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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 20:04

ENTRE TANT DE TENDANT VERS

 

1.

« Je choisissais un mot puis le reliais à un autre par la préposition à. »

(Raymond Roussel cité par André Breton in « L'amour fou », folio n°723, p.116)

 

Je, ce choix entre tant de tendant vers,

choisissais puisqu'à chaque instant n'est-ce pas nous

un chemin qui devient le seul le

mot qui fait ma phrase

puis la phrase qui tresse ma parole puis

le corpus de tout ce qu'on attend qu'on dise je

reliais ainsi chaque jour

à cet axe invisible qui fait

un autre parmi les autres un

autre parmi tant de tendant vers

par quoi donc est-ce que j'existe ? par

la grammaire le bavardage de la lune le miroir du comme ou la

préposition à

à laquelle j'appartiens.

 

2.

Je, ce choix entre tant de tendant vers,

Et puis zou, dans le trou avec les vers.

 

3.

Je choisis, lors je suis ce chemin qui devient le seul tandis que tous les autres s'évanouissent dans la nature.

 

4.

En français, on peut dire : « Je suis ce chemin », comme si nous pouvions l'incarner, cette route que nous prenons.

 

5.

« Je suis ce chemin » : parole christique. S'il était resté sur la terre, il aurait donc pris possession de toute route, de tout chemin. Il était donc qu'il devait partir et laisser le Diable aux carrefours. L'on ne s'étonnera donc plus de le rencontrer, au détour d'une phrase, celui qui reste, ce péril en la demeure, cette inquiétante rencontre en chemin.

 

6.

Socialement, nous sommes ce corpus de toutes les paroles qu'on attend de nous, et on nous colle la bouche au rôle que l'on nous attribue.

 

7.

Ce que nous appelons poésie est une tentative pour échapper au corpus, à l'utilité contractuelle, à l'illusion du contrat social.

 

8.

Je puis bien être un défenseur du contrat social ; cela ne m'empêchera jamais de le planter quand il s'agit d'écrire.

 

9.

« Je est un autre » comme disait l'autre.

 

10.

Quoi qu'on ? Bah, qu'un autre, un autre de plus, parmi tant d'autres, tant de tendant vers.

 

11.

Tant de tendant vers, tant de tendant à, c'est à ce à que nous appartenons ; nous sommes ce but que nous n'atteignons jamais.

 

12.

L'humain, c'est d'la préposition ; il faut qu'il soit quelque part, et surtout à quelque chose.

 

13.

« Sous ton œil de diamant noir. »

(Tristan Corbière, « Insomnie »)

 

14.

Sous l'aile de la nuit, ah quel oiseau !

Ton œil me regarde ; il est tissé de mille yeux, ton

Œil noir lourd de bec et de griffes.

De cet œil noir quelle œuvre en tirer ? Quel

Diamant de gravure ? Quel

Noir dessin d'insomniaque halluciné ?

 

15.

Sous l'aile de la nuit, ah quel oiseau qui pond sous vos paupières.

 

16.

Et dans ton œil, un autre œil, très ancien, tissé des milliers d'yeux qui l'ont précédé.

 

17.

La nuit, la lune, un œil dans un œuf.

 

18.

La nuit la lune un œil dans un œuf

Après on peut se voir dans la tête

Que cet œil cette lune cet œuf

Un fou l'épie par son œil-de-bœuf.

 

19.

« - Lui, c'était simplement un long flâneur, sec, pâle ;

Un ermite-amateur, chassé par la rafale... »

(Tristan Corbière, « Le poète contumace »)

 

20.

Ça flâne long flâne sec flâne pâle

Ça s'bannit le dimanche

Ça s'laisse chasser

Ça par un peu d'vent un peu d'pluie.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 10 octobre 2015.

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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 21:53

A VOUS HIBOUX J'AVOUE

 

1.

« mais c'était une tâche impossible, ses bras s'avérant trop courts. »

(Exbrayat, « Et qu'ça saute »)

 

Mais évidemment, Armand

C'était d'attraper le jambon ou la lune en papier ou la fille des airs

Une j't'en ficheraie

Tâche dans la mare à

Impossible qu'il pataugea lors

Ses – i pouvait pas le gars – ses

Bras trop courts ses bras

S'avérant de plus en plus

Trop de plus en plus trop de plus en plus trop trop trop trop trop trop trop trop trop trop trop

Courts.

 

2.

Des fois qu'on attraperait le jambon, la lune en papier, la fille des airs et pis qu'on attrape que sa gueule enfarinée, ou alors un rhume.

 

3.

Nos bras avec le temps se font de plus en plus courts qu'on les a des fois crus si longs pis le réel plus lointain de plus en plus passé.

 

4.

Mais l'impossible, c'était d'attraper le jambon ou la lune en papier ou la fille des airs, une j't'en ficheraie, autant rattraper l'heure.

 

5.

Autant rattraper son ombre, celle qui vous tire la langue sur un mur dans un vieux film muet.

 

6.

Tâche dans la mare à

Impossible qu'il pataugea lors

D'ailleurs je ne le reconnus pas.

 

7.

Ses – i pouvait pas le gars – ses bras trop courts, ses bras s'avérant de plus en plus petits à mesure que le sac d'or prenait de l'altitude.

 

8.

Trop de plus en plus trop de plus en plus trop trop trop trop trop trop trop trop trop trop trop (je loge près d'une boîte de nuit).

 

9.

« A l'automne, derechef, les Rolling Stones avaient rendez-vous avec l'Amérique. »

(Philippe Bas-Rabérin, « Les Rolling Stones », Albin Michel / Rock& Folk)

 

A la manière dont ça chutait

L'évidence éclata flamboyante

Automne pointait sa rousse frimousse

Derechef l'automne avec ça

Les musiciens anglais les

Rolling - chevelus zétaient

Stones - pis électriques zétaient

Avaient des morceaux terribles pis

Rendez-vous avec la célébrité espère

Avec là oùsqu'il naquit le blues

L'épatante qui tangue guitare là-bas loin en

Amérique aux mille et des cents.

 

10.

A la manière dont ça chutait, fallait se rendre à l'évidence de l'automne et de son museau humide de chien d'chasse.

 

11.

« à l'automne, derechef »

(Philippe Bas-Rabérin)

 

J'aime bien l'inusité, l'archaïsant « derechef » pour désigner l'automne, cette vieille planche de spleen.

 

12.

« Pierres qui roulent », Rolling chevelus zétaient Stones pis électriques zétaient bluesy même façon rythme et écorchures à leurs débuts.

 

13.

Oui, qu'on irait là oùsqu'il naquit le blues à l'épatante qui tangue guitare, ou dans l'là-bas du piano honky-tonk d'une chanson américaine.

 

14.

Des fois,

J'me sens seul comme un château d'eau dans son linceul.

Des fois,

Y a des mots, ils pondent des lèvres dans mes rêves.

 

15.

Le problème, c'est pas l'humain, c'est son dieu.

 

16.

« Ma solitude – Toi ! - Mes hiboux à l’œil d'or »

(Tristan Corbière, « Le poète contumace »)

 

17.

Ma toujours je la retrouve

Solitude ritournelle en ma chambre

Toi ! Eh oui ce n'est que et bien toi

 

18.

Mes pas ne suivent que mes pas Aux

Hiboux je pense et pourquoi pas ?

 

19.

Les hiboux en valent bien d'autres surtout s'ils sont Mes hiboux et qu'en conséquence, ils ne se donnent même pas la peine d'exister.

 

20.

À vous hiboux je voue j'avoue un culte étrange

L’œil que vous me faites dans la tête je l'aime cet œil

D'or qui s'ouvre quand je dors.

 

21.

Ma toujours je la retrouve solitude ritournelle en ma chambre, avec des lalala de chœurs sans voix, des froufrous de femmes sans chair.

 

22.

Toi, ce n'est que et bien toi me dis-je à moi-même ;

Lors, dins m'tiête, elle a dit, la Zut : « tarte à la crème ! »

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 10 octobre 2015.

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 12:59

JE VOUDRAIS ECRIRE UNE BELLE CHANSON

 

Je voudrais écrire une belle chanson

Une chanson de Robert Charlebois

Une qui fait rêver filles et garçons

Mais ça ne vient pas, alors je bois

 

Je voudrais écrire une belle chanson

Une chanson de Serge Gainsbourg

Une qui fait rire filles et garçons

Mais ça ne vient pas, du coup j'me bourre

 

La gueule.

Quoi ?

Ma gueule.

 

J'y mettrai dans ma belle chanson

Des lacs bleus pis des blancs les loups blancs

Et aussi

La neige en tas d'Noëls blancs

Oui mais je ne suis pas du Québec

Ça ne vient pas, alors je bois sec

 

J'y mettrai dans ma belle chanson

Amours défuntes des javanaises

Et aussi

Du jazz et des rimes balèzes

Oui mais je ne suis pas virtuose

Ça ne vient pas, du coup au Four Ros-

 

-ses j'me chiffonne la gueule

Quoi ?

Ma gueule.

 

Je voudrais écrire une belle chanson

Une chanson du grand Jacques

Une qui emmène filles et garçons

Mais ça ne vient pas, alors je craque

 

Je voudrais écrire une belle chanson

Une vraie chanson de Johnny

Une qui déménage filles et garçons

Mais ça ne vient pas, du coup whisky

 

Pour ma gueule et moi

Pourquoi ?

Ta gueule.

 

J'y mettrai dans ma belle chanson

Tout un plat pays et des Marquises

Et aussi

La ville s'endormait et Mathilde

Oui mais je ne suis pas bruxellois

Et ça ne vient pas, alors je bois

 

J'y mettrai dans ma belle chanson

Qu'on a tous quelque chose de Tennessee

Et aussi

D'la gratte sauvage et pis des cris

Oui mais je ne suis pas un rocker

 

Alors tu sais quoi ?

Ma gueule et moi,

On change d'air.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 27 septembre 2015.

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 12:55

UN DÉBUT DE CHAIPAKOI ET QUELQUES VIVACITÉS PEU AMÈNES

 

1.

Tous sont contents. On boit du blanc. On mange boudin blanc, raisin blanc. On s'engouffre de gaufres.

 

2.

Tous sont contents quand tacaclop tacaclop (et pis t'attrapes le crabe) arrive le chval d'la mort, le dada macabre. Qui qui lui a ouvert ?

 

3.

En outre (tombe), i cause, i parle, i jacte, ce chval, en angliche et en fransswais, mais d'abord il s'avale une dose de chval et de whisky.

 

4.

Tous sont blancs maintenant, blancs de blancs, aussi blancs que raisin blanc, boudin blanc, sucre sur les gaufres, blancs de frousse car…

 

5.

Blancs de peur car faut toujours une cause à kekcoz, ne serait-ce que parce que et points de suspension.

 

6.

Blancs de peur because l'effroi qu'leur flanque le palefroi, si tant est que le mot palefroi est capable de cet effrayant hennissement.

 

7.

Lors le jactant dada, le loquace cheval sic parola :

« Oyez, oyez

Chuis là, chuis pas là…

Le loup passe par là »

 

8.

Lors le destrier à la langue déliée déclara :

« Voici venu le temps

Des grands hennissements

Sous la lune et son rat

Le renard passe par là »

 

9.

Lors le canasson ainsi s'exprimant leur foutit le tracson :

« Voici venu le temps

De la lune et son rat

Blanc le rat

Blanc le rat

Blanc. »

 

10.

Ayant dit, le v'là parti, l'dada, dis, l'est parti, l'disant cheval ! (On entend au loin qu'ça cataclope de plus en plus lointainement).

 

11.

Dada fui, moi j'dis : çui-là qui s'sent de continuer c'te bizarre disance, que point ne se gêne, car ma pomme, le chval, chu sauvé avec.

 

12.

« Ashen lady, ashen lady,

Give up your vow, give up your vow ;

Save our city, save our city, right now. »

(Jim Morrison, « Roadhouse Blues »)

 

L'expression « Ashen lady », dans l'édition de poche 10/18, c'est traduit par « Dame blême ». Du coup, ça me fait penser que cette « Dame blême », elle aurait comme un air de notre « Dame blanche » des carrefours et des routes perdues, vous savez, cette âme étrange qui prévient les automobilistes du danger. Sauf que dans le texte de Jim Morrison, le narrateur, à la « Dame blême », il lui demande de « rompre son vœu », pour « sauver la cité », comme si elle ne pouvait rien dire, en fait, la « Dame blême »…

En tout cas, si c'est juste pour draguer l’auto-stoppeuse, c'est un peu appuyé comme rentre-dedans, non ?

 

13.

C'est un affreux jojo

C'est un drôle de coco

Qui fait rien qu'à mater les lolos

Qu'à rêver de crapuleux dodos Oh !

 

14.

J'ai la tête pleine de vent

C'est pour ça j'ai pas le temps

De retenir ce que j'apprends

De ma caboche tout fout l'camp.

 

15.

Sentiments… violonades… roucoulades… guimauve, et puis enculades, forcément.

 

16.

La nuit, dans sa poche, l'assassin se promène avec son surin. La nuit, dans sa caboche, à l'assassin, la lune pond des œufs de sang.

 

17.

Mister Maddog, l'est né avec un kien dins s'tiête… C'est pour cha, vous l'regardez, vous faites rin qu'à passer, i vous aboie en d'dans.

 

18.

TOTO :

Serais-je si petit ? Et seriez-vous si grand

Que de tout ce que je dis vous voilà à rire ?

 

NONO :

- Je ne suis point si grand que vous êtes petit ;

Quant à rire, c'est qu'il me plaît, à moi, de rire...

 

MOI :

Ces alexandrins, où déjà les ai-je ouïs ?

Plagiheurais-je ? Serais-je si étourdi ?

 

19.

Cette main tendue

Vers moi

Je crois

Cette main tendue

Quel diable l'a tranchée ?

Ça doit être moi

Si j'en crois

Cette hache entre mes doigts.

 

20.

Des fois, je me sens si orgueilleux, que je crois que mes yeux ne pleureront que quand je serai mort.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 27 septembre 2015.

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 01:10

DES FOIS J'SUIS SÛR Y EN A

 

1.

En français, on met le nez dehors

Et la main et le pied

Et la jambe et le bras

Et tout le reste du corps.

 

2.

Les journaux du soir... je songe à la pluie sur les boulevards bleus, luisances lueurs city lights et ton corps dedans.

 

3.

Elle a dans les yeux le sourire d'un clown

Triste comme il se doit

Quand on écrit des chansons clowns

Sur ce qui vous file entre les doigts.

 

4.

Des pas sur la neige et puis du sang… combien de fois ce rêve combien de fois ce rêve combien de fois ce rêve combien de fois ce rêve

 

5.

Bien sûr je me rêve bien sûr je me rêve en capitaine impeccable en homme exact tu parles et Charles attend.

 

6.

Des fois j'suis sûr y en a, i crèvent d'une bouteille de vin, d'un coup d'couteau en pleine mémoire.

 

7.

Des fois j'suis sûr y en a, zont le horla en eux, qui écrit par leur main et s'nourrit de café de vin de tabac et de mensonge.

 

8.

Je me suis parfois demandé à quel moment le narrateur des nouvelles de Lovecraft allait se mettre à nous parler dans la langue des autres dieux.

Et si justement, c'est ce qu'il…

 

9.

Des fois j'suis sûr y en a, sont tellement pleins de cimetières que leur langue elle est comme du lierre étouffant patiemment les maisons.

 

10.

« - Avez-vous, au moins, quelque idée de l'assassin ?

- Oui, monsieur Darzac, voyez comme il se tient dans l'horloge avec ses moustaches d'aiguille. »

 

11.

J'aimerais ne pas mourir avec des yeux sans mémoire.

 

12.

Ah si je pouvais payer avec des mots, nul doute que je serais riche et très riche me dis-je non sans prétention et fatalisme.

 

13.

Le grain d'une voix, l'élégance d'une orchestration, on a tort de mépriser les chansons populaires.

 

14.

Des fois j'suis sûr y en a qui crèvent d'une chanson, de Brel, de Gainsbourg, d'une ritournelle, d'un prénom.

 

15.

Le mot « abandon », une feuille morte y tournoie dans un peu de vent avant le sol, et toutes ses tombes.

 

16.

Des fois j'suis sûr y en a i rêvent leur Nord leur Nord latin avec cette cousine Elsa qui s'appelle Christine.

 

17.

Pourquoi, mademoiselle, ne m'es-tu pas revenue en rêve ? Où sont tes yeux ouverts, la douce ironie de ton sourire, et cette langue que je ne comprenais pas ?

 

18.

Des fois y en a j'suis sûr, i pensent que leur langue est tombée d'un roi pêcheur, et dans cette langue navrée, ils attendent la pêche miraculeuse aux chevaliers.

 

19.

Des fois y en a j'suis sûr, i croient que le nom de leur dieu est ancré en eux comme une ombre, une lumière, un épervier.

 

20.

Des fois y en a j'suis sûr, i pensent qu'il n'y a pas de place parmi tous ces organes ces viscères ces entrailles pour aucun nom de dieu.

 

21.

Révélation (en tout cas pour moi) sur France Culture en cette nuit du 27 septembre 2015 : La mayonnaise avec de la moutarde, c'est pas de la mayonnaise, c'est de la rémoulade (Hervé This dixit).

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 septembre 2015.

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 00:41

DAME BLÊME

(Librement inspiré du texte « Roadhouse Blues » de Jim Morrison)

 

« Ashen lady, ashen lady,

Give up your vow, give up your vow ;

Save our city, save our city, right now. »

(Jim Morrison, « Roadhouse Blues »)

 

Du Morrison Jim

Dans les esgourdes

Dans la boîte à gants du gin

Et cette petite gourde

En blue-jean à mes côtés

Je me joue le blues du relais

 

On va s'en payer

Dis du bon temps

Ça je n'y fais qu'y penser

A son jeune corps ardent

En blue-jean à mes côtés

Je me joue le blues du relais

 

Pour sûr qu'ça va rouler rouler rouler

Pour sûr qu'ça va rouler rouler rouler

Rouler toute la nuit

 

Eh mais quoi qui s'passe

Mais qu'est-c'que c'est

V'là-t-y pas qu'à la place

De la blondasse apparaît

La dame blême en fourreau

Noir dans sa main pâle un couteau

 

Même qu'elle se met à chanter Psychokiller

Mais qu'est-c'que c'est ?

Pour sûr qu'ça va rouler

 

Tandis que le Jim

Raconte qu'en se levant ce matin

Il s'est servi une bière

Raconte qu'en se levant ce matin

Il s'est servi une bière

Et des tas d'trucs encore

Qu'j'ai pas eu l'temps de rapport

A c'que j'suis mort

 

Du Talking Heads

Dans les esgourdes

Dans la boîte à gants du Red

Label je roule je roule

Sur la route qu'en finit pas

Roule sur la route qu'en finit pas

Personne à mes côtés

Je me joue le blues du relais.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 septembre 2015.

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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 21:13

QUANT A FRANK ZAPPA IL PORTAIT LA MOUSTACHE

 

1.

Sur la pochette de l'album « Abbey Road », les Beatles sont quatre. Quatre, comme dans la vraie vie. Etonnant, non ?

 

2.

Pour manger du poisson, j'utilise une fourchette. D'ailleurs, je ne mange plus avec mes doigts depuis longtemps... Je n'étais même pas né.

 

3.

On dit qu'il y eut un cinquième, un sixième et peut-être même un septième Beatles.

Sans doute y en eut-il un huitième, encore plus méconnu, et un neuvième, plus méconnu encore que son prédécesseur.

Le douzième Beatles avait un frère jumeau qui rêvait de fonder un groupe appelé « The Eyes ». Il y croyait très fort.

Quant au treizième Beatles, beaucoup doutent de son existence.

Le quatorzième Beatles, il est tellement méconnu que lui-même n'en a jamais rien su.

On parle aussi, dans certains milieux, de Beatles fantômes. Soyons sérieux : rien ne prouve leur existence.

Quant à Frank Zappa, il portait la moustache.

 

4.

Si votre assiette vous fait un clin d’œil, c'est que vous n'êtes pas dedans.

 

5.

Si votre assiette vous fait un clin d’œil, c'est qu'une fée s'y est installée. Si vous la brisez, vous récolterez les éclats de la fée et aussi ceux aussi sec d'une scène de ménage qui se terminera, selon les cas, par : « Je retourne chez ma mère » ou « Je reviens, je vais chercher des cigarettes ».

 

6.

Scarabée béat béat béat tu fais quoi en scarabée attifé en Beatles de supermarché ?

 

7.

I s'est adjugé s'est étapé l'épatant first au sommet l'est tapé dur Tartempion c't'un champion.

 

8.

Steak frites frites frites frites frites le samedi midi des fois j'ai l'neuronal synchrone avec le stomacal.

 

9.

Il se passe toujours quelque chose se passe toujours s'passe passe passe passe tours et détours.

 

10.

J'avais le cœur à mais j'l'ai plus à ah la la qu'c'est pas drôle d'avoir ce cœur-là.

 

11.

Vrai c'est en vain qu'on se voue à la vénus vomitive du vin.

 

12.

Des fois dans la caboche comme un disque rayé rayé rayé rayé rayé ayez ayez pitié (oh yeah).

 

13.

Les poètes, c'est pas des gens bien, qui ne font du réel rien qu'un tas de rimes.

 

14.

J'ai brisé tous mes dieux ; j'en ai fait des démons.

 

J'ai regardé tous mes dieux

Brisé tous mes dieux je les ai bataillés

Tous mes dieux se sont battus combattus

Mes dieux se sont défaits mes

Dieux se sont vaincus

J'en ai fait des masques j'en

Ai fait des chants pour le Bouc

Fait des tragédies des farces des comédies

Des totems des tabous des ombres et des esprits des

Démons qui maintenant me regardent.

 

15.

« Je me sens partir en diagonale »

(Serge Gainsbourg, « Ciel de plomb »)

 

Je me sens partir

Me sens partir loin pourtant je suis là me

Sens partir planté pourtant

Partir en paradoxe

En pays pas d'ici mais d'ici quand même en

Diagonale, lunatique au château qui se croit sur l'échiquier.

 

16.

On peut y mettre des amoureux ; on peut dans un chemin tout aussi bien y placer un assassin.

 

17.

Lune

Y a-t-i des fourmis ?

Lune

Y a-t-i des yétis ?

Lune

Ou de jolies ladies au clair de terre ?

 

18.

Des fois, j'écoute la mort à la radio. Des fois, elle chante, la mort, avec un drôle d'accent d'ici.

 

19.

Guitare ça tinguelingue un blues d'entre deux rues paumées là-bas au pays des autres en Amérique.

 

20.

Je ne voudrais pas mourir pour Hollande ou Sarkozy

Je ne voudrais pas mourir pour la patrie

Je mourrai quand il le faudra

Et poil aux rats.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 septembre 2015.

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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 18:50

QUI QU'EN VEUT D'MON MAMMOUTH ?

 

Ça vous dirait un mammouth dans votre salon ?

Venez un peu par là que je vous le présente…

Le voilà tout en os, c'est un beau bestiau, non ?

Et ce préhistorique papy, voyez, il est à vendre…

 

Qui qu'en veut d'mon mammouth ?

Qui qu'en veut d'mon mammouth ?

Il est si hype si in pas out

Du tout.

 

Ça vous dirait un mammouth dans votre salon ?

Alors rendez-vous à la salle des ventes !

C't'un great kit, non ? pour les kids, filles et garçons,

Des défenses aux pattes, il n'y a pas un os qui manque.

 

Qui qu'en veut d'mon mammouth ?

Qui qu'en veut d'mon mammouth ?

Il est si hype si in pas out

Du tout.

 

Ça vous dirait un mammouth dans votre salon ?

Un beau mammouth laineux du temps d'l'âge de glace ;

S'il prend de la place ? Eh ! mais c'est une occasion !

Une carcasse qui vaut le coup qu'on se décarcasse.

 

Qui qu'en veut d'mon mammouth ?

Qui qu'en veut d'mon mammouth ?

Il est si hype si in pas out

Du tout.

 

Ça vous dirait un mammouth dans votre salon ?

A Noël pourriez y suspendre des guirlandes

Y accrocher lutins pantins guignols lampions,

Même qu'au carnaval i pourrait baller avec la bande !

 

Qui qu'en veut d'mon mammouth ?

Qui qu'en veut d'mon mammouth ?

Il est si hype si in pas out

Du tout.

 

Ça vous dirait un mammouth dans votre salon ?

C'est original et puis toujours de bon goût ;

Vous n'en voulez pas ? J'le remets dans son carton

Avant qu'un clebs ou un greffier m'en chipe un bout.

 

Qui qu'en veut d'mon mammouth ?

Qui qu'en veut d'mon mammouth ?

Il est si hype si in pas out

Du tout.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 septembre 2015.

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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 16:17

DENOUER L'EMBRASSE

 

1.

Dans la fraîcheur de l'oreiller

Je pose ma tête

La nuit et moi ne dormons pas.

 

2.

Le cafard, on peut lui passer des chansons des Beatles, lui lire « Le Scarabée d'or », on a beau vouloir le promouvoir, noir i reste, cafard.

 

3.

Le réel est plein de passantes perdues. Des fois vaut mieux pas les revoir. Ce sont éclairs qui portent au loin.

 

4.

Ce sont toujours d'autres filles qui te séduisent. Tu ne sais pas où sont tes yeux.

 

5.

Des fois L'Etoile du Nord ne me cause ni chtimi ni rouchi, mais reste muette en jetant sur moi de grands coups d’œil rouge.

 

6.

Un cerveau flottant dans la rue ; des gens courent après, avec de grands filets à conscience et des trous dans le réel où des fois, bin, i tombent.

 

7.

Parfois, on n'en croit pas ses oreilles, lesquelles ne vous disent pas tout.

 

8.

Un cerveau, on peut pas y fourrer tout le réel ; ça finit toujours par se répandre, par s'affoler, par se casser et tomber sur le parquet.

 

9.

Parfois on est si distant comme si on préférait rester dans son lointain, sphinx aux énigmes usées.

 

10.

En français on peut chercher la lumière, son chien, la solution, son parapluie, son nom, chercher ce qui de toute façon sera perdu.

 

11.

Il portait son visage comme un complément circonstanciel. Pas vraiment indispensable, mais très utile.

 

12.

« Rentrons au château. » Ah comme j'aurais aimé dire cela un jour, avec ma demoiselle dans sa limousine.

 

13.

Doutant soudainement de son existence, « Je sais parfaitement que tu mens » me dit Zut dans le miroir.

 

14.

Je n'aime pas les « schémas narratifs » ; on dirait des plans de carrière.

 

15.

Quand on n'est pas seul avec les mots, ça ne manque jamais, on se met à bavarder, et même, tiens, à se rendre utile.

 

16.

En somme, nous ne sommes que Mais ni avant ni après nous y sommes ponctuellement, et même que ça ne fait pas un pli.

 

17.

Parfois, j'aimerais que tu sois là, mais tu es là, et il faut bien que je fasse avec.

 

18.

Ma petite Zut est dans la lune et son ombre s'allonge s'allonge s'allonge jusque dans ma tête dit-il lunatique.

 

19.

Je dénouai l'embrasse

Moi mon cœur

Je dénouai l'embrasse

Moi je pars.

 

20.

Je n'ai pas de meilleur ami que moi-même. Et il me le fait bien sentir, le salaud.

 

21.

Je posai ma tête sur l'oreiller et je sortis.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 septembre 2015.

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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 15:56

INTERROGATION

 

L'espace

Dans l'espace

Dans l'espace-temps

S'étend s'étend s'étend

S'étend s'étend c'est quoi ?

C'est quoi et pourquoi ?

Y a-t-il un dieu ?

 

On ne sait pas.

 

La fille

Dans la chambre

Dans la chambre blanche

S'étend s'étend s'étend

S'étend s'étend C'est qui ?

C'est qui et pourquoi

Est-elle là ?

 

Je ne sais pas.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 septembre 2015.

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