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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 21:47

FAIRE PATCHWORK DE TOUT BOIS

 

1.

« Il y avait MOI. Je parlai de moi, - de moi, de moi, et de moi ; - de nosologie, de ma brochure et de moi. Je dressai mon nez, et je parlai de moi. »

(Edgar Allan Poe traduit par Baudelaire, « Lionnerie »)

 

2.

Il sortit la lune de sa poche, la fit briller d'un coup de mouchoir et replaça dans le ciel le croissant de son sourire.

 

3.

« O clarté trop fidèle, hélas ! et trop tardive,

Qui ne fait voir le mal qu'au moment qu'il arrive ! »

(Corneille, « L'illusion comique », V,4 [Isabelle])

 

La lucidité, bien souvent, ne nous débarrasse de l'illusion que pour céder la place au désespoir.

 

4.

Nous, nombres, face à l'Un, ce dieu unique que nous nous disputons comme meute de chiens un cadavre.

 

5.

« On dirait qu'il y a une autre voix en bas... »

(Mathieu Reynès, « Memento », in Spirou n°4050, p.6 [Harmony])

 

6.

Je laisse l'Histoire aux chiens et aux politiques. Ils y sont experts dans l'art de la recycler et d'en tirer profit.

 

7.

« puisque la grande aiguille est devenue verticale, et que maintenant mon départ termine cette dernière phrase ».

(Michel Butor, « L'Emploi du temps »)

 

8.

Parmi les parts de tarte se multipliant de part et d'autre, Alice, répugnant à l'indigestion, prit le parti de déguerpir.

 

9.

S'abriter dans un rayon de lune façon luciole de haïku aller à la pêche imaginaire ramener des poissons sans chair

 

10.

« Poursuivie

la luciole s'abrite

dans un rayon de lune »

(Ryôta Ôshima traduit par Atlan et Bianu)

 

11.

Se réfugier dans la maison hantée Aller chercher sa tête d'Halloween pis des histoires de balais oh dis pour l'balayer le réel ?

 

12.

Comme pour balayer le réel devant sa porte D'ailleurs devant sa porte on ne balaie jamais que du réel et tous ses masques tombés.

 

13.

Faire chanter le loup, le renard et la belette : Ecouter un disque de Tri Yann ou pratiquer la sorcellerie ?

 

14.

Danser son fantoche caboche caboche valse avec tout ça d'fantomatique

 

15.

Le réel en p'tits éclats On ne se souvient pas de tout dans le film C'est comme si ça comme si ça comme si ça

 

16.

Pratiquer le latin Vallaud-Belkacem : abandonner l'enseignement du latin.

 

17.

Danser comme la pluie sur un tambour se remuer rythmique le squelette crier The Show Must Go On !

 

18.

Jurer Nom de d'z'osses : jurer dans un cimetière (ce qui point ne se fait).

 

19.

Les vivants respectent les morts, lesquels ne les attendent même plus.

 

20.

Faire patchwork de tout bois dont on fait les flûtes qui traînent dans l'air sans qu'on s'en doute.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 12 décembre 2015.

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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 09:59

JUSTE UNE FARCE

 

1.

Dandy drôle au dîner déguste des radis blancs et boit du vin blanc en contemplant le rideau bleu qui tombe sur la scène.

 

2.

Point ne palpite l'air de petits poissons ; on n'y peut pêcher que les gifles du vent.

 

3.

« - Entre le laurier rose et le lotus jaseur

Glisse amoureusement le grand Cygne rêveur »

(Rimbaud, « Soleil et chair » IV)

 

4.

Ame amoureuse se mange tourments et mensonges et n'arrive pas à demeurer tranquille en sa maison.

 

5.

« Il est singulier que je pense sans cesse au roi. J'ai beau faire, beau secouer la tête, j'ai une voix dans l'oreille qui me dit »

(Victor Hugo, « Le Dernier Jour d'un condamné », XL)

 

6.

Les absinthes ont toujours tort me dis-je en contemplant quelque vieux volume de vers verlainiens et troués de vers voraces.

 

7.

Si l'univers était à l'envers, il ne serait point à l'endroit, ce dont le roi et le pauvre hère ne se soucient guère.

 

8.

Les autres, leur nuit, elle s'agite drôlement… S'affole même, aiguise ses couteaux, prépare ses boucheries…

 

9.

Et l'Univers alluma sa lumière noire ; lors, clairvoyants ils se crurent.

 

10.

C'est Noël ! L'être clignote : Je suis Je ne suis pas Je suis Je ne suis pas Je suis Je ne suis pas

 

11.

Clown autoproclamé, il se moqua moult de lui-même, et resta seul dans son cirque.

 

12.

Nous, nombres, des fois nous dérivons dans le zéro, un zéro plein comme un œuf.

 

13.

« il y a du raisiné sur le trimar (du sang sur le chemin) »

(Victor Hugo, « Le Dernier Jour d'un condamné », V)

 

14.

« épouser la veuve  (être pendu), comme si la corde du gibet était veuve de tous les pendus. »

(Victor Hugo, « Le Dernier Jour d'un condamné », V)

 

15.

« La tête d'un voleur a deux noms : La sorbonne, quand elle médite, raisonne et conseille le crime ; la tronche, quand le bourreau la coupe. »

(Victor Hugo, « Le Dernier Jour d'un condamné », V)

 

16.

« Quelquefois de l'esprit de vaudeville : un cachemire d'osier (une hotte de chiffonnier), la menteuse (la langue) »

(Victor Hugo, « Le Dernier Jour d'un condamné », V)

 

17.

« des mots bizarres, mystérieux, laids et sordides, venus on ne sait d'où : le taule (le bourreau), la cône (la mort), la placarde (la place des exécutions). »

(Victor Hugo, « Le Dernier Jour d'un condamné », V)

 

18.

L'humain ne cesse de devenir sa langue, et tourne dans le sens comme une bête en cage.

 

19.

La langue n'est pas fasciste ; elle est juste une farce, qui fait de nous ses sentencieux dindons.

 

20.

Le monde est avant tout un champ de bataille. Il ne devient tapis de prière que pour conforter les vainqueurs et consoler les vaincus.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 6 décembre 2015.

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 20:33

COMME SI UN MÊME FLEUVE

1.
Vers blanc :
« Monsieur, c'est un monsieur qui demande Monsieur. »
(France Culture, adaptation radiophonique du « Mystère de la chambre jaune », 1983, épisode 1 [Clara])

2.
Des yeux Dans l'air des yeux Ou des nageoires Ou des battements de cils électriques L'air des fois lourd ou légère chevale.

3.
« La nuit bruine sur les villes :
Se raser le masque, s'orner
D'un frac deuil, avec art dîner »
(Jules Laforgue, « Complainte des nostalgies préhistoriques »)

4.
Bruine sur les villes
Sur un lointain pavé
Cataclope un cheval fantôme.

5.
Absurde comme un sphinx un dieu passant un sphinx qui un dieu qui que voulez-vous qu'ils fissent sinon s'engloutir dans les syllabes.

6.
Le réel nous met à l'épreuve et nous appelons ça conscience, souvenir, comme si un même fleuve pouvait deux fois nous.

7.
La modernité, cette illusion de l'ubiquité. L'auteur écrit, boit, mange, tousse, tandis que sur les ondes s'écoule sa voix.

8.
« 8 Femmes » de François Ozon, un film sur quelques visages de femmes face à la mort de celui qu'en fin de compte elles n'aimaient pas, et qui est voué à manquer.

9.
Les fins d'année, cette illusion que le temps pourrait se suspendre dans la neige, les illuminations, la fête.

10.
Et ce n'est plus le sang qui coule dans les boudins, mais le lait, les œufs et la mie de pain.

11.
Les chansons meurent aussi ; elles se coupent le sifflet sur des sentiers que depuis longtemps la nuit a effacés.

12.
Sur les ponts, l'hiver, le vent hulule comme s'il appelait la Vouivre, la Vouivre, pour qu'elle revienne.

13.
« C'était un cœur plein de dandysme
Lunaire, en un drôle de corps. »
(Jules Laforgue, « Locutions des Pierrots », XII)

14.
« De même que « mamelle de cristal », métaphore inventée par le poète Saint-Pol Roux, ne redouble pas le mot carafe »
(Lucien Dällenbach, « Claude Simon », Seuil, coll. Les Contemporains, 1988, p.113)

15.
Qui est ce drôle de dandy qui se dandine là-bas imitant l'oie tandis qu'au passage des ouatures aboient moult ouah-ouah ?

16.
« La mer n'est pas la mer
C'est un gouffre sans fond
qui avale les garçons
par les matins trop clairs »
(Félix Leclerc, « La mer n'est pas la mer »)

17.
Non, Manon, mamie n'a nulle mamelle de cristal, mais une grande gamelle avec dedans un dentier qui balle.

18.
Les canards becquent et becquettent et les poules se becquent. Quant à Robert, « rien sur Robert », et sur Samuel Beckett ? Pas plus.

19.
« La mer n'est pas la mer » mais elle est bien amère quand même la mer, la mer, la mer…

20.
« Ce monstre arme le fils contre son propre père,
Et le frère (ô malheur!) arme contre son frère »
(Ronsard, « Discours des misères de ce temps »)

21.
« La mer n'est pas la mer »,  d'ailleurs, comme dit une autre chanson « la mer n'existe pas », la mer, c'est juste son fantôme.

22.
Et dans les profondeurs de ses gouffres le fantôme fourra quelques pommes, puis il se retira, chargé de navigateurs et de bateaux à voiles.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 5 décembre 2015.

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 23:07

CEPENDANT QUE VOUS SOURIEZ

 

1.

« Je ne suis nulle part ailleurs que dans les ailes

invisibles de l'air »

(Jean Tardieu, « Sonate »)

 

2.

« Dans mon obscurité quel est ce bruit ? »

(Jean Tardieu, « Dialogues pathétiques », III)

 

3.

Coton de nuages

un chat passe dans la rue

trois taches souples et claires.

 

4.

Comme il a une jambe de bois

en passant il toque il toque il toque

et parfois une voix d'en dessous répond

« Entrez ! »

 

5.

Le vent souffle dans les gens

parfois ils s'envolent en grinçant

et planent sur nos têtes.

 

6.

Je ne suis pas difficile

tout le monde me traverse

et quand de mon invisible gifle j'en gifle un

c'est pur hasard et fantaisie je le jure.

 

7.

Entre les murs il y a des portes

des ombres les passent

et moi je cherche mes clés.

 

8.

Je ne suis nulle part ailleurs, et c'est bien parce que c'est vous, lui dit-il renonçant un temps à son ubiquité.

 

9.

Faut s'méfier, des fois qu'il y aurait dans l'air quelque zoziau invisible et fatal pour vous bouffer le foie.

 

10.

L'obscurité n'assourdit pas. Le piano danse. Le spectre de la pluie claquette.

 

11.

« Et le jour a brûlé comme une page blanche »

(Ossip Mandelstam)

 

12.

« Nous pourrions être anthropophages

et nous manger au restaurant »

(Jean Tardieu, « Ce qui n'est pas »)

 

13.

Le loup Homme pour l'homme. Dog dog eat dog, tout. Tout. Fatal tout. Tout... vraiment Il avait un air à

 

14.

A vrai dire, il avait un air à aller au restaurant pour y manger des gens.

 

15.

Se fixer dans une forme, se foxer (si l'on est rusé) dans quelque firme ferme Il avait l’œil

 

16.

Il avait l’œil pluriel, l'être singulier qui ne se fixait dans aucune forme. D'ailleurs, des fois, qu'est-ce qu'il pouvait souffler fort.

 

17.

Être lié par un appel par une campagne hantée lointaine une voix là-bas dans le passé dans l'auparavant.

 

18.

Ne pas connaître de limites Le vent la mort les nombres ses limites nous qui ne sommes ni le vent la mort les nombres.

 

19.

Et la bibliothèque brûla Comme une page blanche

 

20.

J'aime bien l'idée, trouvée dans un poème de John Keats, de la « Mélancolie voilée ».

 

21.

La « Mélancolie voilée », comme si elle voulait que l'on ne puisse pas la nommer, passe dans la rue faussement animée.

 

22.

« Rome poursuit en vous un ennemi fatal »

(Racine, « Mithridate »,III,1,v.913 [Xipharès])

 

23.

Rome La Ville Urbi et Orbi deux bonshommes – la Ville poursuit un rêve ou un cauchemar d'homme

 

24.

Comme il pleuvait dru, j'arrivai. Tiens, voilà la pieuvre, dirent-ils.

 

25.

« en vous un ennemi fatal » dépositaires du Crabe en vous en vous un dieu sombre un fantoche à fils un discours vénéneux en vous un

 

26.

En vous ce dieu sombre qui crache des blasphèmes.

 

27.

Des fois un dieu ivre bavarde en vous et vous poursuit dans la ville comme la pluie le passant.

 

28.

Parfois, il me semble que la mort danse dans vos visages, cependant que vous souriez.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 28 novembre 2015.

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 03:56

COLERINES

1.
« La honte de cent rois, et la mienne peut-être » i dit le Mithridate à Racine, qu'nous en partageons donc, avec ceusses de l'absolu.

2.
« Ah ! Que viens-je d'entendre ? » s'interroge quelque Pharnace ; c'est ce que je me demande aussi, d'autant que je m'assourdis avec le temps.

3.
Ah ! avoir autant d'oreilles, autant d'yeux, qu'il y a de choses à entendre et à voir.

4.
Savoir tout ce qui se passe dans nos cœurs… ça nous ferait une drôle de jambe phénoménomachin, et après, unijambiste ?

5.
« Ne vous souvient-il plus, en quittant vos beaux yeux » (Racine, « Mithridate ») : Aurait-elle, en même temps que la vue, perdu la mémoire ?

6.
L'humanité, c'est intéressant… Elle s'entr'égorge et se demande pourquoi.

7.
Bafouillage intéressant d'un journaliste à la radio : « il faut appeler les noms par ce qu'ils sont ! » Certes.

8.
Dieu bafouille l'homme. Il ne sait pas vraiment ce qu'il dit.

9.
Le blasphème est la plus belle invention de l'humanité après Dieu et la playmate du mois.

10.
Il paraît que Playboy renonce au nu intégral. A quoi bon l'acheter alors ?

11.
Le dieu des jihadistes n'a pas d'oreilles pour entendre la musique, n'a pas d'yeux pour contempler les femmes, et à mon avis, il n'a pas de cerveau non plus.

12.
« Cette vivante image en qui vous vous plaisez »
(Racine, « Mithridate », III, 5 [Monime])

Ô miroir !

13.
« l'Islam, religion des opprimés » ? Ah tiens ! Opprimé, le Qatar ? Opprimée l'Arabie Saoudite ? Opprimé, le Maroc ?

14.
Considérer l'Islam comme la « religion des opprimés », c'est un peu insultant pour les musulmans, non ?

15.
Daech est une émanation du ressentiment, le contraire de la volonté de vivre ; daech n'est qu'une gigantesque pulsion de mort.

16.
C'est sûr que lorsqu'on remplace le débat par la kalash, on a raison sur un point : les morts ne parlent pas. Ce qui ne prouve pas qu'on l'ait raison.

17.
L'islamophobie n'est jamais qu'une branche de l'anticléricalisme. Moi qui suis croyant, Dieu sait si je peux me moquer des prêtres !

18.
« N'appartiens jamais à personne ! » et surtout pas à quelqu'un qui prétend parler au nom de Dieu.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 novembre 2015.

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 11:10

FLUCTUAT NEC MERGITUR

 

1.

L'horreur des attentats de Paris. Soudain, on n'a plus envie d'écouter de musique, ni de regarder un film. On serre les poings.

 

2.

Les experts que j'ai entendus récemment remettre en cause la nécessité des frappes aériennes en Syrie devraient avoir honte. Certes, les frappes aériennes à elles seules ne suffiront pas à vaincre les hordes de daech, mais sans doute les gênent-elles considérablement, en permettant notamment aux Kurdes de reprendre du terrain et, en tout cas, de contenir l'avancée de l'EI. Les attentats récents contre la France et la Russie montrent assez leur utilité.

 

3.

« Chacun de nous est-il assujetti à sa communauté d'appartenance ou l'individu prime-t-il sur la communauté ? »

(Pascal Bruckner in « Le Point » du jeudi 12/11/2015, p.39)

 

4.

Le débat entre communautarisme et intégration oblige-t-il l'individu à choisir entre sa famille et l’État, et à ainsi abdiquer ce qu'il est au profit soit d'une caste religieuse, soit d'une quelconque bureaucratie  ?

 

5.

Si le communautarisme s'avère incompatible avec la démocratie, et si toute politique d'intégration est vouée à l'échec, où est la solution ?

 

6.

Je suis surpris d'apprendre qu'il y a encore des imams salafistes en France. Sommes-nous en guerre, oui ou non ?

 

7.

« une sainte alliance des trois monothéismes » ? Foutaises ! A moins de renier toute tradition, on ne pourra au mieux que coexister pacifiquement.

(cf « Le Point » du 12/11/2015, p.39)

 

8.

Dieu est mort, et comme tout kamikaze, en mourant, il tente d'emporter avec lui le maximum de vivants.

 

9.

Il est possible que le dieu des jihadistes ne soit qu'un leurre, une manière pour eux d'oublier qu'ils ne sont que des brutes.

 

10.

Ce qu'il y a, c'est que nous sommes assez intelligents pour croire en un Dieu dont nous savons pertinemment qu'il n'existe pas.

 

11.

Quand Christian Estrosi a parlé de « cinquième colonne » islamiste en France, une grande partie de la classe politique lui est tombée dessus. Et pourtant, difficile de croire que les attentats de Paris, vu le degré de préparation qu'ils supposent, ont pu être commis sans complicité intérieure.

 

12.

Les assassins de daech multiplient les attentats contre les puissances de la coalition. Est-ce qu'ils ont compris qu'il étaient perdus ?

 

13.

Je salue le récent bombardement (le 8/11/2015) du centre pétrolier situé en Syrie et contrôlé par daech. Frappe intelligente puisqu'elle tend à priver l'EI de ses ressources.

 

14.

Lucidité de Pascal Bruckner dans « Le Point du 12 novembre 2015 », pour qui la gauche, « par clientélisme » « délègue la gestion » des banlieues, « soit aux mosquées, soit aux caïds, laissés libres de faire leur trafic ou de tenir les cités. »

 

15.

Que les daechiens avouent ce qu'ils sont, et qu'ils se cousent une croix gammée.

 

16.

Qu'il y ait des jihadistes infiltrés parmi les réfugiés (les « migrants ») est une évidence. Le tout est de pouvoir les repérer.

 

17.

Dans quelle mesure est-il légitime de présenter les chiites comme des progressistes et les sunnites comme des conservateurs ?

 

18.

Rétablir les frontières tout en gardant l'euro ? Pourquoi pas ?

 

19.

Et si daech était une organisation mercenaire ? Au service de qui ? Qui les paie ? Et dans quel but ?

 

20.

Dans cent ans, que dira-t-on de la France ? Qu'elle a plié devant l'intégrisme religieux, ou qu'elle a contribué à débarrasser le monde de daech ?

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 15 novembre 2015

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans ACTUALITES
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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 11:13

DES FOIS QU'ON ASPIRE AU SILENCE

1.
Des fois qu'on aspire au silence, au silence « en noir » des horloges d'un poème de Verhaeren, piqueté silence, tic-tac tranquille de la bibliothèque, en noir silence, contre les autres silence, contre le bruit que vous faites silence, toutes les fureurs lointaines silence, tout nouveau tourment silence, tout œil chargé de reproches silence, toute foudre des sourcils silence – ah tiens, c'est rigolo, ce « truc gras en forme de poulet », que j'entends dans un épisode de « Desperate Housewives » et la bouche de Gaby, comme quoi le silence et moi, c'est très relatif, moi, pomme bouffeuse de fictions, de navets même, et sont-ce glousses de poules, cacardes d'oies, cancanes de canards qu'ouïs-je en boucle et à la fin du morceau « Bike » du « Piper At The Gate Of Dawn » des Pink Floyd du temps de Syd Barrett ? – ; des fois qu'on aspire au silence, qu'elles bouclent leur chant, les Sirènes, qu'on puisse en paix s'imaginer des chansons de marins, et les grands mugissements des taureaux tempestaires ; des fois qu'on aspire au silence, à l'autre côté du rideau où se faire face, se rendre compte que, comme dit l'autre, dans Claudel des « Ténèbres » : « Je suis ici, l'autre est ailleurs, et le silence est terrible ».

2.
Au magasin du Diable, on trouve tout ce qu'il faut dans le genre tourments et catastrophes, et l'humain pour vous servir.

3.
Des fois, le silence se promène tout en noir, rentre dans les horloges, d'où il ressort avec des yeux chargés de reproches.

4.
« A quel nouveau tourment je me suis réservée ! »
(Racine, « Phèdre », IV,6 [Phèdre])

Le cœur du tragique, c'est qu'le singulier s'en réserve, des tourments et d'la catastrophe, un ticket de train pour Les Ombres.

5.
Quand elles se taisent, les Sirènes, les marins chantent-ils ? Est-ce l'heure des grand mugissements ?

6.
« Je suis ici, l'autre est ailleurs, et le silence est terrible »
(Paul Claudel, « Ténèbres »)

7.
Des fois qu'on aspire au silence, au silence « en noir » des horloges d'un poème de Verhaeren, des fois qu'on aurait envie de pleurer.

8.
Piqueté silence, tic-tac tranquille de la bibliothèque, silence traversé de jeunes femmes tandis que dehors, le jour s'active encore.

9.
J'aime les gens qui font contre les autres silence, les gens qui opposent l'entêtement de leur silence aux fureurs lointaines du monde.

10.
Une figurine de bande dessinée, poursuivie par des yeux chargés de reproches et qui froncent la foudre de leurs sourcils.

11.
Il était si mélancolique qu'il avait souvent l'impression de donner ses doigts à manger à sa guitare.

12.
Ah tiens, c'est rigolo, ce « truc gras en forme de poulet » que j'entends dans un épisode de « Desperate Housewives » et la bouche de Gaby.

13.
Le silence et moi, c'est très relatif, moi, pomme bouffeuse de fictions, de répliques, de masques, de chansons.

14.
Sont-ce glousses de poules, cacardes d'oies, cancanes de canards, qu'ouïs-je en boucle à la fin du « Bike » des Pink Floyd de Syd Barrett ?

15.
Qu'elles bouclent leur chant, les Sirènes, qu'on puisse s'imaginer des chansons de marins, et les mugissements des taureaux tempestaires.

16.
Des fois qu'on aspire au silence, à l'autre côté du rideau où se faire face, face, face, tête de mort.

17.
Le réel est plein de comme dit l'autre, de Claudel des Ténèbres, de Céline à traits furieux, ou alors faut pas s'occuper de littérature.

18.
Assis à une terrasse, buvant un alcool blanc, regardant passer l'invisible dans l'invisible et la jeune femme en blanc de nos rêves.

19.
La situation parfois masque assez ses grimaces, et l'on finit toujours par mourir.

20.
Des fois qu'on aspire au silence, au silence des horloges, et puis à personne.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 8 novembre 2015

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 09:47

LE LENDEMAIN DES DEMONS

 

1.

- Mon fils, que vas-tu devenir ?

- Mon Dieu, que vas-tu faire de moi ?

 

2.

Et si l'Apocalypse arrivait parce que nous pensons qu'elle va arriver. Et si la Bible était une auto-prédiction ?

 

3.

Sans doute, nous sommes-nous rendus éligibles à l'Apocalypse. C'est ainsi que nous tuerons Dieu.

 

4.

Dieu, cette valeur ajoutée.

 

5.

Parfois, je me demande de quel univers parallèle viendra la main qui nous sauvera, ou la faux qui fera sa moisson de nous.

 

6.

N'y a-t-il en Europe que Vladimir Poutine à être assez déterminé pour en finir avec daesh ?

 

7.

Le Diable a plus d'un nom. Quand on discute avec lui, il vaut mieux savoir à quel masque on s'adresse.

 

8.

A moins que je me trompe, sur France Culture, pas un mot sur la mort d'Orlando de Rudder. Mais il se peut que je me trompe.

 

9.

Il est curieux de voir un gouvernement ; dont certains membres admirent tant les avocats Danton et Robespierre, s'attaquer à l'AJ, (l'Aide Juridictionnelle, je précise, et n'allez pas croire que tous les avocats sont des nantis, loin de là !)

 

10.

Une carte scolaire, si « intelligente » soit-elle, peut-elle tenir face à l'offre du privé ?

 

11.

Sur France Culture, ce matin, « la revalorisation de certains quartiers entraîne la dévalorisation d'autres quartiers. » Puissance du symbolique.

 

12.

L'apprentissage de l'arabe (classique ou dialectal ?) serait-il un implicite de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires ?

 

13.

Les médecins, le grec, le latin, les avocats ! Ça suffit maintenant, François, tiens-toi tranquille, si tu veux ton scooter pour Noël !

 

14.

Pour la première fois depuis longtemps, le taux de chômage baisse en France. Dont acte. Mais combien d'emplois marchands créés ?

 

15.

Quel dragon, la politique. Plein de mirages, ce souffle là. A vous emporter.

 

16.

« Conserver ce qui vaut ; réformer ce qu'il faut. »

(Disraeli cité par Hervé Mariton ce matin sur France Culture)

 

17.

Précieux comme un numéro de Charlie Hebdo

une réplique de Spinoza

comme le droit d'ouvrir sa gueule

comme un tweet de Fanchon Fourguerolle

 

18.

Comme il croque le réel, des fois, Laforgue, demandant si le «  vent qui s'ennuie », pour se distraire, « retourne-t-il bien les parapluies ? »

 

19.

J'aime bien comme il dit, Laforgue : « Antigone, écartez mon rideau », comme pour voir le Sphinx faire les cent pas sous la pluie.

 

20.

De plus en plus d'énigmes, mais un seul Sphinx, celui qui questionne et qui dévore.

 

21.

Il ouvrit tellement grand sa boooooouuuuuuchhhhhhe que le monde en fut comme éclipsé.

 

22.

Et cette « bouche clownesque » qu'il flanque, Laforgue, à ses « Pierrots », qu'on en suppose tomber des syllabes cocasses.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 octobre 2015.

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 21:41

QUAND TON VISAGE

 

Quand ton visage dans ma mémoire apparaît

Il me semble que je suis hanté

Tu te promènes dans ma caboche

Comme dans ta chambre

Tu vas viens remues tu chuchotes

Et tu te cambres.

 

Quand ton visage dans ma mémoire apparaît

Il me semble que je suis hanté

Tu te dissipes et tu palpites

Comme dans ton lit

Tu vas viens tu te déshabilles

Et tu souris.

 

Quand ton visage dans ma mémoire apparaît

Il me semble que je suis hanté

Soudain un train d'enfer t'emporte

Comme sans crier gare

T'es plus là j'entends une por-

tière qui claque un moteur qui démarre.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 25 octobre 2015.

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 21:37

LE PASSÉ EST UN SPHINX TENACE

 

1.

« Que la vraie vertu, c'est dans les temps difficiles qu'on va la chercher, et dans les temps paisibles, ce ne sont pas les hommes vertueux qu'on recherche, mais ceux qui par les richesses ou la parenté ont plus de popularité. »

(Machiavel traduit par Fontana et Tabet, « Discours sur la première décade de Tite-Live », Livre III, Chapitre 16, NRF, Gallimard, 2004).

 

Ouais, sauf que des fois, « dans les temps difficiles », les gens vont quand même chercher d'ces épouvantables...

 

2.

L'oeil n'est pas le conquérant du réel, mais son espion.

 

3.

L’œil l’œil l’œil l’œil l’œil l’œil l’œil

L’œil pas le conquérant du réel l’œil son

Espion l’œil l’œil son espion l’œil l’œil

 

4.

Le passé est un sphinx tenace. Il persiste à parler par énigmes et à défendre sa cité contre les barbares et les imbéciles.

 

5.

Sphinx sphinx sphinx sphinx sphinx sphinx sphinx

On dirait l'appel d'un drôle d'oiseau antique ce

Son clair qui grince grince grince grince grince

dans l'air

 

6.

Le réel est plein d'experts qui ne se trompent qu'afin que d'autres experts les contredisent.

 

7.

On nous dit partout qu'il faudra bien changer notre mode de vie. L'humain ne changera pas. Il a déjà élu sa fin.

 

8.

Parfois, j'ai envie de dire au politique qu'il peut toujours courir s'il croit que je vais changer la paille de mon œil pour la poutre du sien.

 

9.

Je parierais assez volontiers que plus d'un politique se prétend beaucoup plus pratiquant qu'il n'est croyant.

 

10.

Au contraire des idéologies, et même si elle est rarement populaire, la lucidité ne se démode pas.

 

11.

En politique, il y a tellement de fumées sans feu, que l'on va finir par recenser des cas de combustion spontanée.

 

12.

Dans l'partout des hommes, les ailleurs sifflent les là-bas, se multiplient l’œuf, s'étouffent et s'entrebouffent.

 

13.

L'partout des hommes tant tant tant y en a

Des ailleurs y sifflent y persistent qu'ça

S'multiplie l’œuf et tant tant tant y en a

Que tous s'étouffent s'entrebouffent tous.

 

14.

J'ai beau regarder la lune par la fenêtre, elle groove jamais, c'te pâle patate, comme le « Yellow Moon » des Neville Brothers.

 

15.

Quand un politique en appelle à en finir avec les « oppositions stériles », gaffez qu'des fois c'est pour nous faire manger d'la couleuvre.

 

16.

Couleuvre couleuvre couleuvre gaffez des fois

Quand il vous dit l'énarque qu'il faudrait en

Finir avec les « oppositions stériles » qu'il

S’apprête à vous la glisser dans le gosier sa

Couleuvre couleuvre couleuvre gaffez des fois

 

17.

Ce qu'ils appellent « interdisciplinarité », souvent, ce n'est que « saupoudrage », émiettement des savoirs.

 

18.

Les politiques sont des élèves méritants : ils apprennent par la répétition de leurs erreurs ; parfois même, ils trichent.

 

19.

« Un tic-tac froid rit en nos poches »

(Jules Laforgue, « Complainte des Mounis du Mont-Martre »)

 

Se fout de nous l'Chronos, pis nous ronge les osses.

 

20.

« Un tic-tac un tic-tac un tic-tac un tic-tac

froid froid froid froid froid froid froid tic

tac rit en nos poches » écrit Jules Laforgue.

- Ou presque.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 25 octobre 2015.

 

 

 

 

 

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