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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 11:38

FRONDES

Les nains sur les épaules.
Vous la connaissez cette image de nous autres « nains sur les épaules des géants ». Ce matin encore, je l’ai entendue sur France Culture, attribuée à Newton. Je me souviens d’un cours où quelque philologue désagréable l’attribua au Grand Totor (Victor Hugo). Je ne peux l’entendre, cette image, sans me représenter des nains hirsutes et railleurs, hissés sur les épaules de géants pour mieux voir les cibles de leurs frondes.

Je mourrirai n'est pas français. 
Il me semble parfois que je porte toujours les bottes que mon nom suppose aux jambes de mes ancêtres. Je parle d’une vieille voix. Et, bien sûr, je mourrirai n’est pas français, puisque la mort n’est que le territoire des morts lesquels n’ont plus ni patrie, ni famille, ni rien d’autre que la mort. On meurt toujours de quelque chose, et jamais pour autre chose que la mort. Pour moi, je mourrai asphyxié, affamé, assoiffé par mon orgueil, en ouvrant la bouche comme une carpe, mimant des « a » absolument vains.

Bien sûr, mais. 
Bien sûr, je puis me dire Qui suis-je sinon de la tripaille traversée de vents, travaillée de gaz, farcissant une carcasse enrobée d’une chair destinée à vieillir ? Bien sûr, mais il y a l’art… l’art qui consiste à divertir l’autre de l’horrible nécessité de la mort.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 décembre 2009

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 09:52

DE CES REGARDS

Il y a de ces regards dans le réel, de ces regards qui vous regardent comme si, soudain, vous n’étiez pas vous.
Cf Agatha Christie, La plume empoisonnée, traduction : Michel Le Houbie, Club des Masques, p.133 : « Et elle vous regarde drôlement, comme si vous étiez quelqu’un d’autre ! »

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 décembre 2009

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 09:42

SON NUMERO ORDINAIRE

«Quand je revins dans la salle à manger avec la bouteille de xérès que j’étais allé chercher, je trouvai Joanna en train de faire ce que j’appellerai son « numéro » ordinaire. » (Agatha Christie, The Moving Finger, La plume empoisonnée, traduit par Michel Le Houbie, Club des Masques, p.125) : c’est le genre de détail qui fait l’atmosphère des romans d’Agatha Christie, la petite touche d’exotisme consumériste dans une Angleterre si conforme à elle-même, si romanesquement conforme à l’excentricité de ses littératures, si conforme à la toile de ses énigmes, et, dans la même page du même roman, il y a aussi le « numéro de Joanna » qui, chatte à l’affût de l’homme, « ronronnait », et puis, picorer dans les pages, c’est trouver ce genre d’énigme poétique :
« Je regardais par la fenêtre. J’imaginais quelqu’un, glissant une enveloppe dans la fente de la boîte aux lettres. Une femme. Elle n’avait pas de visage. Et pourtant, je devais la connaître… » (La plume empoisonnée, p.151).
Ah je ne m’en lasse pas de ce genre… Agatha Christie, c’est tout de même bien épatant.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 24 décembre 2009

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 13:36

TAISEUSE

La Lune est une taiseuse. Elle ne crisse pas comme le soleil. En tout cas, pas de la même manière.
La Lune est un être qui se dit, comme l’a parfaitement observé ce prince des lunatiques que fut Baudelaire :
« La Lune, qui est le caprice même, regarda par la fenêtre, pendant que tu dormais dans ton berceau, et se dit : « Cette enfant me plaît. » (Baudelaire, Les Bienfaits de la Lune, Le Spleen de Paris, pièce XXXVII).

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 décembre 2009

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 12:59

MEHR LICHT

Les philosophes parfois, on dirait des plombiers. Ils vous rafistolent la tuyauterie à neurones avec des bouts de Kant, des ficelles de Sartre, des embouts Hegel, des joints Nietzsche. Des plombiers ou des électriciens. D’où leur goût pour les systèmes où l’argument joue le rôle d’un interrupteur. C’est peut-être là le sens du célèbre dernier mot prêté à Goethe : « Mehr Licht ! » (Plus de lumière !).

Cf aussi évidemment l'expression "être en prise avec le réel"...

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 décembre 2009

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 12:56

DECEMBRE 2009

La neige coud les champs au ciel.
La neige colle les champs au ciel
Comme le chien à la chienne.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 21 décembre 2009

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 19:01

SOUP DRAGONS

Il y eut, il y a quelques années, un groupe de pop music qui s’appelait The soup dragons (me semble-t-il car après tout, je m’en fous comme de l’avenir d’Eric Besson, l'homme à la rime intéressante).
Ce qui donne à rêver : que peut-on y mettre en guise de croûtons, dans de la soupe aux dragons (que si ça se trouve, c’est même pas ça que ça veut dire, ou que c’est même pas du vrai anglais, mais comme je viens de vous le signifier, je m’en bats les flancs en chantant) ? Hein, que peut-on y mettre ? Des anges flambés ? Des angelots frits ?

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 décembre 2009

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 17:55

PAS GRAND CHOSE

Quelque philosophe, il y a peu, posa la question de savoir de quoi Sarkozy est le nom. Bof... de pas grand-chose, je le crains…

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 décembre 2009

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 17:17

TRANSCENDANCE

L’orchestre est l’instrument de la transcendance des sons : les flûtes ne sont plus les flûtes (1) mais les effets de givre dans les premières mesures de The Tempest de Tchaïkovski.

(1)
  
Et si ce ne sont point des flûtes, eh bien, zut alors !

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 décembre 2009

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 15:16

EUROSTAR

Z’avez entendu comme moi, en ce dimanche 20 décembre 2009 que plusieurs trains Eurostar sont tombés quasi simultanément en panne dans le tunnel sous la Manche avec leur chargement de pendulaires France-Angleterre (ce qui en soi est singulier).
Apparemment, les « eurostar », c’est pas très étanche comme train. Trois quatre flocons et voilà la merveille qui part en couille. Mais, dites-moi, c’est ce que ça coûte très cher, ces machins là que c’est tout moderne et fleuron de la technologie à nous autres paraît-il. Ah oui… très cher… C’est-y pas qu’on se moquerait quelque peu du petit porteur d’actions, et même du gros, en l’occurrence ?

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 décembre 2009

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Published by PATRICE HOUZEAU - dans ACTUALITES
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