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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 15:56

INTERROGATION

 

L'espace

Dans l'espace

Dans l'espace-temps

S'étend s'étend s'étend

S'étend s'étend c'est quoi ?

C'est quoi et pourquoi ?

Y a-t-il un dieu ?

 

On ne sait pas.

 

La fille

Dans la chambre

Dans la chambre blanche

S'étend s'étend s'étend

S'étend s'étend C'est qui ?

C'est qui et pourquoi

Est-elle là ?

 

Je ne sais pas.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 26 septembre 2015.

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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 16:16

LA VENGEANCE DU CORSAIRE GASCON

D'après « Un cadet de Gascogne chez les Peaux-Rouges » de Messieurs Charles Quinel et Adhémar de Montgon.

 

1.

Comme i zétaient sous quelque menace d'ombre et d'envoûtement, leur fallait un refuge dans un ailleurs assez lointain avec de la mer entre.

 

2.

Ils voguèrent donc vers des pays des prairies des bisons des plumés des dindons du tabac des patates et de l'exotisme à totems.

 

3.

L'un d'eux y flanqua d'la monumentalité phallique puis alla voir ailleurs si Frédéric Larsan était oui ou non celui qu'on croit que.

 

4.

De retour du côté d'la colonne, la vit toute fleurie bellote de bois sculpté contant les aventures de Pof le Dig. Les Indiens avaient œuvré.

 

5.

Cet homme nommons-le Prosper s'associa avec quelque quidam de sa langue et les deux se mirent à commercer avec âme qui vive plumée ou non.

 

6.

C'est bien connu, l'ailleurs est plein de gens qui n'ont rien à y faire.

 

7.

Prosper et Quidam étaient au mieux avec les Indiens des plaines et des déliées (leurs femmes et leurs filles étant girondes).

 

8.

Etant au mieux donc avec les ceusses de là, les deux marchands s'attirèrent jalousies ressentiments et regards noirs de troisièmes larrons.

 

9.

Précisons que souvent ces troisièmes larrons jouaient les seconds couteaux ce qui je vous l'accorde n'est pas une astuce de premier choix.

 

10.

Non seulement zavaient l'oeil noir les farouches mais zétaient en plus nombreux. Fichons le camp dirent les se levant d'un bond bonshommes.

 

11.

Bon zurent pas l'temps d's'ensauver qu'ils furent pris jugés dans le temps d'un clin d’œil de la fatale à la camarde pendus.

 

12.

Au pays du steack frites le samedi midi, cela se sut, cela déplut. De vengeurs cousins prirent la mer et les armes.

 

13.

Parmi ces vengeurs l'était un corsaire des moins commodes le genre à se souvenir longtemps que vous l'avez privé de dessert.

 

14.

Dès l'arrivée en vue du pays des bisons ravis, des pâtures, des peinturlures de guerre et des figures rouge virago, y eut navale bataille.

 

15.

Y eut des plouf des paf et crack des pif et cris des branlements de combat des morts des blessés et moult glouglous fatals.

 

16.

Notre corsaire, blazons-le Arthur, mit patte à terre et suivi de ses borgnes sabreurs à jurons s'enfonça dans la jungle entre-temps jaillie.

 

17.

D'abord ne virent rien que singes noix de coco araignées véloces féroces yeux et de plumés néant et de blancs cousins non plus.

 

18.

A force de progresser dans une jungle si jungle qu'on aurait fini par y parler aztèque ou inca ou volapük pyramidal zarrivèrent kekpart.

 

19.

Or donc kekpart par-là tombèrent sur un village assez pourvu d'indiens pour qu'on l'appelât village indien. Ce qui est ma foi fort bien fait.

 

20.

Furent par les Indiens du coin bien accueillis nos Français à barbe (la jungle fait pousser la barbe des hommes blancs, c'est bien connu).

 

21.

Lesquels Indiens du coin n'étaient point coin-coins sauvages à voilpé ou quasi mais agrémentés de tissus colorés flottants et d'or en bijoux.

 

22.

Y en avait même un qui parlait gascon. Ça tombait bien c'en était un. Le corsaire aussi. Oh dis-donc zétaient cousins ! Du coup, bisoux.

 

23.

Pour fêter ces retrouvailles, y eut ripaille. On dévora, on s'boissonna, et l'on se jura surtout de venger les morts.

 

24.

Brefs, Français et Indiens s'allièrent pour aller massacrer les autres aux yeux noirs lesquels étaient d'un pays où l'on joue de la guitare.

 

25.

La place fut prise, les ennemis capturés tués achevés ; les fuyards, les Indiens en firent confetti confetti si de tous ces déconfits.

 

26.

Ses morts vengés, quelques cousins de Gascogne retrouvés, tous reprirent la mer pour s'en retourner dans l'civilisé car faut pas exagérer.

 

27.

Quant aux Indiens yop-là bon débarras se dirent-ils puis ils allèrent faire fortune en gérant des casinos dans le désert.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 13 septembre 2015.

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 20:23

PENSES-TU !

 

1.

« Pense-t-elle au Bonheur,

Au Bonheur à tout prix

Disant : tout plutôt que mon cœur reste ainsi incompris ? »

(Laforgue, « Noire bise, averse glapissante... »)

 

2.

Pense-t-elle ? Penses-tu !

Pense-t-il ? Pas plus.

 

3.

Pense-t-elle, cerveau c'te bête dans sa boîte, perspicace vivace et qui vous pond de ces mondes oh de ces mondes !

 

4.

Bonheur, qu'on en veut sa part de yop-la-boum pis qu'on est tout contrit consterné déconfit bref tout con quand ça n'vient pas.

 

5.

« Je t'en ficherai, moi, des à tout prix » qu'elle râle Zut en cherchant sa fronde à géants.

 

6.

Tout a un prix dit-on, que fixent secrètement les diplomaties.

 

7.

« tout plutôt que mon cœur reste ainsi incompris ? »

(Laforgue)

 

Alexandrin. Très sobre. Ternaire comme un S.O.S lumineux là-bas tout au fond d'la pluie.

 

8.

Tristement : j'aime cet adverbe qui semble traîner la patte dans un flot de feuilles mortes.

 

9.

Rester : j'aime bien comme la séquence « r »+ voyelle + « st » bruisse, façon automne.

 

10.

Je reste tristement, dans l'ici je demeure.

Voyez comme j'alexandrine et me lamente

Si vous saviez comme j'ai envie d'une bière.

 

11.

« La Lune se lève,

O route en grand rêve !... »

(Laforgue, « Solo de lune »)

 

12.

« Solo de lune » : beau titre, ô Laforgue, qu'elle flûte la lune, qu'elle saxophone velours, qu'elle le fait frémir, son silence.

 

13.

Grande cymbale muette ! Soleil ! Ou alors le doux frémissement de la Lune.

 

14.

La Lune palpite doucement, secrètement ; et elle sourit aussi, de nos naïvetés.

 

15.

La face cachée de la lune ? Eh ! Miss Foudre y tisse ses masques d'ombre.

 

16.

« Le ciel pleut sans but, sans que rien l'émeuve,

Il pleut, il pleut, bergère ! sur le fleuve... »

(Jules Laforgue)

 

17.

Le ciel, qu'y a-t-il à l'intérieur du ciel ? Des boyaux bleus, des organes noirs ? Des océans qui s'interpellent ? Des échos sans fin ?

 

18.

Pleut plic ploc pleut sur les ploucs les VIP les vamps pleut des as de pique ça fait des flaques qu'ça gèle qu'ça glisse jusqu'à ce qu'on s'casse kekchose.

 

19.

Sans but qu'on boffe qu'on bute le temps pis dans des boîtes vides, qu'on fume en regardant passer les gens le long de la rivière de cassis.

 

20.

Sur l'eau la brume tisse un genre de chorale spectrale. Sur le pont je passe. J'ai envie d'une bière.

 

21.

Des fois on est sans que rien nous ou même nous c'est drôle comme on est des fois surtout quand on n'y est pas alors rien non rien ne nous.

 

22.

Pleut plic ploc pleut sur les VIP les RIP les vifs les vides les fripés et les lisses ça fait des flaques patientes qui vous guettent le bas d'pantalon.

 

23.

« Il pleut, il pleut, bergère !

Rentre tes blancs arpions »

qu'elle braille la Zut en marchant vite vers des vengeances indicibles.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 12 septembre 2015.

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 19:14

ENSEMBLE QU'ON CROIT

1.
« Or, si le rythme retombe, qui tient tout ensemble, tout retombe, et finit en « pièces détachées ».
(Lucien Dällenbach, « Claude Simon »)

2.
Rythme : batterie, fontaine, velours des frappes dans le « Come Together » des Beatles.
Retombe : tant qu'on se relève et puis il arriva que.

3.
Tiens : bon la rampe sous la lampe sur tes jambes et chante Jambalaya que c'est une chanson, et aussi un plat de la Louisiane lointaine.

4.
Tout : ou rien qu'on dit, et puis on s'arrange parce qu'avec le temps, hein ?
- Ensemble : qu'on croit.

5.
En décrivant minutieusement le passé, cherche-t-on à le révéler, à l'exorciser ? Le présent n'est-il qu'un pauvre étant possédé par le temps ?

6.
Tout retombe, le spéculatif des fois, c'est qu'du soufflé, qu'ça vous retombe et  zêtes un rien déconfit.

7.
Finir : s'applique à tout, même que généralement nous finissons avant d'avoir fini tout ce que nous avions prévu de faire.

8.
Finir : verbe d'essentialité cause que tout est suite de fins qu'à la fin des fins nous-mêmes qu'on finit.

9.
Pièces détachées, le réel, puzzle que nous manipulons comme si nous cherchions le temps au fond d'un puits.

10.
Tenter de renouer avec son passé, autant aller à la pêche aux reflets.

11.
La nuit dernière sur France Culture, rediffusion d'épisodes diffusés en août 1983 du « Mystère de la Chambre jaune » avec Philippe Nicaud dans le rôle de Rouletabille. Drôle d'impression à l'écoute du générique retrouvé avec son violon jazz et sa voix féminine qui prononce la phrase fameuse : « Le presbytère n'a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat. » Tout ça, c'était au fond d'ma caboche – je n'y pensais jamais – et puis par les oreilles ça m'est revenu, avec un drôle d'étrange petit goût, un je-ne-sais-quoi de passé révolu, d'illusion de temps plus heureux.

12.
« Non cogitant ergo sunt, dit l'exergue de Gulliver emprunté à Lichtenberg. »
(Lucien Dällenbach, « Claude Simon »)

13.
L'humanité, l'exergue d'un machin qu'on voit pas vraiment venir, un truc  du genre l'humachinité, l'hyperlongévité en équations, pouah !

14.
Le truc de l'hyperlongévité, on peut pas supporter ça tout seul. Mais, ma pomme, je me vois pas non plus vous supporter des milliers d'années.

15.
Donnez l'hyperlongévité aux humains, vous verrez qu'ils vont plus du tout se supporter et se mettre à s'abréger mutuellement l'existence.

16.
« Non cogitant ergo sunt » [Lichtenberg], même que maintenant, on leur file des diplômes.

17.
L'humain est voué à être de moins de moins naturel, rapport à ce qu'à l'état de nature, il se massacre le mutuel. Du coup, il se dénature.
18.
« Si tu ne sais pas où tu vas, souviens-toi d'où tu viens. »
(proverbe cité par Lucien Dällenbach dans son ouvrage sur Claude Simon et dont il dit qu'il vient, ce proverbe, du Bénin).

Ça peut s'blueser :

SI TU NE SAIS PAS OU TU VAS

Sur la route ce matin
Si tu ne sais pas où tu vas
Sur la route ce matin
Si tu ne sais pas où te mènent tes pas
Souviens-toi, oh souviens-toi
D'où tu viens

Dans la ville ce matin
Si tu te demandes où tu es tombé
Dans la ville ce matin
Si tu te demandes si ça va s'arranger
Souviens-toi, oh souviens-toi
D'où tu viens

Puis en revenant chez toi au soir tombant
Si tu te demandes où tu es
Puis en revenant chez toi au soir tombant
Si tu te demandes qui tu es
Souviens-toi, oh souviens-toi
Combien en-as tu sifflé donc pis tant qu'ça, tu crois ?

Si tu ne sais pas où tu vas
Souviens-toi, oh souviens-toi
Souviens-toi, oh souviens-toi
d'où tu viens
Si tu ne sais pas où tu vas
Souviens-toi, oh souviens-toi
Souviens-toi, oh souviens-toi
d'où tu viens.

19.
Au train où ça va, la pop music de l'avenir, ce sera plus que de l'ersatz, du produit d'ingénierie sonore, plus rien de populaire donc.

20.
A mon avis, question popularité mondiale, pour ce bon vieux blues, les carottes sont cuites ; le diable a plus qu'à mettre sa gratte au clou.

21.
Mais non m'clama la Zut à six cordes pis commença à m'susurrer dans la caboche de sa voix de gitane sans filtre « I woke up this morning ».

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 6 septembre 2015.

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 12:32

CLAIR ET QUI POURTANT PEU A PEU D'OMBRE SE BROUILLE

 

1.

« Mais vivante vraiment, moderne comme elle est :

La dame du miroir est si miraculeuse ! »

(Apollinaire, « La force du miroir »)

 

2.

Vivante, statue bouh ça fait peur vraiment peur quand elle bonkeubongue dans les escaliers.

 

3.

Moderne ô onomatopées slogans néons hiatus et rébus la ville qui nous tentacule rythmique pieuvre.

 

4.

Comme elle est, je l'aime, comme on aime une légende.

 

5.

La dame, en noir du roman ou blanche du carrefour, la dame domino des fantastiques pour laquelle on s'fascine.

 

6.

La voix du diable, au fond des chansons, l'entendez-vous, l'ironique, qui gratouille sur une guitare un vieux blues ?

 

7.

La dame du miroir, elle en sort comme elle veut

Miraculeuse ah ça… mais voleuse, à n'y pas croire !

 

8.

« O ma Lou tes grands yeux étaient mes seuls copains »

(Apollinaire, « Poèmes à Lou », XXXII)

 

9.

O je me sOuviens d'un pOème avec des O

partOut façOn O de fumée sOrtant des bOuches

rOndes O mais de qui est-il déjà ce bO pOème ?

 

10.

« Ma Lou » : pas eu d'amie Lou, ni même vraiment d'amie Louve, bref pas de quoi hurler avec eux.

 

11.

Mes brefs, j'aimerais parfois qu'ils aient l'air d'être tombés de chansons déchirées par un parolier oublié.

 

12.

Tes grands yeux, comme ils me hantent, Zut, tes grands yeux devant ce monde qui se nourrit de cimetières.

 

13.

Des fois, faudrait que mon bref frappe façon coup de poing. Franchement, y a des moments, ça me soulagerait.

 

14.

Mes seuls copains, c'est-à-dire, son ombre, son squelette et son nom.

 

15.

« J'aurais écrit des vers pleins de mythologie

Sur vos seins la vie champêtre et les dames

Des alentours »

(Apollinaire, « Dans le jardin d'Anna »)

 

16.

Ah j'en aurais écrit des romans des chansons des comédies et des essais si j'avais été moins si j'avais été plus si j'avais été autre.

 

17.

Des vers, j'en écris qu'des fois quand ça me prend

Tout prétentieux et que je fais le paon.

 

18.

Mythologie, en sont pleins les gens, pleins de dieux qu'ils ignorent les passants, pleins de « drames très-antiques », avec trait d'union à la Rimbaud.

 

19.

Sur vos seins, je n'ose écrire. Cela ne se fait pas ; cela ne se fait plus : voici venu le temps des hypocrites.

 

20.

La vie champêtre, trombone aux champs, et pourquoi trombone ? Et pourquoi pas clairon du jour et sonnerie aux vifs ?

 

21.

Les dames qui passent dans les romans n'existent pas. Ces femmes sont des fables, même que parfois elles n'ont pas de morale.

 

22.

J'aime bien le mot « alentours » (il fait cercle) et puis itou qu'je l'écoute lors je pense aux dames à tous leurs atours et qui rêvent dans les tours des chansons de partout à Tours en Touraine.

 

23.

Alors, comme un cornichon, moi je fais le tour du pâté de maisons en chantant :

« Des tours de partout à Tours en Touraine

M'amour mon amour bouchée à la Reine ».

 

24.

« Le fauteuil qui d'ombre se brouille

Avait des formes de grenouille »

(Apollinaire)

 

25.

Le fauteuil : hanté, - ne serait-ce que d'un chat.

 

26.

D'ombre, ce dont nous, qu'nous composons avec

Qu'ça finit par venir nous bouffer le bec.

 

27.

« d'ombre se brouille » : que tout peu à peu s'dérobe, se floue, se gomme, se fripe, se chipe.

 

28.

Formes : dansent sur le fond, squelettes de pirates attachés à des pierres.

 

29.

Grenouille : spectre de la que Zut, en bonne iconoclaste, cherche dans toute peinture.

 

30.

Zut, d'accord, c'est qu'une grenouille, Zut, mais lorsqu'elle explose, la Zut, a fait un effet bœuf.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 6 septembre 2015.

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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 23:44

ANIMAL FEROCE NE LAISSE PAS UN OS

1.
« Je te croyais un cheval savant et tu n'es que de bois. Une bonne bête quand même à qui je pardonne de m'avoir culbuté. »
(Ghelderode, « La Balade du Grand Macabre » [Goulave])

2.
« Je te croyais » : qu'le réel il en tombe des masques, laissant les lèvres ululer leur atroce théâtre.

3.
« cheval savant » : ô érudit dada, ô polyglotte coursier, ô calculateur épique, berlue toquante, vu qu't'es de bois.

4.
Mon cher cheval, ô physionomiste polyglotte paturon, peux-tu me dire le nom de ces ombres, de ces zoziaux des branches, de ces assassins au milieu des feuilles ?

5.
Bête : Hi han des fois le réel hi han puis qu'il se bute refuse de nous avancer puis qu'il nous les broute ah mon dieu qu'c'est bête le réel.

6.
Pardonne : Amen et puis tant pis.

7.
Culbuté : c'est qu'ça s'culbute dans le hi han un culbuto d'bourricots terrible qu'on en pousse des o des a des au secours.

8.
« Si vous ne signez pas, vous serez déchiré par un animal féroce que nous élevons en grand secret. »
(Ghelderode, « La Balade du Grand Macabre » [Aspiquet])

9.
Tête dure, là-d'dans un cheval d'orgueil vous demeure, et vous ne signez pas et puis quand même
Vous serez, cause qu'on finit par être ce que nous ne voulions peut-être

10.
Déchiré : l'âme en petits morceaux de papier chutant chutant chutant Quel était le message ?

11.
« Animal féroce ne laisse pas un os » dit Zut, rappelant la devise du Sphinx, et finissant d'engloutir quelque coin-coin magnifique.

12.
En grand secret çui-là qu'avec ses osses
On emporte d'l'aut' côté où pourtant y a plus
Rien qu'des os puis sans mystère sans secret.

13.
Serez seras seront qu'on l'conjugue sur tous les tons c'te verbe être et qu'on décline qu'on décline qu'on décline

14.
Je t'en ficherai moi des tableaux de stratégie dit sabre au clair Zut et enfourchant son cheval savant.

15.
« Bé… une faulz ? Bé… une trompe ? Bé… des cloches ? »
(Ghelderode, « La Balade du Grand Macabre » [Porprenaz])

16.
« faulz » : qu'on vit sous le signe d'icelle… la tête à peine… plein d'ombres déjà.

17.
Trompe, ô barrissements électriques au fond de la chanson, une ville des gens du vent et le temps qui efface le tout.

18.
Cette impression que tu as soudain alors que le soir tombe que cette rue t'est étrangère et parfaitement étrangers les gens.

19.
Cloche : gosier glotte bing bang bong qu'on s'trimbale dedans la caboche.

20.
Quelque liqueur verte ô gosier
Comme un qui bat la glotte
Bing bang bong
Quoi qu'on fait ?
- On s'boissonne...
Pis on s'la trimbale la caboche
Et not' cloche dedans.

21.
« Ou bien nous demeurons encore trop vivants pour être morts, ou bien nous sommes trop morts pour être encore en vie. »
(Ghelderode, « La Balade du Grand Macabre » [Videbolle])

22.
« trop vivants » : oui oui encore encore oui oui encore encore oui oui encore encore et puis
nous v'là morts c'est comme ça
on vit on vit et puis on est mort.

23.
« trop morts » s'hallucine Zut, nous voit tous en spectres, en fantômés, et que « tout traversés d'réel zêtes » qu'elle dit Zut.

24.
Un rat est entré dans l'piano. Depuis, y a du grignotis dans les notes, et de la trottinette dans les nocturnes.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 5 septembre 2015.

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 11:44

GLOSES J'Y SERRE MES ZUT

1.
« - Tiens, passant, regarde : tout passe... »
(Tristan Corbière, « La rapsode foraine »)

2.
Tiens : voilà du boudin, ce qui n'est pas gentil
Passant : dans l'tout passe et l'tout venant des mille bras qui s'agitent partout façon pieuvre à fragmentation

3.
Regarde, nous croyons faire un signe à quelqu'un et nous déclenchons l'invisible.

4.
« Et tombé là parmi les antiques hiboux »
(…)
« Pour les gens du pays, il ne les voyait pas »
(Tristan Corbière, « Le poète contumace »)

4.
Attrapé la tête de hibou, tombé vieux fou dans l'antique, comme dans un trou du temps, ignorant les gens qui ne vous parlent pas non plus.

5.
L'humain, cette infinie variation sur le thème de comment accommoder ma petite conscience à ce monde trop grand pour qu'elle le mange.

6.
« les pulsions de toujours et l'élémentarité »
(Lucien Dällenbach, « Claude Simon »)

Quelque chose de sexuel là-d'dans, non ? Ou de cosmique...

7.
Pulsions : coin-coin glouglou canard au sang
toujours : et encore vous n'avez pas tout
et l'élémentarité mon cher Watson qu'en avez-vous fait

8.
« Comme un chien dépendu qui se rue à la messe. »
(Tristan Corbière, « Le bossu Bitor »)

9.
Comme : boîte de Pandore
Chien : ouah ouah toutou Au pied !
Dépendu : ah l'andouille heureusement que
Se rue : rime avec dépendu ouf alors

10.
Des fois, les pianos racontent des histoires qu'on y pige que couic, voire que couac. Des fois, les pianos, ils aiment bien craque-conter.

11.
«retrouver la passivité des plantes, se répandre dans le cosmos »
(Lucien Dällenbach, « Claude Simon »)

12.
Retrouver : ah je vous croyais perdu
Plantes : belles, fatales, passantes immobiles de gares hantées ah tiens j'ai retrouvé mon album Delvaux.

13.
Schéma : passivité du cocotier avant qu'on l'agite, cris des habitants du cocotier, bombardement de noix de coco, crâne fendu.

14.
Se répandre : vous voilà bien liquide, ma chère Zut !
Cosmos : c'est que j'ai des vocations expansives mon cher Scherzo.

15.
Cette nuit, la lune avait l'air d'un ballon flottant sur le fil tendu par un magicien tout en nuances de nuées.

16.
« même dans les phrases fleuves dont la logique accumulative et le mouvement de piston (et… et… et...) »
(Lucien Dällenbach, « Claude Simon »)

17.
Même : tarte à la crème, couverture d'un San-Antonio
Logique : Wittgenstein, d'ailleurs, j'y ai rien compris.

18.
Accumulative : des yeux des yeux des yeux
Mouvement : et ils vous zieutent tous ces yeux tous ces yeux tous ces yeux…

19.
Piston : ça huile ou ça grince ça dépend
et… et… et… : ensemble ouvert de la grande diachronie universelle, ô foudre infinie dans les yeux de Miss Foudre.

20.
Phrases : batailles au bord du fleuve
Fleuves : Cavaliers chu d'dans jusque là j'fus, man, chu d'dans pis bien cor.

22.
Dans la drolatique et narrative chanson de Charlebois, j'avais pas remarqué  le jeu de mots entre « Fu Man Chu » et « Chu d'dans ».

21.
Mon capitaine, les cavaliers sont tombés dans la phrase, sur la route des Flandres, oui, elle était trop longue d'une vingtaine de pages.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 30 août 2015.

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 23:41

EH JE VOUS L'AVAIS BIEN DIT QUE JE JOUAIS FAUX !

 

1.

Lune
Plus une thune

Zigouigoui s'avance dans le brouillard

Il se dit qu'il doit se faire tard.

 

2.

Dans le train je contemple la lune qui

Passe j'écris des quatrains j'ai plus une thune Si

Le train était un bateau s'avançant dans le brouillard

Est-ce que j'y peindrai des tableaux non j'ai trop d'cafard.

 

3.

L'anglais bone c'est l'français os

Ça m'rêve une petite bonne toute en os

Et comme pretty veut dire joli(e)

Autant qu'ma p'tite bonne j'me l'imagine jolie

 

4.

Lune

Plus une thune

Pis qu'est-ce que je fais dans cette gare ?

Tous mes trains sont partis de nouveau j'suis en r'tard.

 

5.

Matin

Pain beurre

Eun' goutte éd'jus et d'la confiture

Avant d'aller au réel et son tout allure.

 

6.

Avec les mots on peut n'en faire !

On peut jouer d'l'hipopotam-tam

Ou d'la flûte de paon qui miaule Léon Léon Léon…

 

7.

Certes Bach est mort mais pas le blues

Et on l'écoute encore moi j'ai pas d'flouze

Certes je suis vivant et debout sous la lune

Mais qui m'écoute ? - L'néant ! Et puis plus une thune.

 

8.

Si je suis ici c'est que je n'y suis plus

Où ? Eh bien dans l'été... ô Cafard

Et en toute saison, sans un liard…

 

9.

J'écoute Radio-Fantôme Bouh !

Et les voix des morts… quand même, j'ai plus un sou.

 

10.

Dans les églises y a des pauvres

Dans les églises y a des riches

Et Dieu qui n'existe pas les regarde tous

De son œil continu et invisible.

 

11.

Dans les églises y a des gens

Et pas tant qu'ça et il y a Zut

Elle se dit L’œil de Dieu L’œil de Dieu

Nom d'un œil ! C'est-y pas qu'il serait borgne !

 

12.

« Le temps était si beau, la mer était si belle…

Qu'on dirait qu'y en avait pas. »

(Tristan Corbière, « Le novice en partance et sentimental »)

 

13.

J'aime le gringuedling d'la mandoline j'aime le café

Et ses reflets dorés dans la tasse

J'aime la palpitation des narines et le pain grillé

Mais faut que j'coupe la radio et que j'me casse.

 

14.

Ah je la sentais me venir la casse, la pourquoi donc, la je me demande si tu ferais pas mieux de me répondre avant que j'te tourne dans la tête, que j'te tourne dans la tête, que j'te tourne dans la tête.

 

15.

Si ça se trouve, on vit des milliers de fois le même jour, mais sous un angle différent, avec des êtres différents, et des langues inconnues.

 

16.

Et à la tête de mes alphabets, j'irai sur mon cheval invisible conquérir des contrées qui n'existent jamais.

 

17.

Si ça se trouve, nous sommes des poules et des coqs hypnotisés par un magicien qui depuis belle lurette a filé avec la trapéziste.

 

18.

La preuve que j'ai un château en Espagne, c'est qu'il y a un fantôme dedans, si, même qu'il parle espagnol, alors hein, vous n'allez tout de même pas me dire que vous êtes de ces rationalistes qui ne croient pas aux fantômes ?

 

19.

J'ai beau les appeler « petites petites petites », les idées ne viennent pas... Zut alors, elles doivent couver ailleurs.

 

20.

Nocturne... oh ! des étoiles !

- Un piano - bien sûr, puisqu'il fait noir

Taciturne et puis Zut qui ratatame sur sa poêle !

Eh ! je vous l'avais bien dit que je jouais faux.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 29 août 2015.

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 16:54

MA CONVICTION EST FAITE ET MA PATE A CRÊPES AUSSI

 

1.

Ma conviction est faite : Iggy Pop est un complot d'Iggy Pop. Complot, je vous dis, complot et rock n' roll, c'est ça la vie moderne.

 

2.

Ma conviction est faite : si mon oncle en avait, on ne l'appellerait pas ma tante.

 

3.

Je me sens plein de férocités, c'est-y pas qu'le spectre à Diogène me visiterait l'atelier à morsures ?

 

4.

Ma conviction est faite : big bang, big stretch, big crunch, physique quantique et c'toucitouça cosmique, c't'un complot des étoiles.

 

5.

Jimi Hendrix, quand il chatouillait sa guitare, elle hennissait, si si j'suis sûr.

 

6.

Les politiques, des nains qui jouent aux billes, mais qui n'oublient pas de s'en mettre un max de côté, les malins clowns.

 

7.

Qu'on vieillit qu'on prend l'habitude de naviguer à vue entre « ce qui vit encore et ce qui ne vit presque plus » commidit Nietzsche.

 

8.

L'ego s'aventure, Ulysse qui tente de nous survivre et qui jamais ne rejoint Ithaque.

 

9.

Le cancre, en niant son existence, l'école se prive de son bouffon, de cette voix d'allègre et lucide fausset qui la rappelle à l'humilité de sa raison.

 

10.

La politique part d'un œil lucide (et encore, pas toujours) pour arriver à commidit Nietzsche « un œil qui grossit et arrondit ».

 

11.

Qu'on sphère, nous, pommes, qu'on opinionne et tendance, qu'on kante, qu'on marxe, qu'on religieuse, qu'importe pourvu qu'ça roule.

 

12.

Zut a fait rien qu'à férocer, c'est une féroceuse et pis c'est tout.

 

13.

C'est un jeu : les gens fabulent des tas d'mythes dans tous les coins que des experts en tout genre décryptent. Nous habitons une sphingerie.

 

14.

Dieu est mort, et l'humain le suit.

 

15.

L'humain, il est quand même assez fidèle au bestial, et il trouve d'ailleurs des tas de raisons tout ce qu'il y a d'humaines pour.

 

16.

On n'invite pas le Diable pour lui demander s'il lit des contes de fée. C'est vexant, et dangereux.

 

17.

Commerce mondial, marchands pirates requins, d'où jambes et langues de bois ; d'en bas, savez, on n'y croit guère à vot' moralité, ô élites.

 

18.

L'humain c't'en proie à l'impatience folle de galoper à la réalisation hennissante de ses désirs et d'ses patatras.

 

19.

Le doigt de l'électeur est dans l’œil du politique Je répète Le doigt de l'électeur est dans l’œil du politique.

 

20.

Politiques, nous faisons semblant de croire en votre sincérité ; vous faites semblant de croire en notre bonne volonté : quel monde parfait !

 

21.

C'est avec conviction, Monsieur, que je vous prends pour un con, et je vous demande de respecter mes convictions.

 

22.

« La vérité était là, quelque part. »

(Simenon, « Le Fou de Bergerac »)

 

La vérité est toujours là, quelque part, et souvent, elle y reste.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 29 août 2015.

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 13:50

PROUT FIT LA CREMIERE

 

1.

Economie qu'on s'machine, dans l'intérêt de - y a toujours marrons tirés du feu, même si on mouise galère.

 

2.

Nourricière, la louve, y lippent les politiques et toutes ces sortes de choses, c'est l'intérêt général ; ça s'cause.

 

3.

Une louve prise pour vache, voire truie, miam ! C'est l'intérêt général je vous dis, qu'on en cause partout, pour animer le mariole.

 

4.

Ça fugitive ça fictionne des p'tits bouts de temps qu'on passe; ressasser dit le flux.

 

5.

Une collection de rêves, le temps ? des grimaces autour de la table, oui, des déjections partout bouh la basse-cour poules coqs couics.

 

6.

La perle a l'est trop profonde, nous, poumons tricards chez l'extraordinaire, et foin du rare à risques et périls.

 

7.

Qu'on remercie toujours courbettes et politesses bien éduqués nos groins trop heureux d'la grâce que vous nous faites.

 

8.

Faut-i lui demander l'impossible à ce prétentieux des écoles qui prétend savoir mieux que nous quoi qu'on veut ?

 

9.

Faut l'avouer franchement, m'en fiche royalement, dit Scherzo à ses sujets, lesquels ne lui obéissaient absolument pas.

 

10.

Tête-à-tête quoi ma gueule ? Miroir menteur l'autre.

 

11.

Zut sûr l'a pas chu dans l'trap, a bien vu qu'c'était toile à venin, velues huit pattes, morsures, et point du tout un palais à merveilles.

 

12.

Qu'on cherche à l'impressionner le réel, zieute voir si j'suis juste dur pur sec droit à moustaches et prunelle à vos rangs fixe.

 

13.

Qu'on aurait les yeux géants qu'on sauterait les pages fantastiquement qu'on zapperait fantasque idem toutes vos faces.

 

14.

Qu'on s'prolongerait l'été ad libitum qu'on s'soleillerait des lunes et des lunes bah et la fine pluie alors j'en veux moi puis du vent grinçant.

 

15.

Ecoutez la chanson bien douce qu'elle aigre Zut des tartines partout pouvez vous en faire des bocaux j'vous les laisse ô mielleux !

 

16.

Je me demande si le pianiste si inspiré à son Chopin roudoudou, des fois, il a pas envie de lâcher une caisse.

 

17.

J'aime pas le classique, mais ça, j'aime pas.

 

18.

Ah ouiche, cet impénétrable de l'autre, ce mystère, qui ne nous intéresse que parce qu'on nous le dit.

 

19.

Le care, le care ! zallez voir comment j'vais m'occuper d'vous, qu'elle fit Zut, une drôle de lueur en forme de bombe à mèche dans les yeux.

 

20.

Je t'en ficherai moi « des actions de sensibilisation » qu'elle fit Zut en préparant ses gants de boxe.

 

Patrice Houzeau

Hondeghem, le 29 août 2015.

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