

 

Sans doute je finirai comme... parmi mes énigmes... fatigué d'avoir rien trouvé, tout raté... et l'on dira dans mon dos : "Ah le con !..."

 

2.
"Et sa chaude poitrine est une douce tombe"
(Baudelaire, L'Ame du vin)

 

Dans le poème, il s'agit du vin qui, passant par "le gosier d'un homme usé par ses travaux" - un homme - tombe dans le corps, par métonymie, ici : la poitrine, le coeur du bonhomme. Donnant la parole au picrate, le poète en fait donc de l'être vif, du mouvement animé de la conscience humaine, comme si nous pouvions les contrôler, les choses, comme si nous pouvions maîtriser le dragon alcool, comme si nous n'étions pas voués à l'humaine solitude, mais à la fraternité des objets.

 

3.
"Tes beaux yeux sont las, pauvre amante !
Reste longtemps, sans les rouvrir,
Dans cette pose nonchalante
Où t'a surprise le plaisir."
(Baudelaire, Le Jet d'eau)

 

Bon pour une anthologie de l'érotisme soft et chic, ces quatre octosyllabes. Illustrés par une encre, une aquarelle, une sanguine, je vois ça très bien, et l'amante dénudée et la ligne claire sur le papier, la rousse chevelure, les seins lourds, le gris-bleu des cernes, la blancheur des chairs... Certes, on n'entendra pas "dans la cour le jet d'eau qui jase", mais on l'imaginera, ce qui est tout aussi épatant... Il suffira de la clarté d'une fenêtre, de quelques ombres feuillues, d'une perspective sur une place, une cour, le parc d'un hôtel particulier, dans un autre temps, dans le blanc d'un autre soleil.

 

4.
"Beaux yeux, versez sur moi vos charmantes ténèbres !"
(Baudelaire, Les Yeux de Berthe)

 

La mélodie bien sûr ! Y a pas à dire, la ittérature, c'est l'art de dire... A quoi ça tient ? Le rythme binaire de l'hémistiche "Beaux yeux / versez / sur moi", la discrète allitération qui siffle ("versez sur"), l'écho de la labiale ("moi", "charmantes"), l'oxymore des "charmantes ténèbres"... Une marée muette d'ombre, celle de son regard, et puis le moi, envahi, inondé, enténébré, puisque nous ne sommes que par les ténèbres de l'autre.

 

5.
"Blessé par le mystère et par l'absurdité !"
(Baudelaire, Les Sept Vieillards)

 

Quand on y songe, la vie est assez absurde et nous ne pouvons jamais que composer avec les circonstances de cet absurde. On s'y cogne facilement, au sphinx, et facilement qu'aux rébus on paume son latin. Comment répondre ? A moins d'être physicien, ou concrétement utile, par autant de mystère et d'absurdité. C'est ainsi qu'on se sphinge et que l'on éloigne les absurdes voyageurs, ou qu'on les dévore.

 

6.
"Dans ton crâne où vivait l'immense Humanité"
(Baudelaire, Le Reniement de Saint-Pierre)

 

Etonnez-vous qu'après ça, ils attrapent la grosse tête, les prophètes !

 

7.
"Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues"
(Baudelaire, La Chevelure)

 

Un de mes vers préférés : l'abondante chevelure bleue promenée par un visage au sourire énigmatique, aux yeux brillants d'étoiles lointaines.
Vers qui, dans les mêmes Fleurs du Mal, fait écho au premier vers de la pièce XXIV : "Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne".

 

8.
Des fois, il faut bien le dire, je tousse comme si j'allais cracher une cavalerie de crapauds. Et dire que je n'ai pas plus de souvenirs que si j'avais mille ans...

 

9.
"Et tes yeux attirants comme ceux d'un portrait"
(Baudelaire, L'Amour du mensonge)

 

C'est dire la puissance de la représentation. On pourrait donc être aussi fasciné par le regard d'un tableau que par le regard d'une vivante. C'est que l'un fait penser à l'autre, et réciproquement.

 

10.
"Où, sous un ciel chagrin, des fanfares étranges"
(Baudelaire, Les Phares)

 

Je trouve ce vers délicieusement psychédélique. Il m'évoque la section de cuivres que l'on entend dans le morceau Jugband Blues de Syd Barret sur le deuxième album de Pink Floyd - A Saucerful Of Secrets - fanfare qui va et vient, bizarre et truculente comme une fatrasie, par bribes, par échos, par estompes.

 

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 10 juin 2013

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